Le spleen de Pierrot

Publié le Mis à jour le

deburau

La Chronique médicale rappelait une anecdote qu’elle emprunte à Arsène Houssaye, et qui démontre qu’il n’est pas indispensable d’être gai pour divertir les hommes. Voyez plutôt. 

Un soir de 1840, un homme tout de noir habillé, se présente gravement chez le docteur Ricord. Le grand médecin fut frappé de cette physionomie lumineuse, quoique recouverte d’un voile de mélancolie : le front pensait, l’oeil parlait, la lèvre exprimait toutes les malices d’un sceptique.

 Vous êtes malade, monsieur ? demanda Ricord.
Oui, docteur, malade d’une maladie mortelle.
Quelle maladie ?
— La tristesse, l’ennui, le spleen, l’horreur de moi-même et des autres.

— J’ai vu cela, murmura Ricord en souriant, mais cela n’est pas une maladie mortelle, on revient de plus loin.
— Que faut-il que je fasse ? 

Ricord regarda le malade imaginaire, qui lui rappela Molière. 

 Que faut-il que je fasse ? dit encore le malade. 

Ricord qui avait vu Deburau la veille, lui répondit : 

 Allez voir Jean-Gaspard Deburau !
— Je suis Jean-Gaspard Deburau, docteur. 

« La Semaine littéraire. » Genève, 1927.

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Une réflexion au sujet de « Le spleen de Pierrot »

    roijoyeux a dit:
    août 12, 2017 à 12:54

    comme Buster Keaton, l’homme qui ne riait jamais, grand acteur du cinéma américain

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