Réflexions

Publié le Mis à jour le

Guillaume- Dupuytren

On m’a raconté une histoire de chien qui est vraiment surprenante. Est-ce l’effet de la civilisation, qui se ferait sentir sur l’intelligence des animaux ? mais l’esprit des bêtes se développe tellement que l’humanité fera bien de vieillir, si elle veut garder sa suprématie. L’homme ne règne sur la planète que grâce à son cerveau. Si les caniches nous égalent, que deviendrons-nous ? 

Or donc, il s’agit d’un chien qui avait eu la patte écrasée par une roue de voiture et qui, de lui-même, se transporta à la clinique de Whitechapel Road et se plaça bien tranquillement dans l’antichambre, attendant le docteur. Quand ce dernier parut, l’éminent quadrupède attira son attention par ses cris plaintifs, en montrant le membre blessé. 

Le chirurgien, qui s’appelle M. Slade, comprit de suite et, touché de tant d’intelligence, flatté même par cette marque de confiance canine, traita ce client improvisé comme un de ses malades. Après l’avoir endormi au chloroforme, il fit la réduction de l’os cassé et mit ensuite la patte dans du plâtre. Le chien guérit et, plein de reconnaissance, ne voulut plus quitter l’hôpital, dont il est la gloire. Cet animal remarquable s’appelle Rower. Il convient d’écrire son nom pour la postérité. 

D’ailleurs, les chiens français ne le cèdent pas à leurs collègues du nord de la Manche, et nous avons eu chez nous une anecdote plus admirable encore. 

Un soir, en rentrant chez lui, le célèbre chirurgien Guillaume Dupuytren  trouva devant sa porte un pauvre chien blessé, qui geignait. Pris de pitié, quoique le patient fut un affreux roquet, Dupuytren  prit la pauvre bête, la soigna et la guérit. . Il n’y pensait plus, car le chien s’était sauvé un beau jour, lorsqu’il l’aperçut soudain, au même endroit où il l’avait recueilli une première fois, paraissant l’attendre. 

Quelle ne fut pas la surprise de Dupuytren, en voyant que son ancien malade était accompagné d’un autre chien qui avait été à moitié écrasé. Le roquet, qui avait de la mémoire, sinon de la reconnaissance, avait amené un ami chez le docteur. 

A. Brandier. « Les Spectacles d’Alger. » Alger, 1937.

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2 réflexions au sujet de « Réflexions »

    anne35blog a dit:
    août 29, 2017 à 8:24

    Je n’ai jamais émis aucun doute sur l’intelligence supérieure des chiens….

    Aimé par 1 personne

    karouge a dit:
    août 29, 2017 à 9:05

    Les hommes ont de quoi se méfier : en 1952, Clifford D. Simak publiait « demain les chiens », dont je conseille vivement la lecture (on doit encore pouvoir trouver ce livre).
    En 2017, un humain (?) tweete, aboie et montre ses dents: il paraît que c’est le président du pays qui se veut première puissance mondiale. En cela « demain les chiens » reste d’une actualité « mordante » !

    Aimé par 1 personne

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