Quelques excentricités de boxeurs

Publié le

sam-dillemans

Personne n’est parfait. Tout le monde a ses défauts et les boxeurs ne font pas exception à cette règle. Seulement les manies, les excentricités et les fantaisies des pugilistes se remarquent d’autant plus qu’ils se mettent en vedette par leur valeur athlétique.

Dans cet ordre d’idées, un des types les plus extraordinaires fut certainement  Battling Siki dont on n’a pas oublié la mort tragique en Amérique. Le vainqueur de Georges Carpentier avait la mentalité d’un gosse de dix ans. Il se plaisait à enlever les chapeaux, d’un rapide coup de pied, ce qui lui valut pas mal d’altercations. Il désespérait également ses managers par sa façon habile de disparaître quelques heures avant le combat. Jadis, le fameux Young Griffo se signala lui aussi par des fugues aussi imprévues qu’inquiétantes.

Un jour, il devait rencontrer à New York le célèbre Joe Gans, alors à l’apogée de sa forme. Le matin de la rencontre, son manager constate avec stupeur que Young Griffo n’était pas dans sa chambre. Son lit intact attestait qu’il ne s’était pas couché. On partit à sa recherche. Et, vers les sept heures du soir, on le découvrit fortement éméché dans un saloon du quartier est. Ses soigneurs le traînèrent presque de force jusqu’aux bains. On le massa violemment, on le transporta jusqu’à la salle où devait se dérouler le match et on le jeta presque sur le ring.

D’abord ahuri, Griffo reprit bientôt son assurance, se précipita comme un ouragan sur son adversaire et lui administra une formidable correction. Mais, graduellement la classe chez Joe Gans et la fatigue chez Griffo intervinrent, et le dernier nommé fut battu.

Kid Mc Coy, qui n’est pas un inconnu pour les Parisiens, possédait le génie du trucage. Un soir, à Boston, contre un adversaire peu connu, il se présenta sur le ring dans un état lamentable : le visage blanc comme un linge, les yeux éteints, les traits tirés. Il avait eu soin de faire courir le bruit qu’il était très malade et qu’il mettait seulement les gants pour ne pas paraître se dérober. Au premier coup de poing de son concurrent, il s’affala contre les cordes, fini, semble-t-il. L’autre boxeur leva les mains pour donner à comprendre au public qu’il lui répugnait de frapper un homme aussi mal en point. Mais, à ce moment, il recevait de Kid Mc Coy un crochet qui l’endormit pour le compte ! Le Kid avait joué une adroite comédie.

Le grand maître de l’art pugilistique, John L. Sullivan, avait l’habitude de se promener majestueusement, gibus gris en tête, par les rues de Boston, où il prêchait… la tempérance. Mais une manie bien curieuse fut celle du champion Bob Fitzsimmons. Il rentrait chez lui, allait à la cuisine, prenait deux ou trois oeufs et, délicatement, les laissait choir sur le carreau. Et comme Mme Fitzsimmons était d’une propreté impeccable, ces petites plaisanteries provoquaient à chaque fois de retentissantes scènes de famille. Bob y gagna d’être mis knot out, un jour, par un légumier que la main de son épouse propulsa trop vigoureusement.

Mais on n’est pas pour rien la femme d’un champion, n’est-ce pas ?

« Almanach des sports. » Paris, 1927.
Illustration :  Sam Dillemans.

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2 réflexions au sujet de « Quelques excentricités de boxeurs »

    marie a dit:
    septembre 1, 2017 à 3:44

    Ce n’est pas un sport qui me fait envie, j’aime pas la violence même pour du sport, bon après-midi MTH

    Aimé par 2 people

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