La source de Bagnoles

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bagnoles-de-l-orneLa légende populaire attribue la découverte des propriétés de la source thermale de Bagnoles à un fait qui tient du merveilleux :

Vers le milieu du XVIe siècle, un cheval poussif, vieux courrier, victime des détestables chemins d’alors, fut abandonné hors d’haleine et mourant sur la route de Mayenne par son maître, qui allait à la foire de Guibray. Ce pauvre animal, inspiré par un reste d’instinct conservateur, se traîna vers la fontaine de Bagnoles, s’y baigna, s’y désaltéra chaque jour. A la saison suivante, son maître, qui repassait, le retrouva frais, le poil lisse et la respiration facile. Il le reprit.

Suivant une autre vieille histoire, le cheval seul n’aurait pas fait découvrir l’efficacité des eaux :

Il y a près de deux siècles, dit une vieille chronique d’Alençon de 1740, que cette fontaine fut découverte par les habitants de ces quartiers, naturellement attaqués d’une gale affreuse, qui ressemble à la lèpre, et par un cheval poussif outré, hors d’état de servir et abandonné dans les forêts. Les peuples qui les premiers se baignèrent dans cette fontaine, accablés de ces gales affreuses, devinrent sains et propres comme s’ils venaient de sortir du ventre de leur mère, et le cheval poussif, après avoir bu quelque temps de l’eau de cette fontaine, se guérit si parfaitement, qu’il fit l’admiration de ceux qui l’avaient vu hors d’état de servir. 

La même chronique dit que les dames normandes s’y rendaient en grand nombre pour s’y guérir de la stérilité. Enfin, si l’on en croit une vieille légende encore chantée dans le pays, un père capucin, entièrement privé de l’usage de ses jambes, fut apporté à  Bagnoles pour s’y guérir, apercevant l’un des rochers qui se termine par deux pointes ou aiguilles, distantes d’environ quatre mètres :

Mon Dieu, fais que cette eau me rende,
Dit-il, l’élan que je n’ai plus,
Et par ce roc fourchu bizarre,
Je jure de franchir d’un bond
La distance qui le sépare,
Si de mes douleurs je me gare. 

On le prit, on le plongea dans les eaux claires du bassin, et en peu de temps le père capucin recouvra si bien force et santé…

Qu’il prit un jour sa course,
Et, malgré le poids de sa bourse,

sauta d’une aiguille à l’autre du roc. Puis dans ce lieu se fit ermite et vécut, jusqu’à cent ans passés.

De cet endroit, ô jeunes filles,
Il est défendu d’approcher;
Mais, à travers pins et charmilles,
On montre encore deux béquilles
Dans les fissures du rocher.

Depuis, se rocher s’appelle le roc du capucin.

A.-R. de Liesville. « Sources chaudes de Normandie. » Paris, 1858.

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3 réflexions au sujet de « La source de Bagnoles »

    francefougere a dit:
    septembre 29, 2017 à 7:44

    C’est une région très agréable. Des amis de mes parents y ont fait des cures et leur ont fait découvrir les bienfaits des eaux.
    Elles font aussi mincir et peuvent fatiguer.
    La forêt permet de belles promenades.

    Aimé par 1 personne

    roijoyeux a dit:
    septembre 29, 2017 à 9:44

    Je connaissais Lourdes mais c’est encore une autre histoire avec Sainte Bernadette et l’immaculée conception

    Aimé par 1 personne

    karouge a dit:
    septembre 30, 2017 à 11:09

    il existe le même type de légende à Dax (Landes), avec un chien et un légionnaire…
    http://www.dax.fr/fontaine-chaude

    Aimé par 1 personne

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