Tout simplement, mais de tout cœur…

Publié le Mis à jour le

jean-gabinJ’ai passé quelques instants en compagnie de cet excellent artiste et j’ai assisté, lundi dernier, à la présentation qu’il a faite, au public de l’Olympia, de son dernier film, « La Bandera ». Ces deux contacts avec la grande vedette du cinéma français m’ont causé un étonnement profond. Car il y a deux Jean Gabin : celui de l’écran et celui de la ville. 

Le Jean Gabin que nous sommes habitués à rencontrer dans nos salles obscures, est un magnifique gars, le cœur sur la main certes, mais qui ne mâche guère ses mots, ne recule devant aucun danger, ne craint rien ni personne et règle lui-même ses affaires de façon parfois violente. 

Le Jean Gabin de la ville ne lui ressemble en rien. C’est un garçon profondément sensible, qu’une simple misère couramment coudoyée dans la rue suffit à émouvoir, s’effarouchant (et sans aucun snobisme de cabotin, je vous l’assure) de la curiosité publique, naturellement timide et qui, même mis en confiance par la cordiale affection que lui portent ses amis, hésite toujours, tant il craint de contrarier son interlocuteur, à apporter dans la conversation une affirmation péremptoire ou une contradiction par  trop poussée. 

Je l’ai vu, l’autre soir, s’apitoyer sur un jeune yaouled qui, très légèrement blessé au pied, geignait dans l’encoignure d’une porte, rue d’Isly. Il glissa une grosse pièce dans la main du jeune galopin, lequel n’ayant probablement jamais tenu autant d’argent, s’enfuit à  toutes jambes, subitement guéri, sans même remercier son bienfaiteur qui le regardait filer d’un œil amusé, se contentant de dire

Ah ! le sacré môme ! 

Je crois que tout Gabin, le vrai Gabin est là. Et il s’est retrouvé tout entier aussi dans son petit laïus (il m’en voudrait d’écrire discours) aux spectateurs de l’Olympia, auxquels il dit :

Vous m’excuserez de ne pas parler un langage académique, mais le cœur ne sait pas faire de phrases. Quand on aime bien quelqu’un on lui dit simplement « je vous aime ». Moi je vous dit tout simplement, mais de tout cœur : merci ! 

De tout cœur ! Tout simplement ! 

Tel est ce bon et brave garçon. 

F. Berlin. « L‘Echo d’Alger. » Alger, 1935.

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2 réflexions au sujet de « Tout simplement, mais de tout cœur… »

    karouge a dit:
    octobre 15, 2017 à 5:35

    amusant :

    Aimé par 2 personnes

    anne35blog a dit:
    octobre 15, 2017 à 6:55

    un homme bien, et ils ne courent pas les rues….

    Aimé par 2 personnes

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