Courbet et la gloire des armes

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gustave-courbetLa revue régionale Franche-Comté et Monts Jura se fait l’historiographe de Gustave Courbet, son grand compatriote. Publiant une lettre inédite qu’en 1839 l’artiste écrivit à son père, elle révèle une anecdote infiniment plaisante de la vie du peintre d’Ornans. 

« Mon cher papa, je te dirai que j’ai passé au conseil de révision samedi matin, le 20. J’ai si bien joué mon rôle que ces messieurs n’ont rien pu décider. Si les certificats que tu m’avais envoyés avaient été plus appuyés, s’ils avaient été légalisés par le préfet, je crois que je serais réformé maintenant. Ils ont décidé que je passerais une seconde fois dans mon pays où l’on me connaissait mieux et à cet effet ils m’ont signifié de partir de suite. 

« Je ne sais vraiment pas comme j’ai pu bégayer de cette façon là, car je ne leur ai pas dit un seul mot comme il faut. Ils m’ont dit que j’exagérais, mais cela ne m’a pas empêché de continuer mon rôle. Il est bon de te dire, par exemple, que j’avais fait de fameux préparatifs pour cela. Je ne me suis d’abord pas couché, puis ensuite j’ai fait monter dans ma chambre une bouteille d’eau-de-vie de Coignac (sic) que j’ai bue en punch et j’ai fumé plus de vingt pipes. Ajoute à cela deux ou trois tasses de café. C’est avec ces décoctions-là que je me suis présenté devant eux, étant aussi de sang froid que je le suis à présent. »

« Le Bulletin de la vie artistique. » Paris, 1921.
Illustration : portrait de Gustave Courbet par Joseph Auguste Brunier.

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