Tapage nocturne

Publié le

anton-rubinsteinUn soir, quelques amis du grand pianiste Anton Rubinstein s’étaient réunis dans son salon de l’hôtel Bellevue, à Dresde, pour un souper d’adieux.

Après souper, il était déjà tard, une discussion s’éleva à propos d’un morceau de musique. Rubinstein se mit au piano et joua le morceau. Il s’absorba, comme toujours, dans son exécution et joua un deuxième, puis un troisième morceau du même compositeur en question. A ce moment, un garçon entra timidement. Il remit à Rubinstein un élégant billet rose, que le compositeur ouvrit et lut en riant.

Le billet, sans adresse, était ainsi conçu :

« Je vous prie de ne plus jouer du piano après minuit, et je vous prie au moins de ne pas jouer faux. »

On juge des éclats de rire qui suivirent la lecture de ces mots. Rubinstein prit immédiatement une de ses cartes de visite et écrivit :

« Pardon ! Je ne le ferai plus.
— Anton Rubinstein. »

Il envoya cette carte à sa voisine (car la lettre venait d’une dame qui ignorait le nom illustre de son voisin). Le lendemain matin, la dame partait par le premier train. Elle avait assurément moins de goût que la grosse araignée qui, au cours d’un concert donné par le même Rubinstein, vint, raconte-t-on, se poser sur le piano à queue dont il faisait vibrer les cordes, et ne se retira avec prudence qu’au moment où retentirent les applaudissements.

Peinture de Michail Michailowitsch Jarowoj.

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Une réflexion au sujet de « Tapage nocturne »

    L'Ornitho a dit:
    janvier 21, 2018 à 10:17

    Qui va piano va sano !

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