Visite officielle

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Jules Grévy

M. Fallières a assisté aux vernissages de la Société des artistes français et de la Société nationale. Mais il fut prudent dans ses paroles et mesuré dans ses propos. L’exemple d’un ancien président de la République a, depuis, rendu prudents les présidents qui inaugurent. 

C’était à la Société des artistes français, alors salon des Champs-Elysées. La peinture y  était ce qu’elle est aujourd’hui. Mais le président en exercice était M. Jules Grévy. Tout à coup, au milieu des personnages officiels qui l’accompagnaient et des peintres, grandes médailles et médailles d’honneur, le président s’arrête devant une toile et s’écrie,  bonhomme : 

Hein, en voilà une croûte. Pour une croûte, vous avouerez que c’est une croûte. 

Silence et froid. Le chef du cabinet présidentiel murmure quelques mots à l’oreille de M. Grévy. 

La toile était de l’un des peintres qui faisaient partie du cortège officiel.

Pour une gaffe, c’était une gaffe.  

Le président ne perdit pas la carte. Il fit quelques pas, s’avança vers le peintre et lui dit :

Vous savez, Monsieur, je suis très avare, très avare. J’ai l’intention d’acheter votre toile.  C’est une habitude, une mauvaise habitude de vieil amateur : je déprécie toujours avant d’acheter.

« Ma revue. » Paris, 1907.
Peinture : Léon Bonnat.

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Une réflexion au sujet de « Visite officielle »

    Libre jugement a dit:
    février 4, 2018 à 3:55

    Se rattraper aux branches ….

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