Mystifiés

Publié le Mis à jour le

robert-houdin-louis-comteLouis Comte était un très habile ventriloque, et, comme prestidigitateur, son étoile ne commença à pâlir que lorsque parut Robert-Houdin. Cependant les deux rivaux étaient restés amis, et voici, à ce sujet, une assez curieuse anecdote :

Ils s’étaient rendus ensemble, pour s’entendre au sujet d’une représentation, dans le cabinet du directeur de l’Opéra, qui était alors le docteur Véron. Comme ils redescendaient le grand escalier, Robert-Houdin entendit une voix éloignée, avec le timbre de celle du directeur, qui l’appelait d’une façon pressante. 

 Pourquoi diable Véron me rappelle-t-il ? dit l’escamoteur à son compagnon.
—  Remontez, et vous le saurez, répondit M. Comte.

Robert-Houdin remonte, ne voit personne, cherche dans les corridors, interroge les garçons de service, et, reconnaissant enfin qu’il a été dupe d’une mystification, se résigne à rejoindre Comte, qui l’attendait.

 Que vous voulait donc Véron ? demanda d’un ton naturel ce dernier.
— Oh! réplique tout aussi naturellement Robert-Houdin, il voulait me remettre votre
tabatière, qui vous avait été volée.

En même temps il restitua au ventriloque la tabatière en or qu’il lui avait escamotée, et les deux amis rirent beaucoup du tour qu’ils s’étaient mutuellement joué.

J. Schneider. « L’Argus et le Vert-vert réunis. » Lyon, 1859.

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