Au printemps

Publié le Mis à jour le

corotUn des amis de Corot le priait de venir dîner chez lui.  Corot s’excusait de son mieux, n’osant pas refuser nettement une invitation. 

 Non, disait-il, j’ai à travailler tout l’hiver, j’ai beaucoup d’engagements à tenir !
— Eh bien, promettez-moi de venir à Pâques, au printemps !
— Au printemps ! fit Corot en rougissant avec une sorte d’indignation; je manquerais, moi, à mon rendez-vous avec les bourgeons qui commenceront à éclater, avec l’herbe fine, avec mes petits oiseaux qui viennent me regarder travailler en se dressant curieusement au bout d’une branche ? jamais ! 

Ceux qui ont vu Corot le reconnaîtront à cette sortie pleine de la conviction et de l’exubérance de la jeunesse. 

Hélas ! cette année, le printemps est près de rougir ses bourgeons, déjà les pinsons, les roitelets, les bouvreuils commencent à venir au rendez-vous accoutumé. Un seul y manquera et ce sera celui qui les a tant aimés : ce sera Corot. 

« Figaro : journal non politique. » Paris, 1875.

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Une réflexion au sujet de « Au printemps »

    francefougere a dit:
    février 5, 2018 à 1:15

    J’aime beaucoup – et en plus, Corot est sincère ! merci – bonne semaine 🙂

    J'aime

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