Détestation

Publié le Mis à jour le

gustave-flaubertTout le monde sait que Rouen est une des plus jolies villes de France. Si elle paraît telle  aux étrangers qui la visitent, à plus forte raison doit-elle charmer ceux qui y sont nés. 

Mais peut-être l’accoutumance de ses beautés les empêche de les voir. C’est ce qui arriva pour l’un de ses plus glorieux enfants, Gustave Flaubert qui, à vingt ans, l’avait littéralement prise en horreur. Voici ce qu’il écrivait à son sujet : 

« J’exècre cette ville, je la hais, j’attire sur elle toutes les imprécations du ciel parce qu’elle m’a vu naître. Malheur aux murs qui m’ont abrité, aux bourgeois qui m’ont connu moutard, et aux pavés où j’ai commencé à me durcir les talons !« 

« Annales africaines. » Alger, 1926.

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6 réflexions au sujet de « Détestation »

    le blabla de l'espace a dit:
    février 10, 2018 à 5:11

    mes ancêtres sont de Rouen et je suis en train d’écrire une chronique familiale, justement je parle de certaines rue, comme la rue du eau de robec, une rue typique de Rouen et le quartier de Martainville qui n’est plus,
    bref ,
    Au XVIème siècle Charles de Bourgueville écrit sur la rue du eau robec: « Aucunes fois jaunes, aultres fois rouge, verte, bleue, violée et autres couleurs, selon qu’un grand nombre de teinturiers qui sont dessus la diversifient par intervalles, en faisant leurs manœuvres. »

    Jules Adeline, qui naquit dans cette rue en 1845, : « Les teinturiers rouennais contribuaient à donner à la vieille rue un aspect tout spécial. Toutes leurs maisons, surtout du coté de l’eau, disparaissaient sous les grandes pièces de toiles suspendues à des perches s’avançant dans le vide. D’une hauteur de trois à quatre étages, les immenses et larges rubans, descendant, remontant et descendant encore, se superposaient comme des feuilles d’un livre, projetant sur les rez-de-chaussée une ombre opaque et lugubre, même en plein midi. »

    Gustave Flaubert qui habita la rue lorsqu’il fréquentait le Lycée Corneille, en livre, dans Madame Bovary, une image encore plus sombre : « La rivière, qui fait de ce quartier de Rouen comme une ignoble petite Venise, coulait en bas […], jaune, violette ou bleue, entre ses ponts et ses grilles. Des ouvriers, accroupis au bord, lavaient leurs bras dans l’eau. Sur des perches partant du haut des greniers, des écheveaux de coton séchaient à l’air. »

    Aimé par 3 people

    brindille33 a dit:
    février 10, 2018 à 7:25

    Annie Duperey décrit très bien dans « Le Voile Noir » cette ville où je suis passée en 1986 sous la pluie au mois de juin. J’ai adoré les rues et son architecture. Dans ce livre des souvenirs d’une ville où elle vivait les égouts à l’air etc….lorsqu’elle était petite.

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    iotop a dit:
    février 10, 2018 à 9:06

    Bon jour,
    J’ai eu l’occasion de lire la correspondance de Flaubert (Gallimard) et pris des centaines de notes et pourtant je ne vois pas à quel moment il y a pu écrire ça. Un référence aurait été la bienvenue.
    Max-Louis

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    iotop a dit:
    février 11, 2018 à 8:36

    Merci pour l’info. 🙂

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    jmcideas a dit:
    février 20, 2018 à 6:58

    On t’a en horreur Gavroche !
    De nous rappeler une si belle ville, où, a ma première visite j’ai morflé d’une contravention de 110 €
    (sans 1 € en poche)

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