Les chemins de bois

Publié le Mis à jour le

wagon-chemin de boisIl en est un peu des idées comme des semences végétales qui, le plus souvent, quand elles doivent donner naissance à quelque sujet destiné à prendre un développement considérable, ne germent et ne viennent à leur existence propre qu’avec une extrême lenteur.

On sait communément que les premiers chemins de fer, en tant que voies publiques de transport, datent, en France et en Angleterre, de 1825 à 1830. Communément aussi l’on semble croire que ce système, qui ne dut d’ailleurs son essor définitif qu’à l’inventeur de la locomotive, venait d’être alors créé de toutes pièces. Grave erreur ! Depuis plus d’un siècle et demi les Anglais avaient imaginé, pour le charroi des houilles dans les galeries souterraines et sur les chemins extérieurs aboutissant aux mines, de diminuer les efforts de traction, en faisant porter les roues des chariots dans des ornières de bois. Ce fut comme l’embryon du système.

Un progrès important fut signalé dans un cours de physique expérimentale, publié en 1734, par le célèbre professeur anglais Désaguliers. L’auteur y inséra une note qu’il venait de recevoir et dans laquelle étaient décrites « les voitures dont se sert M. Ralph Allen, pour transporter les pierres de ses carrières, situées au haut d’une colline, au quai de la rivière Avon, auprès de la ville de Bath…, voitures qui seront d’un grand secours pour perfectionner celles dont on fait usage dans les mines de charbon de Newcastle. »

La description est accompagnée de plusieurs figures. Nous reproduisons la principale, qui déjà nous montre un véritable wagon (A B C D) glissant sur les rails. « Les roues (L), de fer fondu, ont un bord de six pouces de large, qui les empêche de sortir du châssis de chêne (0) sur lequel elles se meuvent. »

C’est le chemin de bois, tel qu’il existait il y a cent cinquante ans (article rédigé en 1873).

Vers la fin du XVIIIe siècle, toujours dans les houillères, les chevrons se déformant au lourd contact des roues « de fer fondu », on cloua des lames de fer sur ces chevrons dans un simple but de préservation. Mais la facilité de traction s’étant trouvée du même coup décuplée, on fit bientôt le dernier pas en plaçant sur champ les bandes métalliques. 

« La Mosaïque. » Paris, 1873. p.184.

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