Les chiens dans les autobus

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autobus

Confirmant la décision de la commission des transports, le Conseil général a autorisé l’admission des chiens de petite taille dans les autobus et tramways, mais faut-il encore qu’ils soient enfermés dans un panier susceptible d’être tenu sur les genoux du voyageur sans gêner les voisins. 

Cette autorisation est aujourd’hui subordonnée au décret que le préfet de la Seine devra signer dans quelques jours. Ce n’est guère avant une quinzaine que les petits chiens auront accès dans les autobus. milouBob est un petit chien rageur et mal élevé comme, du reste, la majorité des fox, et pour lequel j’ai des faiblesses. Par respect pour moi, je ne vous dirai rien des nombreux méfaits dont il se rend quotidiennement coupable. 

Quand je sors avec Bob, je vais à pied, naturellement, puisque je l’accompagne et si notre promenade nous a conduits un peu loin du domicile, nous rentrons tout doucement. Je n’ai rien de commun avec ces barbares qui sautent dans d’autobus et qui laissent le chien s’époumoner derrière la rapide voiture au risque de le voir se laisser écraser dans quelque encombrement. J’ajoute cependant qu’à différentes reprises, j’ai pris un taxi parce que Bob refusait obstinément de poursuivre notre chemin. 

— Pauv’ Loulou à son vieux pépère ! L’étaient fatiguées, les petites papattes !… 

Désormais, et que nos dirigeants soient loués, les chiens, les petits chiens peu  encombrants seront tolérés dans les voitures des transports en commun. 

Crois-tu, mon petit chienchien, quelle chance. On pourra prendre le tramway tous les deux et tu paieras ta place comme un vulgaire bourgeois, mais auras-tu le droit de l’occuper ? 

Ouah ! ouah !… 

Et Bob, qui a fort bien compris, cligne malicieusement un œil. Je crains fort d’avoir avec lui quelques surprises désagréables : si le sac de la dame d’en face le tente, il est capable de le lui demander assez brutalement, si le chapeau de ma voisine lui plaît, qu’arrivera-t-il, s’il décide bruyamment de jouer avec ? 

Et si l’envie lui prend de lever la patte?… 

« La Presse. » Paris, 1926.

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