Les vieux os

Publié le Mis à jour le

diplodocusLe diplodocus est enfin installé au muséum d’histoire naturelle, et M. Fallières admira les proportions gigantesques de l’énorme sauropode.

Cet antédiluvien qui, à l’époque secondaire, broutait les végétaux dans les marécages recouvrant les terrains jurassiques de l’actuel Colorado, était paraît-il, un parfait  imbécile. Sa petite tête, emmanchée sur un long cou, renfermait une cervelle d’oiseau. Mais voilà, son squelette mesure trente mètres de long, et puis il possède une double charpente dorsale. Aussi les savants lui réservent-ils la place d’honneur des musées. Ils laissent moisir dans les vitrines tel petit saurien fort intelligent, qui se gaussait du gros double-dos, lui chipait une fougère arborescente, et glissait agile entre ses lourdes pattes : qui évidemment devait caractériser l’intelligence antédiluvienne. 

Qu’importe donc la science d’un académicien, si, trop chétif est le squelette de cet immortel. Lorsqu’un cataclysme bouleversera la croûte terrestre, et que les savants futurs découvriront, dans un filon quaternaire, le fémur vulgaire de l’ex-grand homme, ils le considéreront moins qu’un tibia de géant. 

Aux idiots acromégales, l’avenir géologique appartient.

« Ma revue. » Paris, 1908.
Photo : Le diplodocus au Muséum d’histoire naturelle. Agence Rol.

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