Pour ne pas dire aéroplane

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aeroplaneNous recevons chaque jour des paquets de lettres, dans lesquelles nos correspondants sont d’accord pour trouver que le terme aéroplane est barbare et peu harmonieux, et pour s’indigner de l’intrusion possible du mot anglais flyer dans notre langue sportive, qui doit déjà trop, hélas ! à l’invasion britannique.

Mais l’accord cesse de régner, lorsqu’il s’agit de trouver le mot, le fameux mot, le mot idéal, tout à la fois expressif, euphonique et clair, assez correct pour plaire aux philologues, assez simple pour séduire les masses. Un mot mal construit répugnerait aux lettrés, un mot savant effrayerait la foule. Ce qu’il faut, c’est un terme énergique et court, qui frappe tout d’abord par sa netteté, et qui exprime sans ambiguïté l’idée d’une « machine à voler ». Parmi les opinions de nos lecteurs, nous choisirons les plus intéressants.

Mme M. Berger se prononce en faveur d’autoplane, qui lui plaît par sa parenté avec « automobile ». Mais elle ne dédaignerait pas autobuse, « en souvenir, dit-elle, de l’oiseau planeur par excellence ». M. Rouzé propose oisel, puisqu’il s’agit, en somme, d’un oiseau artificiel. Un « lecteur assidu » hésite entre aéroplane et aéronef, mais tranche la difficulté en appliquant le premier aux grands appareils et le second aux petits.

Le capitaine D. W. imagine aérial. M. V. d’André Raymond préconise aéraute pour les appareils à moteur, et aérovoile pour ceux qui n’en ont pas, tel que celui qu’il est lui-même en train de construire. Dire une oiselle ou une volante plairait à M. C. J., tandis que M. L. Mathieu, qui trouve qu’aéroplane traduirait plutôt le fait de planer sans moteur, juge que volateur exprime bien l' »action de voler ». Un correspondant érudit propose le mot égyptien héfi, qui signifie « celui qui vole ». M. Delamain, cultivateur au Mesnil-Hardray, préférerait planeur, qui peut devenir planair, ou vireplane, qui exprime le travail de l’hélice.

« Nos lectures. » Paris, 1908.

ps : Le mot avion tire sa racine d’avis, un mot latin qui signifie « oiseau ». En 1890, l’ingénieur français Clément Ader donna ce nom à l’appareil qu’il avait inventé.  En 1911, en hommage à Clément Ader, le général Roques, créateur de l’aviation militaire, décide que tous les aéroplanes militaires s’appelleront des avions. Mais ce n’est qu’avec la Première Guerre mondiale que les mots « avion » et « aviation » deviennent communs.

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