Grande estime…

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stratoniceLorsque Jean-Auguste-Dominique Ingres eut terminé sa Stratonice pour le duc d’Orléans, ce prince lui demanda :

 Franchement, M. Ingres, êtes-vous content de votre tableau ? c’est votre avis que je veux avoir. 
— Monseigneur, répondit l’artiste, permettez-moi de ne pas vous répondre aujourd’hui.  Je ne vois plus mon tableau, à force de l’avoir sous les yeux. Dans quelques jours j’irai chez vous; je vous demanderai à le revoir, et alors je vous dirai franchement mon avis. 

Quinze jours après, en effet, Ingres arrive aux Tuileries. Le prince le conduit devant le tableau. Ingres met sa main devant ses yeux, se recueille pendant quelques instants, puis il lève la tête et regarde son œuvre. Peu à peu il se redresse, il grandit dans sa petite taille, son regard s’anime, ses yeux se mouillent. 

 Monseigneur, dit-il au prince, je puis vous le dire aujourd’hui. Vous avez là un chef-d’œuvre. 

Il est bon qu’un artiste ait le sentiment de sa valeur. La modestie n’est souvent qu’une
hypocrisie de la vanité. Mais pourtant il y a des choses qu’il vaut mieux s’entendre dire  que de se les dire à soi-même. 

« L’Argus et le Vert-vert réunis. » Lyon, 1857.

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