Viotti à la campagne

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viottiUn des plus grands virtuoses du temps du Premier Empire, le célèbre Viotti, aimait la campagne avec passion. L’aspect de la végétation, de la verdure et des fleurs le jetait dans des transports indicibles.

Dans les dernières années de sa vie, le célèbre violoniste brûlait de faire l’acquisition d’une délicieuse villa située à une trentaine de lieues de Paris. Finir ses jours dans ce lieu charmant était son rêve le plus doux, le plus caressé. Mais la réalisation était impossible. On demandait cinquante mille francs de la villa en question, et Viotti avait si mal administré ses affaires, qu’après un long et fructueux exercice de sa profession, il se trouvait dans l’impossibilité de donner cette somme.

Napoléon aimait beaucoup le célèbre virtuose et l’accueillait toujours avec plaisir. Il avait entendu parler de son goût passionné pour la vie champêtre, il connaissait les projets et les difficultés de sa position. C’est par une plaisanterie assez originale que l’empereur le mit en position du joli domaine vers lequel s’élançait sa poétique imagination.

C’était le 1er jour de l’an 1811, Viotti était venu présenter ses compliments à Napoléon. L’empereur l’accueillit avec une bonté toute particulière, s’entretint longtemps avec lui, puis, au moment où l’artiste se disposait à s’éloigner, il ajouta tout-à-coup :

A propos, M. Viotti, j’ai vu l’autre jour votre nièce; elle est charmante, et je veux lui faire mon cadeau de nouvelle année. Voici du chocolat délicieux, veuillez prier mademoiselle votre nièce de l’accepter de ma part.

En disant ces mots, l’empereur remit à Viotti un petit paquet qui avait la forme d’une bille de chocolat ployée excessivement mince. Arrivé chez lui, l’illustre violoniste dit en souriant à sa nièce :

Ma bonne amie, voici le cadeau que te fait l’empereur. C’est une bille de chocolat qu’il m’a chargé de te remettre. Tu sais qu’il est parfois bizarre, original.

La jeune personne se hâta de briser l’enveloppe, d’ouvrir le petit paquet. Jugez de son étonnement, il renfermait cinquante billets de banque, juste la somme nécessaire pour l’acquisition du joli domaine que Viotti brûlait de posséder.

« Le Conteur Vaudois. » 1867.

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Une réflexion au sujet de « Viotti à la campagne »

    francefougere a dit:
    janvier 29, 2019 à 6:56

    Quelle charmante histoire ! Merci 🙂 amitiés

    J'aime

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