Une nouvelle élève

Publié le

camille-doucetM. Camille Doucet habite une maison de la rue du Bac. Ces jours derniers, une petite fille de douze ou treize ans entre dans la cour et entonne le grand air de Rigoletto

Aussitôt les fenêtres s’ouvrent, et chaque étage fournit son contingent d’auditeurs. Rien de plus frais, de plus gracieux et de plus pur que cette voix d’enfant, qui devrait avoir une poupée dans la main et qui n’a pour jouet que les difficultés du Verdi. 

Camille Doucet, lui aussi, lui surtout, écoutait. A la fin du morceau, ravi, enthousiasmé, il fait signe à la petite fille de venir le trouver. Elle monte et raconte son histoire :

Ma mère est veuve et pauvre. Elle me destinait au théâtre, mais comme il nous faut vivre, je chante dans les cours pour gagner du pain.

On sait que Camille Doucet est le directeur général des théâtres. 

Vous ne chanterez plus désormais dans les cours, dit-il à l’enfant. Voilà 100 fr., portez-les à votre mère. Dites-lui qu’elle vous achète une robe, et revenez ensemble me trouver demain matin.  

Aujourd’hui la petite fille est élève au Conservatoire.

« Le Guignol. » 1866.

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