Le téléphone enchanté 

Publié le Mis à jour le

homme_telephoneJohn Bull, notable commerçant de la Cité de Londres, est assis à sa table de travail, où il médite une belle affaire. Soudain, le téléphone retentit.

 Allô !
— Allô !
— C’est vous John Bull ? Veuillez me dire d’abord pourquoi vous mâchonnez votre cigare?

John Bull, étonné et surpris, jette son havane.

 Non ! Non! reprend la voix, je vous en prie, reprenez-le, cela ne me gène pas.

John Bull, stupéfait, se gratte la tête de la main qui ne tient pas le récepteur.

 Laissez-donc votre tète en repos, dit la voix et ne la taquinez pas ainsi !
— Du diable, crie-t-il, dans le téléphone, qui donc êtes-vous ? Vous parlez comme si vous pouviez me voir.
— Je vous vois très réellement, car je suis l’inventeur d’un appareil qui me permet de vous apercevoir en vous parlant… Et, tenez, arrangez donc votre cravate qui est un peu de travers.
— Mais enfin ?…
— Je vais lancer l’affaire. Voulez-vous être mon premier actionnaire ?

John Bull se demande s’il n’est pas le jouet d’un rêve et s’il a affaire à un inventeur génial, lorsque machinalement, ses yeux se portent vers la rue étroite de la Cité qu’il habite. Et soudain, dans la maison d’en face, derrière les carreaux d’une fenêtre symétriquement opposée à la sienne, il aperçoit deux mauvais garnements, dont l’un tient un cornet acoustique et qui tous deux se tordent de rire.

Et John Bull comprend alors comment il a été mystifié.enfant téléphone

« L’Écho du merveilleux. » Paris, 1914.

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7 réflexions au sujet de « Le téléphone enchanté  »

    karouge a dit:
    mai 12, 2019 à 6:59

    une invention géniale qui tombe allô? allô John? mince dit le gamin à son copain Jack, il est raide, Bull.Vite filons boire un coup au pub l’air de rien.

    Aimé par 2 personnes

    carnetsparesseux a dit:
    mai 12, 2019 à 8:42

    môme, on (mon frère et moi) téléphonait aux bouchers de la ville pour leur demander s’ils avaient des pieds de cochon. Si la réponse était positive, il fallait dire: »oh,ça doit pas être commode pour marcher » ou « pour vous trouver des chaussures ».
    évidemment, on éclatait de rire longtemps avant d’arriver là (sans compter que les bouchers, allez savoir pourquoi, « la connaissaient » déjà)
    🙂

    Aimé par 3 personnes

      Gavroche a répondu:
      mai 12, 2019 à 9:12

      Les bonnes vieilles blagues d’une époque hélas révolue…
      – Allo ! M. Lelièvre ?…
      – Oui…
      – Pan ! t’es mort !!!
      😀

      Aimé par 3 personnes

    fanfan la rêveuse a dit:
    mai 13, 2019 à 6:58

    Bonjour Gavroche,
    Une blague à l’époque, ces garnements ne pouvaient penser une seule seconde qu’ils détenaient une idée de génie qui ferait son chemin…
    Bon et ensoleillé lundi Gavroche 🙂

    Aimé par 1 personne

      Gavroche a répondu:
      mai 13, 2019 à 12:42

      Une idée qui à l’époque paraissait effectivement complètement folle !
      Belle journée Fanfan 🙂

      Aimé par 1 personne

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