Et si nous faisions des crêpes ?

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chandeleur

Mardi-Gras, n’t’en vas pas. 
]’ f’rons des crêpes, j’f’rons des crêpes. 
Mardi-Gras, n’t’en vas pas 
J’f’rons des crêpes et t’en auras

Ce n’est pas une promesse bien difficile à tenir. La composition de la pâte, très simple, se réduit à ceci pour une seule crêpe : délayer quatre cuillerées de farine dans un bol, une pincée de sel et deux cuillerées de sucre en poudre. Dans la pâte ainsi obtenue faire un trou au milieu, y verser un œuf battu et un verre de lait, et quelques gouttes de rhum. Et pétrir à nouveau. C’est tout. Il n’y a plus qu’à verser trois cuillerées de pâte liquide dans la poêle où l’on a mis du beurre à fondre.  

La plupart des crêpes se font selon cette formule quasi classique. Il existe cependant,  parmi les provinces françaises, quelques variantes dont les plus connues sont les crêpes agennaises, les crêpes bretonnes et les tourtisseaux qui se font en deux jours. 

La crêpe agennaise diffère peu de la crêpe ordinaire, sinon que la pâte, un peu jaune, parfumée à l’eau-de-vie et à la fleur d’oranger ne doit pas être trop liquide et doit se solidifier immédiatement de façon à présenter la surface d’une très fine pellicule. On la cuit dans l’huile ou la graisse, non dans le beurre, et on la présente sur la table roulée sur elle-même.

crepes bretagne

La crêpe bretonne se fait à la farine de froment mêlée à la farine de sarrasin, on y ajoute de l’eau et de la poudre de cannelle. Quant au reste, ce sont les même éléments qui entrent dans sa composition. Mais quand elle est cuite on fait fondre sur la crêpe un morceau de beurre sans la retirer de la poêle. 

Pour les tourtisseaux, c’est à peu près la même pâte que pour la crêpe. Toutefois on laisse lever cette pâte jusqu’au lendemain. Alors on la roule et l’étend jusqu’à la rendre très mince, on la découpe en morceaux que l’on plonge dans l’eau bouillante jusqu’à ce qu’ils reviennent à la surface. A ce moment on les égoutte et les fait frire dans une graisse très chaude. Puis on sucre, sert, et déclare bien entendu que c’est exquis. 

En dehors des tourtisseaux, qui n’exigent pas cette opération, le seul instant périlleux  dans la confection des crêpes est celui où l’on doit les faire sauter pour les retourner  dans la poêle. Certaines et certains ont acquis pour cela une surprenante dextérité. L’on raconte même qu’un aubergiste, du nom de Jean Bellavoine, envoyait sauter les crêpes dans sa cheminée et courait au dehors les recevoir dans sa poêle. 

A ceux et celles qui voudront manger leurs crêpes au Mardi-Gras, je ne propose pas du tout, — ôh ! mais pas du tout ! — d’essayer de suivre l’exemple de Jean Bellavoine. 

Alin Laubreaux. « La Femme de France. » Paris, 1927.

 

2 réflexions au sujet de « Et si nous faisions des crêpes ? »

    marie a dit:
    mai 28, 2019 à 9:09

    Bonsoir J’adore les crepes , toutes simples, juste de la farine , du lait des oeufs et une fois cuite un nuage de sucre en poudre. Bonne sqoirée amicalement MTH

    Aimé par 2 personnes

    theatrealtair a dit:
    juin 1, 2019 à 12:42

    Pourquoi diable ces recettes me rappellent-elles inéluctablement quelques passages piquants du « Guide de la bonne épouse » ?

    J'aime

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