Ce qu’ils fument

Publié le Mis à jour le

hommes au cigareLes grands de ce monde ne se contentent pas toujours de l’agréable fumée dont les encense la gloire. C’est du moins ce que nous conte le Goût Parisien.

M. Briand grille quantité de cigarettes. M. Pelletan fume des cigares à un sou. M. Lépine, le nouveau député, fume la pipe en terre, qu’il ne culotte pas, mais casse après s’en être servi une seule fois.

Edouard VII fumait les cigares les plus longs et les plus gros du monde. Ils mesuraient exactement vingt deux centimètres de long et avaient un diamètre de cinq centimètres et demi. Il va sans dire que ces cigares n’étaient pas dans le commerce. On les fabriquait à la Havane et ils revenaient à 5 fr. pièce. L’ouvrier qui les confectionnait recevait 1 franc par cigare.

Guillaume II a conservé le même fournisseur qu’Edouard VII, mais ses cigares ne mesurent que dix-sept centimètres de long et ne coûtent que 150 francs le cent.

fabrication cigares
Issy les Moulineaux. La manufacture des tabacs. Fabrication des cigares au moule

Quant à François-Joseph, il n’existe pour lui qu’une sorte de cigare, qui a la forme d’une queue de rat et que traverse un chaume. Il en fume beaucoup et en distribue encore davantage. Mais tout le monde n’en vient pas à bout. Ils brûlent la langue comme un crapulos.

Le tsar adore la cigarette fabriquée avec un tabac d’Orient manufacturé spécialement pour lui; l’arôme de ce tabac impérial est des plus délicats et des plus fins.

Alphonse XIII n’aime également que la cigarette, mais il fume effroyablement, continuellement; il souffre pendant les moments où l’étiquette le prive de son plaisir favori.

« L’Est Républicain. » 1913
Illustration : Emil Cardinaux.
Carte postale/source : Ville de Paris / Bibliothèque Marguerite Durand

bon cigare

L’adieu aux crapulos

On sait que, depuis 1911, le cigare à un sou, vulgairement dénommé « crapulos », a été remplacé par un cigare du même prix, d’un modèle nouveau. Les produits de cette dernière fabrication sont bien meilleurs que ceux de la précédente.

Cependant, il se trouve encore en France des amateurs du « crapulos », ancien modèle. Dans les Alpes-Maritimes, notamment les fumeurs de l’espèce, ne réclament que de ceux-ci.

La direction des manufactures de l’Etat se verra bientôt dans l’impossibilité de donner satisfaction à ces fumeurs réactionnaires, la France devant, en effet, être en principe alimentée de cigares à 5 centimes du type 1911. Les faibles quantités de l’ancien modèle encore fabriquées par quelques établissements seront écoulées dans les entrepôts des Alpes-Maritimes qui en exprimeront le désir et sans qu’il soit possible que les proportions demandées par eux seront observées.

Cette fabrication, d’ailleurs, diminue progressivement et arrivera prochainement à l’extinction complète.

« L’Écho de Jarnac. » 1914.

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