La guerre des cerveaux fêlés

Publié le Mis à jour le

savant fouChaque guerre exerce sur les inventeurs une influence excitatrice qui n’est pas toujours bienfaisante. Ceux qui croient avoir découvert la « machine à terminer la guerre » sont légion, depuis Archimède.

Chaque pays pourtant prend la peine d’examiner et de trier l’énorme masse d’inventions réalisées par ses nationaux. On ne sait jamais !… En France le Bureau des Inventions, dirigé par M. Breton, s’est acquitté avec éclat de ce travail. En Angleterre le même bureau a fonctionné de 1914 à 1918, et a été réorganisé en 1939. Parmi les inventions qui lui ont été soumises, voici les plus étranges :

Un produit capable de congeler les nuages, ce qui aurait permis, disait l’inventeur, de les utiliser comme plates-formes pour canons antiaériens.

Un « rayon noir », destiné à obscurcir la lune afin de rendre impossible les vols de nuit.

Des mouettes ou goélands dressés au repérage des sous-marins. 

Un obus contenant des serpents venimeux qui iraient infester les tranchées ennemies.

Un projectile chargé de gravier pour combler les trous d’obus du « no man’s land » et permettre aux troupes d’assaut de passer.

Du côté des Américains

geo trouvetouLe génie américain, on s’en doute, s’est montré plus fertile encore dans ce domaine.

Le 5 octobre 1918, MM. E.-A. Klager et Carles A. Poth, de Pittsburg, faisaient breveter un obus anti-avion qui, en éclatant, projetait des lanières d’acier munies de crochets destinées à s’entortiller dans les hélices.

En 1930, M. E.-G. reprenait ce brevet en le perfectionnant : les lanières d’acier étaient attachées chacune à un petit parachute.

Tout récemment, un inventeur vient de proposer au département de la Marine à Washington, un appareil qui, placé sur un cuirassier, tournerait comme un gigantesque ventilateur et recevant les bombes à leur arrivées les rejetterait sur les côtés, par l’effet de la force centrifuge.

On vient de proposer également de monter sur les navires d’énormes électro-aimants capables d’attirer les sous-marins. Ce serait un moyen plutôt dangereux si l’inventeur n’avait prévu que le sous-marin, ainsi attiré contre la coque du bâtiment, recevait une énorme décharge électrique qui l’anéantirait.

Mais voici le fin du fin : des obus remplis de thermite (substance incendiaire dégageant 3.000°) semblables à ceux qu’utilise l’ennemi. Mode d’emploi : abandonner ces projectiles « mine de rien », pour que l’ennemi les recueille et s’en serve dans ses canons où ils exploseraient et provoqueraient de terribles ravages.

On avouera qu’auprès de ces inventions diaboliques, les miroirs d’Archimède n’étaient que jeux d’enfants.

« 7 jours : grand hebdomadaire d’actualités. » Lyon, 5 janvier 1940.
Illustrations : « Frankenstein’s Army  » de Richard Raaphorst, 2013.
« Géo Trouvetou » personnage Disney, créé par Carl Barks.

Une réflexion au sujet de « La guerre des cerveaux fêlés »

    jmcideas a dit:
    juillet 10, 2019 à 9:37

    Et que dire de ce perfectionnement du missile, anti-missile: Il ne le détruit pas, il le retourne à son expéditeur!
    😀

    J'aime

Répondre

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.