Songe prophétique

Publié le Mis à jour le

songeLe docteur Catalini, médecin très distingué de Fermo et grand adepte du magnétisme, expose le fait suivant de prévision magnétique dans un de ses ouvrages de pathologie dont parle le journal Arcadico de Rome, février 1830.

La comtesse Marguerite Vinci de Fermo, âgée de trente ans et très sensible à l’action magnétique, causant amicalement, le 25 mars 1825, avec la comtesse Valenza Montani, qu’elle recevait souvent chez elle, lui raconta qu’elle avait fait la nuit un rêve si mauvais et si étrange, qu’elle osait à peine le confier à son amitié. Voici quel était ce rêve :

La comtesse Vinci se voyait dans son lit, dormant du sommeil le plus profond et le plus calme, quand elle fut réveillée par une violente secousse et vit sur elle un assassin, l’œil ardent de fureur et le poignard levé, qui la saisissait par les cheveux et lui tranchait la gorge. La malheureuse put à peine voir son visage mais reconnut, en celui qui la frappait, son propre valet de chambre, qui, depuis plusieurs années, la servait avec fidélité et dévouement. A ce moment, frappée de terreur, elle se réveilla, toute baignée d’une sueur froide. En racontant cela à son amie, elle ajouta :

« Je ne pouvais pas faire un rêve plus affreux et plus hors de propos, je ne l’ai raconté ni ne le raconterai à aucune personne de mon entourage, car ils en seraient attristés, surtout mon fidèle et vraiment bon valet de chambre. »

Après ce récit, on passa à d’autres sujets de conversation.

Or, les journaux de l’époque, retrouvés par le périodique Arcadico, contenaient exactement, six mois plus tard, le récit du terrible assassinat commis dans la nuit du 25 septembre 1825, sur la personne de la comtesse Marguerite Vinci, par une main restée inconnue. Aussitôt après la catastrophe, la comtesse Valenza Montani fit appeler son médecin, qui était justement le Dr Catalini, et lui raconta la confidence que sa malheureuse amie lui avait faite, six mois auparavant, de son rêve, et lui demanda si cela pourrait servir de base à une information judiciaire.

Le docteur Catalini répondit affirmativement et se chargea du soin de la découverte de l’assassin : il dénonça le fait au magistrat chargé de l’instruction et, entre temps, fit lancer à l’improviste un ordre d’arrestation et de perquisition contre le valet de chambre, Joseph Brunelli. Le scélérat, qui était réellement le coupable, sûr de son impunité, restait au service de la famille comme si rien n’était arrivé. Frappé à l’improviste comme d’un coup de foudre, il resta écrasé sous le poids de son crime. On constata un grand vol de bijoux pour une valeur de cent mille écus romains, bijoux enlevés d’un coffre-fort dont il connaissait la place exacte, et dans le cours de la perquisition on les retrouva chez lui.

Brunelli fit des aveux complets et dit qu’il méditait le coup depuis déjà trois ans. Il fut pleinement convaincu et condamné à mort par le tribunal de Fermo. Son exécution eut lieu le 25 février 1826.

De la Gazette scientifique magnétique de Bologne.
(Vessillo Spiritista, novembre 1896).
« Le Progrès spirite. » Paris, 5 janvier 1897.
Peinture de Battista Dossi.

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Une réflexion au sujet de « Songe prophétique »

    fanfan la rêveuse a dit:
    septembre 17, 2019 à 7:43

    Bien mal acquis ne profite jamais !
    😉

    Aimé par 1 personne

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