Les restrictions en 1793

Publié le Mis à jour le

1793Dans les premiers mois de l’année 1793, la cherté des vivres provoqua une vive agitation. Le pain était assez rare, mais les troubles venaient surtout des prix exorbitants du sucre, du café, du savon et de la chandelle.

Au mois de mars, la situation empira pour le pain. La foule assiégeait les boulangeries dès cinq heures du matin. Les autorités prirent alors des mesures singulières. Par les fenêtres, on jeta de l’eau sur la foule; puis on décida que les premiers arrivés aux portes des boulangeries seraient servis les derniers; le 5 nivôse, on finit par recourir à la carte du pain. On se plaignit surtout de la quantité du pain et on accusa les boulangers de vendre la fleur de la farine aux pâtissiers.

Dans les boucheries, on n’admit que quatre clients à la fois; les épiciers, se plaignant de ne rien gagner sur le sucre taxé à 45 sols la livre, refusaient d’en vendre si on ne leur achetait pas en même temps une livre de café; le lait, bien qu’additionné d’eau et de farine, se vendait 32 sols la pinte.

Les bourgeois souffrirent de cet état de choses plus que les ouvriers qui faisaient payer fort cher leur travail. Ces derniers, qui gagnaient auparavant quatre ou cinq livres par jour, en gagnaient vingt ou vingt quatre. Aussi les gens qu’on voyait faire le plus de dépenses étaient les salariés, dont les femmes achetaient les meilleures pièces aux plus hauts prix. Il n’était pas rare de voir un journalier payer quinze livres une volaille qui n’en valait pas quatre.

Pour parer à la disette, on supprima les petits pains. Alors on vendit des pains de quatre livres coupés en petits morceaux et dont les consommateurs ne mangeaient que la croûte; on parla de supprimer les chiens et les chats qui absorbaient pour Paris la nourriture de 1500 personnes; on préconisa deux jours sans pain par décade et deux jours sans viande; enfin, on fit cultiver les jardins publics qui furent ensemencés de pommes de terre.

« Agence républicaine d’informations politiques, financières, économiques. » Paris, 3 juillet 1917.

5 réflexions au sujet de « Les restrictions en 1793 »

    Le Jardin Secrêt De Marguerite a dit:
    février 24, 2020 à 6:08

    les jardins publics qui furent ensemencés de pommes de terre….c’est le pompon …merci pour ce retour en arrière.

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    Trigwen a dit:
    février 25, 2020 à 2:09

    Et les membres du Comté de Salut Public, les députés Girondins et Montagnards, les chefs comme Danton, Saint Just ou Robespierre, ils ont eu croit eux aussi à ces restrictions quotidiennes ?

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    marinadedhistoires a dit:
    février 26, 2020 à 6:40

    Intéressant

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