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Chères amies, chers amis

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g-matthiews

Pour des raisons indépendantes de ma volonté, ce blog va s’éteindre dans quelques jours…

J’ai eu plaisir à vous suivre durant ces années, sincèrement; j’ose espérer qu’il en fut de même pour vous…

Portez-vous bien, faites attention surtout, et bon courage.

Je vous embrasse 🙂

Le chef-d’œuvre imprévu

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corotLes œuvres les plus belles ne sont le plus souvent dues qu’à un heureux hasard de circonstances. Leurs auteurs cherchèrent à exprimer ce qu’ils sentaient dans l’enthousiasme de leur génie et y réussirent.

Le hasard fit naître parfois de la façon la plus imprévue des œuvres parfaites. Témoin, ce chapeau qui fut mis en vente il y a quelques année chez un marchand de tableaux et dont le fond était orné d’une exquise peinture de Corot. Voici comment le maître fut amené à illustrer ainsi l’humble couvre-chef.

C’était un juin 1874, à Ville-d’Avray, Jean-Baptiste Camille Corot peignait un paysage et à ses côtés était assis un acteur de ses amis qui avait posé son chapeau sur le sol. Corot laissa, par mégarde, tomber un de ses pinceaux qui fit une tache sur le satin dont était doublé le feutre. La tache était bizarre, de forme imprévue : le peintre eut alors l’idée de l’arranger. C’est ainsi qu’il décora le chapeau de l’acteur qui en fut enchanté.

Mais où l’histoire devient encore plus plaisante, c’est que cet acteur, Cléophas, devint dans la suite marchand de tableaux. Et voilà aussi comment naît parfois une vocation !

« Agence républicaine d’informations. » Paris, 17 juillet 1917.

Clientèle en or

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perroquetIl y a à Paris un homme qui exerce l’art de guérir quoiqu’il ne soit médecin à aucun titre, et dont la clientèle ferait pourtant envie à beaucoup de nos confrères.

Mais rassurez-vous, Messieurs de la commission médicale, cet homme n’exerce sa lucrative profession que sur les perroquets. Oui, mes chers confrères, cet homme gagne peut-être plus d’argent que vous et moi. II est bien vêtu, porte des boutons en diamant à sa chemise, une montre à secondes pour compter les pulsations de ses malades. C’est, en un mot, un homme très fashionable.

J’ai eu occasion de le voir ces jours derniers chez une de mes clientes, malade elle même de chagrin de la maladie de son perroquet. Pendant que j’étais là il arriva, et je vous assure que ce fut avec une gravité toute doctorale qu’il fit ses interrogations. Il diagnostiqua une gastro-entérite, prescrivit la diète, de l’eau de guimauve pour boisson et des lavements amidonnés à cause d’un dévoiement considérable.

Un incident que je ne puis oublier, car il faillit me faire éclater de rire; c’est qu’en partant, la dame lui demanda du plus grand sérieux du monde :

 Monsieur, faudra-t-il garder les matières ?
— Certainement, répondit-il, non moins sérieusement.

Il demanda 5 francs pour sa visite. La maîtresse de l’animal ne paie pas davantage pour son propre compte.

« L’Abeille médicale. » Paris, 1844.
Illustration de Fabienne Pierron.

Pasteur et les raisins

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pasteurComme la plupart des grands savants qu’absorbe une idée fixe, Louis Pasteur était fort distrait.

Un jour qu’il était à table, en famille, et qu’on apportait du raisin pour le dessert, Pasteur, d’un geste, arrêta ceux des convives qui s’apprêtaient à avaler quelques-uns des grains sucrés :

Ne mangez pas ce raisin sans le laver au préalable. Rien n’est plus dangereux !

Ce disant le savant, donnait, l’exemple en trempant sa grappe dans un verre d’eau.

Le raisin, expliquait-il, est de nature assez humide, de sorte que les poussières pathogènes en suspension dans l’atmosphère se collent facilement sur la peau du fruit.

Pasteur, emporté par ce sujet qu’il avait, particulièrement étudié, se met alors à décrire les microbes, les bacilles, les germes morbides de tout genre qui peuvent contaminer une grappe.

Les invités écoutaient avec une vive attention cette intéressante conférence. Mais ce fut une soudaine explosion de rires quand le conférencier, d’un geste machinal, saisit le verre d’eau où il venait de noyer tous ces terribles microbes, et le vida d’un trait !

Et Louis Pasteur ne fut pas le dernier à rire.

« L’Univers illustré. » Paris, 14 août 1910.

Vertep ou le petit théâtre de marionnettes

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vertepA trois époques de l’année qui sont : la période qui précède Noël, celle du premier de l’an, et le jour des Rois, il y a des représentations théâtrales dont les acteurs sont de petites marionnettes hautes de quarante à cinquante centimètres à peine.

Le théâtre consiste en une boîte en bois sur laquelle sont peints des ornements assez grossiers; elle est longue de 1m. 50, sur une hauteur égale, les marionnettes manœuvrent à l’aide d’un morceau de bois fiché dans un des pieds de la figurine, et qui passe dans des rainures; la main de l’individu qui les dirige se trouve sous la planche du théâtre.

A l’occasion des fêtes ci-dessus, ceux qui possèdent ce petit théâtre ambulant viennent le montrer dans les châteaux et dans les maisons riches. Les trois principales pièces — qui sont des espèces de mystères — sont l’Annonciation, la Naissance de Jésus, et le Massacre des Innocents. Les personnages sont costumés et s’expriment non en vers, mais en prose; la personne qui les fait parler brode sur un canevas déterminé. Les Innocents, mis à mort par l’ordre d’Hérode sont, non pas en bois, comme les autres acteurs, mais en cire, et les soldats d’Hérode, costumés en Polonais, les embrochent au bout de leurs lances. A la fin de cette pièce, Hérode est puni, et deux serpents viennent le dévorer.

Ces mystères sont accompagnés de pièces satiriques, dans lesquelles la liberté la plus absolue est accordée aux acteurs de bois; ceux-ci ne se font pas faute de blâmer les fonctionnaires, de dire du du mal des propriétaires et des gens haut placés du pays, et de raconter toute la chronique scandaleuse des environs. C’est l’usage, et personne ne s’offense de cette licence passagère.

Depuis une dizaine d’années ce petit théâtre de marionnettes, qui se nomme en russe Vertep, c’est à dire spectacle, a une tendance à disparaître.

« Revue des traditions populaires. » Paris, 25 mars 1886.
Illustration 

Un cheval qui mange les pigeons

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chevalLe docteur Josias Hornblouse, droguiste à Jersey-City (Amérique) surprenait récemment, dans son écurie, son vieux cheval Bill occupé à manger un pigeon, y compris les plumes.

Le cheval avait tué l’oiseau d’un coup de pied pendant qu’il était entrain de becqueter les grains d’avoine répandus sous la mangeoire. Depuis lors, la découverte à plusieurs reprises de plumes de pigeons dans l’écurie a convaincu le docteur que Bill est devenu presque carnivore.

Au surplus on a vu plusieurs fois l’animal se repaître de bœuf bouilli qu’on avait placé dans la cour pour le repas du chien. 

« American veterinary Review. » 1905.

La dernière incarnation des contrebandiers

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louis_abel-truchetOn sait que les vêtements confectionnés en Belgique sont frappés à leur entrée en France d’un droit d’importation proportionnel variant entre 20 et 50 % de leur valeur marchande.

Depuis quelque temps, une foule endimanchée passait la frontière du Nord chaque dimanche matin et s’ébattait joyeusement dans les kermesses françaises. Le soir, au retour, un peuple en haillons prenait les trains d’assaut et regagnait ses demeures, l’estomac et le gousset bien garnis.

Nos fins douaniers ont ouvert les yeux, après s’être bornés à les écarquiller. Ils ont arrêté la comédie et les comédiens.

Certain jour du mois dernier, deux-cents Belges flambant neuf des pieds à la tête, se sont vus obligés de descendre en gare de Tourcoing, et on leur a fait rebrousser chemin. Ils étaient furieux. « Pour une fois, sais-tu, Monsieur, c’est ennuyeux ! »

Bah ! Vous trouverez un autre tour dans votre sac.

« Le Journal du dimanche. » Paris, 21 juin 1903.

Peinture de Louis Abel-Truchet.