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La grand-mère se fait voir à son petit-fils

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Le journal espagnol Lumen (1) cite le fait suivant rapporté par José Zorilla, auteur dramatique, dans ses mémoires:

Lorsqu’il avait environ six ans, il habitait avec ses parents une maison dans laquelle une chambre, s’ouvrant sur le vestibule et contenant pour tout meuble un lit et un fauteuil, restait constamment close, sauf lorsqu’on y pénétrait pour l’épousseter. Un jour qu’il jouait dans le vestibule avec un cheval de carton, il vit que la porte était entr’ouverte, et, s’approchant, il remarqua que le fauteuil était occupé par une dame aux cheveux poudrés, les bras garnis de dentelles, et vêtue d’une ample robe de soie verte, qu’il n’avait jamais vue. Avec un sourire doux et mélancolique, elle lui fit signe de s’approcher. Il le fit avec une pleine confiance et lui tendit, sa main droite, qu’elle prit en souriant entre les siennes. Elle le caressa ensuite et lui dit : « Je suis ta grand’mère, aime-moi bien, mon enfant, et Dieu te bénira. »

En sortant de la chambre, il dit à sa mère qu’il venait de voir sa grand’mère. Elle crut, d’abord, qu’il s’agissait de sa mère à elle, habitant Burgos et venue sans l’avertir ; mais à la description qui lui fut faite elle reconnut son erreur et le père de notre héros, arrivant sur ces entrefaites, écouta le récit de son fils et se borna à lui dire : « Gamin, tu as rêvé ! »

Neuf ou dix ans plus tard, vers 1833, José Zorilla se trouvant à Torquemada et examinant de vieux documents de famille, trouva, recouvert d’une épaisse couche de poussière, un portrait, reproduisant exactement les traits et le costume du personnage vu dans le fauteuil. Il le présenta à son père en disant : « Voici ma grand’mère !»

(1) Lumen, de décembre 1908, journal se publiant à Barcelone.

« Les apparitions matérialisées des vivants & des morts. »  Gabriel Delanne.  Édit: Leymarie (Paris) 1909-1911

Source: Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l’homme.

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L’histoire du chien Pâquerette

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Pekinois

La légende rapporte qu’au XVIe siècle l’empereur de Chine souhaitant honorer la reine Elizabeth 1ère, lui fit parvenir le présent le plus fabuleux qu’il pouvait trouver: un couple de pékinois.

Une princesse royale fut choisie pour accompagner les chiens jusqu’en Angleterre. Pendant le voyage, le mâle eut toute liberté pour circuler sur le pont du bateau, mais la femelle resta confinée, bien à l’abri dans un magnifique coffret en ivoire sculpté. Les cinq chiots qui naquirent pendant la traversée demeurèrent eux aussi dans le luxueux coffret.

Le bateau fit escale dans un port français où la princesse et les chiens furent transférés sur un autre navire afin d’effectuer la dernière partie du voyage. Mais ce second équipage, superstitieux, se persuada que la princesse était un démon déguisé et que le coffret en ivoire n’était autre qu’un trésor. Lorsque le navire approcha des côtes de Cornouailles, une tempête se leva et l’équipage en tint responsable la princesse.. Les marins pénétrèrent dans sa cabine et l’un d’eux, introduisant sa main à l’intérieur du coffret en ivoire pour s’en emparer, fut bel et bien mordu. Cet incident démontra, si cela était encore nécessaire, que la princesse voulait du mal à l’équipage qui jeta aussitôt par-dessus bord, dans une mer démontée, et la princesse et le coffret en ivoire.

Plus tard, un habitant de la côte retrouva à Land’s End le corps de la princesse ainsi que le coffret en ivoire. Quand il ouvrit le coffret, la petite chienne vivait encore, mais à peine. Elle regarda l’homme creuser une tombe et enterrer la princesse et ses petits, puis déposer sur la terre des pâquerettes en forme de croix. L’homme plaça ensuite la petite chienne au centre de la croix de pâquerettes où elle rendit son dernier soupir.

Le bateau arrivé au port, tout le monde se précipita pour passer au peigne fin toutes les plages dans l’espoir de retrouver le trésor. Entre-temps, le marin qui avait été mordu était mort, et des rumeurs commençaient à circuler selon lesquelles un chien fantôme avait été aperçu en train de garder la tombe de la princesse. Il ne fallut pas longtemps pour que la légende se répandît et que plus personne ne se risquât à fréquenter le lieu du malheur, de peur de se faire mordre par le fameux chien et d’en mourir à son tour. Vers 1850 courait encore le bruit qu’un jeune garçon qui avait trouvé dans le secteur un morceau d’ivoire avait aussitôt ressenti comme une morsure, et bien que sa blessure ne fût que légère, il décéda peu après.

« Petite anthologie du chien. »  J. A. Wines

Le rêve de Dürer

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Le pinceau court rapidement sur la feuille de papier blanc. D’une main sûre, l’homme mêle les pigments finement broyés à l’eau qu’il a additionnée d’un peu de gomme arabique pour que la couleur colle au support. En quelques minutes, l’aquarelle est achevée. Le peintre se recule un peu. « C’est bien cela », dit-il.

Pourtant l’étrange petite esquisse ne ressemble en rien aux œuvres qui ont fait de lui l’artiste le plus illustre de toute l’Allemagne et, pour tout dire, il n’ajoute rien à sa gloire. On n’y retrouve pas la finesse de ses aquarelles célèbres comme Le Lièvre, peint poil à poil, ou L’ Ancolie, à laquelle ne manque pas une nervure. On n’y retrouve pas non plus la poésie de ses paysages, la précision de ses vues de Nuremberg, ni la vigueur de ses gravures si foisonnantes de symboles. Pas davantage les somptueuses couleurs de ses grandes compositions comme l’Adoration des mages ou La Fête du rosaire et, faute de personnage, rien de la science du portrait dans laquelle il a si brillamment innové.

Il semble, nonobstant, assez satisfait du résultat. Sur la feuille encore humide, on peut voir une composition que l’horizon sépare en deux parties égales. En bas, un paysage sommairement esquissé: une plaine, un étang, quelques bosquets. En haut, comme dégoulinant du bord supérieur de la feuille, des taches allongées, des bavures de couleur qui tombent vers le sol en coulées sombres. Seule, au centre, une forme plus importante, en entonnoir inversé, atteint la terre où elle explose, s’étale et se répand en une tache énorme. « C’est bien cela », répète le peintre. Sans même attendre que l’œuvre soit complètement sèche, il se penche à nouveau sur la table, saisit une plume, la taille, la trempe dans un encrier et rédige d’une écriture rapide et élégante le texte suivant, que les visiteurs du Kunsthitorische Museum de Vienne peuvent, aujourd’hui encore, déchiffrer aisément au bas de la mystérieuse aquarelle :

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« En l’an 1525, dans la nuit du mercredi au jeudi faisant suite au dimanche de la Pentecôte, je vis, pendant mon sommeil, cette image d’un grand nombre de colonnes d’eau tombant du ciel, certaines plus éloignées, d’autres plus proches, mais toutes venant de si haut que les eaux semblaient couler lentement. La première toucha terre à environ 6 kilomètres de moi avec une force terrifiante, un bruit et une clameur formidables, noyant tout le pays. Je me réveillai tellement effrayé que tout mon corps tremblait et, pendant un long moment, je ne pus reprendre mon calme. Aussi, quand je me levai, je peignis ici ce que j’avais vu. – Dieu fait bien ce qu’il fait ! »

En 1525, Albrecht Dürer a cinquante-quatre ans. L’âge ne l’a pas voûté, n’a pas empâté son beau visage aux traits aigus. Il a seulement semé de fils d’argent la longue chevelure annelée qu’il porte aux épaules. Mais, surtout, il a changé le regard qui, d’ironique puis dominateur dans ses précédents autoportraits, s’est fait plus voilé, plus angoissé. C’est qu’il n’est pas très confortable de vivre, comme lui, entre deux mondes? Entre Moyen Age et Renaissance. Entre catholicisme et luthéranisme. Entre art flamand du Nord et art vénitien du Sud. Entre princes et bourgeois.

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Né en 1471, Dürer est encore imprégné du style gothique dont sa native Nuremberg est l’un des joyaux. Dès l’enfance, il est formé à l’art de l’orfèvrerie dans l’atelier de son père; puis à peine sorti de l’adolescence, il voyage de Colmar à Gand et à Bruges pour recueillir la leçon des « primitifs » flamands … Mais lorsqu’il change de cap, lorsqu’il franchit les Alpes, lorsqu’il arrive à Venise, c’est la révélation. Il découvre la lumière et la couleur. Il s’enthousiasme pour Carpaccio, Mantegna, Bellini. Il prend conscience, aussi, du statut privilégié du peintre dans cette société qui n’appartient plus au Moyen Age mais déjà à la Renaissance. A Nuremberg il est un artisan, à Venise un artiste. Ainsi écrit-il à son ami, le très distingué Pickheimer : « Lorsque Dieu m’aura donné de rentrer chez moi, oserez-vous parler, dans la rue, à un autre pauvre peintre ? Ici, à Venise, je suis un seigneur, là-bas, à Nuremberg, un parasite. »

Dürer surmonte ce malaise. Son génie le hisse au-dessus de sa condition première. De même que la protection du prince électeur de Saxe, Frédéric le Sage, puis celle de l’empereur Maximilien Ier. Sa célébrité se répand dans l’Europe entière grâce à ses gravures qui d’ailleurs représentent un gagne-pain non négligeable, car les princes et les bourgeois allemands ne paient que chichement les gages de celui qui reste à leurs yeux un « travailleur manuel  »! Les intellectuels, en revanche, accueillent à bras ouvert cet homme de bonne compagnie, cultivé, curieux de toutes les découvertes du temps, les lois de la perspective, les curiosités de la nature, la technique des fortifications, l’étude de l’anatomie, les secrets des proportions… On compte aussi parmi ses amis ou correspondants le mathématicien Kratzer, astronome d’Henri VIII; le savant Benhaïm qui construit, à Nuremberg, le premier globe terrestre, mais aussi le philosophe et théologien Melanchthon, disciple et défenseur de Luther. Car Dürer se passionne pour l’enseignement du Réformateur. En 1521, il écrit : « Si avec l’aide de Dieu je rencontre le Dr Martin Luther, je veux m’appliquer à faire son portrait et le graver dans le cuivre pour que se conserve longtemps le souvenir de l’homme chrétien qui m’a aidé à me délivrer de mes grandes angoisses.  »

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Les angoisses de Dürer sont multiples et atteignent leur paroxysme en 1525. A cette époque, il s’inquiète pour sa santé, redoute un affaiblissement de sa vue, un amoindrissement de « la liberté de sa main  » et peut-être les atteintes sournoises de la syphilis. Par ailleurs, il connaît des difficultés matérielles. Il perd son mécène, Frédéric le Sage, qui meurt cette année-là. Et il n’est pas assuré de la protection de Charles Quint, lequel s’occupe plus de politique que d’art après la capture, à Pavie, de son ennemi François Ier. Le peintre est obligé, assure-t-il, de payer d’un dessin l’achat d’un « cent d’huîtres » et d’envoyer son épouse, Agnès, vendre ses gravures au marché de Francfort. On note, d’ailleurs, que celles-ci non seulement arrondissent sa bourse mais, beaucoup plus que les tableaux cachés dans les demeures royales, diffusent son œuvre à travers l’Europe !

Cependant,  Dürer est surtout épouvanté par l’évolution de la Réforme. Convaincu, certes, de la nécessité de rénover le christianisme et surtout l’Eglise, il ne se sent pas le moins du monde « hérétique ». Or, voici que le pape excommunie Luther. Ce dernier a été caché, un temps, au château de la Wartburg par le même Frédéric le Sage qui (le monde est petit) était aussi le protecteur du peintre. Mais, durant la retraite forcée du Réformateur, les choses sont allées de mal en pis. D’innombrables déviations et récupérations des idées de Luther sont apparues. Partout se lèvent de faux prophètes, orateurs fanatiques ou moines défroqués. Partout s’allument des bûchers où l’on jette pêle-mêle les sorcières et les livres tandis que, pillant les églises, les iconoclastes brisent les statues et lacèrent les tableaux. Les astrologues prédisent les pires catastrophes pour l’année du Poisson, et le mathématicien Jean Stoffler, professeur à l’université de Tübingen, annonce un nouveau déluge. La violence se répand comme une traînée de poudre. Elle gagne les campagnes. Les paysans confondent liberté spirituelle et liberté matérielle. Ils se rebellent contre les seigneurs. Refusent de payer la dîme. Exigent l’abolition du servage. Réclament des terres. La révolte atteint son point culminant, précisément, en 1525. Les gueux, les pauvres, les « rustauds » qui se parent du titre de « soldats du Christ » quittent les campagnes pour partir à l’assaut des villes. L’Empire est tout près de sombrer dans le chaos.  C’est alors que Luther intervient. En avril, il prêche le devoir d’obéissance. En mai, les princes noient la révolutions dans un bain de sang et font exécuter les meneurs.

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Le rêve de Dürer est daté de juin 1525: le mois du déluge dans une année de tous les dangers … Point n’est besoin de faire appel aux lumières de la psychanalyse pour comprendre que le phénomène atmosphérique est un symbole de cataclysme qui s’abat sur le pays. L’émotion est si forte que Dürer aurait certainement, au réveil, raconté son songe à son entourage, avec les mots adéquats, ceux qu’il trace au-dessous de son aquarelle. Mais, parce qu’il est peintre, sa réaction naturelle est d’utiliser les lignes et les couleurs, son véritable moyen d’expression. En guise de témoignage. Ou d’exorcisme.

« Une sorte d’auto-analyse par l’image », dirait aujourd’hui un psychanalyste. En tout cas, le résultat est remarquable. Dürer produit alors, en réponse à l’absurde fureur du siècle, ses ultimes chefs-d’oeuvre. En réponse à  Luther qui condamne le culte des saints, mais en accord avec ce même Luther, traducteur de la Bible, il choisit les quatre Apôtres. Il montre Jean avec ses rondeurs d’enfance, Marc dans son énergique maturité, Paul grave et solennel, Pierre courbé sous les ans mais apaisé dans sa foi. On a voulu voir en ces mystérieux personnages les « quatre âges de la vie » ou les « quatre tempéraments ». On est en droit de penser qu’ils sont moins anecdotiques qu’ils ne le paraissent et y voir une sorte d’autobiographie. « Lorsque j’étais jeune, écrit Dürer, je gravais des œuvres variées et nouvelles. Maintenant, je commence à considérer la nature dans sa pureté originelle et à comprendre que l’expression suprême de l’art est dans la simplicité. »

C’est exactement ce qu’expriment Les Quatre Apôtres. De même que la petite aquarelle faisait confidence d’un rêve et d’une angoisse; de même ces ultimes chefs-d’oeuvre font, au-delà des mots, avec le langage des formes, office de testament spirituel. Dürer meurt deux ans plus tard. En 1528.

« Les grands rêves de l’histoire. »   Hélène Renard & Isabelle Garnier. Michel Lafon, 2002.

Le château magique de Rochemaure

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photo: Gérard Métron
photo: Gérard Métron

Juché sur les flancs d’un rocher basaltique, le château de Rochemaure dresse ses ruines impressionnantes au-dessus de la plaine rhodanienne. A quelques mètres de ce site majestueux se trouve une chapelle funéraire qui abrite les tombeaux des Adhémar de Monteil, les anciens châtelains.

Aujourd’hui en ruine, elle reste néanmoins célèbre pour son énigmatique carré de lettres gravé sur les parois de son abside. Lisible aussi bien de haut en bas que de bas en haut, de gauche à droite que de droite à gauche; il serait apparu aux débuts de l’époque chrétienne. Ceux qui essaient d’interpréter sa fonction et son sens n’ont pas manqué de rechercher les autres lieux et supports où il s’est trouvé inscrit en l’espace de dix siècles: des manuscrits grecs, une stèle conservée au musée du Caire, des talismans arabes et éthiopiens, des églises, des couvents et des châteaux. En France, ces lieux sont au nombre de quatre: Loches, Chinon, Tarnac et Rochemaure.

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Quels mystérieux émissaires ont donc véhiculé ce message d’un continent à l’autre ? A-t-il été un signe de reconnaissance pour les premiers chrétiens ? Constituait-il une stimulante invitation à la spéculation intellectuelle ? Quel est son sens exact ? Il ne signifie en effet rien en hébreu ou en grec, bien qu’il ait souvent été transcrit dans cette langue; en latin, il ne livre que des phrases énigmatiques : « Le semeur relève de sa charrue, les travaux des roues. »

« A la découverte de la France mystérieuse. » Sélection du Reader’s Digest

Une offrande insolite …

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visiteur

Ce fut un jour peu ordinaire pour le Laboratoire des produits alimentaires et pharmaceutiques du ministère de la Santé, de l’Education et des Loisirs aux Etats-Unis, quand le service de l’Aéronautique demanda qu’il fût procédé à une analyse* d’un morceau de gâteau qui avait été confectionné à bord d’une soucoupe volante ! L’être humain qui s’était procuré le gâteau se nommait Joe Simonton, un fermier de soixante ans qui vivait seul dans une petite maison aux environs de Eagle River, dans le Wisconsin. On lui avait donné trois petits gâteaux, il en avait mangé un et avait pensé que « ça avait un goût de carton ».

Il était aux environs de 11 heures du matin, le 18 avril 1961, quand l’attention de Joe Simonton fut attirée par un bruit curieux comme celui « de pneus cloutés sur un pavé mouillé ». Il alla dans sa cour et vit un objet argenté, en forme de soucoupe, « plus brillant que du chrome », qui planait presque au ras du sol, sans pour cela le toucher. L’objet mesurait environ douze pieds de haut et trente de diamètre. Une écoutille s’ouvrait à peu près à cinq pieds du sol, et Simonton aperçut trois hommes dans l’engin. L’un d’eux portait un complet noir de deux pièces. Les occupants devaient mesurer environ cinq pieds. Rasés de près, « ils ressemblaient à des Italiens ». Leurs cheveux étaient noirs, leur peau basanée, leur chemise était rehaussée d’un col couleur tourterelle et leur casque n’était autre qu’un bonnet de laine tricotée.

Un des hommes souleva un pot fait apparemment de même métal que la soucoupe. Son geste semblait signifier à Joe Simonton qu’il avait sans doute besoin d’eau.  Simonton prit le pot, rentra dans la maison et le remplit. A son retour, il vit que l’un des hommes, à l’intérieur de la soucoupe, était en train de « faire cuire de la nourriture sur une sorte de gril sans flamme apparente »: l’intérieur de l’engin était noir « comme du fer brut ». Simonton qui apercevait plusieurs panneaux destinés à des instruments, entendit un son long et plaintif, semblable au bourdonnement d’un générateur. Quand il fit un geste indiquant qu’il était intéressé par la nourriture qu’on préparait, un des hommes qui était aussi habillé en noir mais dont les jambes du pantalon étaient garnies d’un galon rouge et étroit, lui tendit trois petits gâteaux d’environ trois pouces de diamètre et qui étaient percés de petits trous.

Joe-Simonton
Joe Simonton

Toute cette affaire avait duré à peu près cinq minutes. Finalement, l’homme qui était le plus proche du témoin attacha une sorte de ceinture à un crochet de son vêtement et ferma l’écoutille d’une telle manière que Simonton put à peine en deviner la forme. Puis, l’objet s’éleva à environ vingt pieds du sol avant de mettre directement cap au Sud, provoquant un tel coup de vent que les sapins à proximité s’en courbèrent. Le témoin se rappelle que sur le bord de la soucoupe se trouvaient des tuyaux d’échappement de six ou sept pouces de diamètre. L’écoutille mesurait environ six pieds de haut et trente de large, et bien qu’il ait toujours nommé l’objet: « soucoupe », celui-ci avait la forme de deux bols inversés.

Quand les deux délégués envoyés par le shérif Schroeder qui connaissait Simonton depuis quatorze ans, arrivèrent sur les lieux, ils ne purent découvrir aucune preuve significative. Le shérif affirma qu’évidemment le témoin croyait dire la vérité et qu’il parla de l’incident d’une façon très sensée.


Parlant au nom de l’Aéronautique américaine (U.S. Air Force), le Dr J. Allen Hynek qui mena l’enquête de cette affaire aux côtés du major Robert Friend et d’un officier de la base d’aviation de Sawyer, déclara: « On ne peut douter que M. Simonton ait eu le sentiment que l’expérience dont il a été l’objet ait été réelle. »
* Analyse du morceau de gâteau : Le gâteau était un amalgame de gras hydrogéné, d’amidon, de coques de sarrasin, de coques de soja et de son. Les graphiques de recherches de bactéries et de radiations ont été normaux pour cette matière. On procéda à des tests chimiques infrarouges et à d’autres essais de caractère destructif sur cette même matière. Le Laboratoire des produits alimentaires et pharmaceutiques du ministère de la Santé, de l’Education et des Loisirs en conclut que la matière provenait d’un gâteau ordinaire d’origine terrestre.
« Chroniques des apparitions extra-terrestres. »  Jacques Vallée, 1972.

Richard Coeur de Lion n’était pas sans reproche

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Fichier: Richard-Coeur-de-Lion-sur-son-chemin-à-Jerusalem.JPG

Richard, surnommé Cœur de Lion dès l’âge de vingt ans, roi d’Angleterre de 1189 à 1199, est très populaire de son vivant. Les troubadours de son temps célèbrent sa bravoure extrême et ses hauts faits d’armes, sa piété et sa magnanimité.

Désigné comme le « roi des rois terrestres », ce preux, fastueux et lettré, poète à ses heures, incarne à la perfection l’idéal chevaleresque du XIIe siècle. Seulement voilà : la légende dorée passe sous silence certains traits peu flatteurs de sa personnalité, bien loin de l’image du roi superbe et généreux. Colérique et impétueux, de nature versatile et violente, le bouillant Richard est loin d’être irréprochable.

Troisième fils d’Henri II Plantagenêt et d’Aliénor d’Aquitaine, Richard, né en 1157 à Oxford, grandit à Poitiers et à Limoges, capitale du duché d’Aquitaine. Séparée d’Henri II en 1168, la reine y tient sa cour. En 1173, sur son conseil, ses fils Henri le Jeune, Geoffroy et Richard, soutenus par le roi de France Louis VII, se révoltent contre leur père, impatients de prendre leur part de l’héritage des Plantagenêts, un véritable Etat couvrant l’ouest et le sud-ouest de la France actuelle.

Un an plus tard, obligés de se soumettre, ils obtiennent son pardon. Première manifestation de son caractère changeant, Richard décide alors de prendre le parti de son père et devient son allié contre les barons aquitains qu’il a lui-même contribué à soulever. Cette attitude lui vaudra d’être surnommé « oc e no » (oui et non), par le poète Bertran de Born. Moins de dix ans plus tard, la discorde renaît entre Henri II et ses fils. Des routiers, des mercenaires engagés par les deux camps, sèment l’épouvante dans les campagnes. Au printemps 1183, Richard en fait arrêter plusieurs centaines. Sur son ordre, quatre-vingts d’entre eux ont les yeux crevés pour l’exemple. Ceux-là ont de la chance. Les autres auront la tête tranchée ou seront noyés.

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La mort de ses frères aînés fait de Richard l’héritier de la couronne d’Angleterre. Mais Henri II hésite. Un nouveau conflit éclate entre le père et le fils. Cette fois, Richard est soutenu par le roi de France, Philippe Auguste, auquel il a prêté allégeance pour l’ensemble de ses domaines continentaux. Roi d’Angleterre et duc de Normandie à la mort de son père en 1189, Richard s’engage aux côtés de son suzerain dans la troisième croisade. Tous deux prennent la ville de Saint-Jean-D’acre.

Le roi de France rentre en Europe le premier. L’irascible Richard est laissé à ses démons. Saladin voudrait racheter sa garnison d’Acre, restée prisonnière des Francs, mais les tractations s’éternisent. Le roi d’Angleterre croit-il à une ruse ? Le 20 août 1191, après avoir rassemblé trois mille prisonniers musulmans devant Acre, il donne l’ordre d’égorger « toute cette chiennaille ». Richard le stratège et l’homme de guerre courageux mérite son surnom de Cœur de Lion, mais sa réputation d’homme cruel et impitoyable, soumis à des accès de violence incontrôlable, attestée par les chroniqueurs de l’époque, sera ensuite occultée par l’aura intouchable du roi croisé.

Véronique Dumas
« 150 idées reçues sur l’histoire. » / Historia.

Saint-Jean-du-Doigt

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Saint-Jean-du-Doigt
Photo: Moreau.henri

La paroisse doit ce nom insolite et sa célébrité à une phalange d’index, conservée dans le trésor de l’église depuis 1437, et qu’on dit être de Saint Jean-Baptiste lui-même. Cet osselet voisine avec le crâne de saint Mériadec et une relique de saint Modez.

Le doigt de saint-Jean-Baptiste

Le doigt sacré guérit les maux des yeux. Comme son imposition n’est pas chose courante, les malades se contentent le plus souvent de se laver le visage à la fontaine, appelée prosaïquement la Pompe, et formée de vasques superposées; elle est ornée de personnages: le Père Eternel, le Christ, saint-Jean-Baptiste et de petits anges par la bouche desquels l’eau s’échappe. Pour la rendre efficace, le clergé y plonge la phalange plusieurs fois par an. Ainsi est obtenue la miraculeuse Eau du Doigt, aux propriétés thérapeutiques célèbres dans toute la région.

Le pardon à lieu les 23 et 24 juin. Autrefois, le soir du 23, à l’issue de la procession des reliques, un mécanisme faisait descendre du clocher un ange muni d’une torche enflammée, avec laquelle il embrasait les fagots du traditionnel feu de joie du solstice d’été; un usage du même genre s’est transmis dans le Morbihan, à Pluvigner, et à la chapelle Saint-Nicodème en Pluméliau.

Le pied de la reine

Alors qu’elle se trouvait à Morlaix, la duchesse Anne commença à souffrir d’une infection périoculaire. Elle demanda qu’on lui fit apporter le doigt miraculeux. Mais le bon saint Jean estima sans doute que c’était à la reine de se déplacer. A peine le brancard du reliquaire eut-il franchi la porte monumentale de l’enclos paroissial qu’il chut des épaules des porteurs et se brisa: la relique avait disparu. On la retrouva en fin de compte dans l’armoire où elle était habituellement rangée : elle y était revenue toute seule !

Avisée du prodige, la reine consentit à se déplacer en personne à Saint-Jean-du-Doigt. Elle monta en voiture, mais arrivée à Lann Festour, à peu près en face du château de Traon Feunteuniou, elle décida de continuer la route à pied. La roche où elle posa son pied lorsqu’elle descendit de voiture en garda l’empreinte. On peut encore la voir sur l’une des marches qui supportent une croix de pierre, Kroaz ar rouanez, la « croix de la Reine » (à 6 km environ de Morlaix, dans la direction de Saint-Jean, sur le côté gauche de la route).

« Guide de la Bretagne mystérieuse. » Pocket, 1976.