Chez les Suisses

Publié le Mis à jour le

Le thermomètre du pourboire.

bagagisteUn chroniqueur signale ce qui suit aux touristes et aux voyageurs de profession :

Quand vous quittez un hôtel, un employé colle sur votre malle une étiquette de la maison. Remarquez bien où il la met. Si c’est sur le dessus de la malle, cela veut dire que vous avez donné un pourboire de prince; sur le côté, en haut, pourboire convenable; en bas, pourboire de pingre.

Quand vous débarquez dans un autre hôtel, les employés regardent tout de suite où sont vos étiquettes et sont fixés sur votre degré de générosité. 

C’est assez ingénieux. Il n’y a plus qu’à exiger le collage de l’étiquette sur le dessus de la malle pour être servi comme un prince.

Les habitants du fromage

5996e4a99c43bb35d25d73a5M. Adametz fit un jour des recherches sur les animalcules qui habitent le fromage. Il a trouvé les résultats suivants :

Population du fromage frais : on y trouve, pour chaque gramme, 90 000 à 140 000 microbes. Avec le temps, ce nombre augmente. Un fromage de septante-un jours renferme 800 000 bactéries par gramme.

Population du fromage mou, beaucoup plus dense que le précédent, fromage de 25 jours : 1,200,000 par gramme. Fromage de 45 jours : 2 000 000 de microbes par gramme. Mais la population d’un fromage n’y est pas partout distribuée de même, et ces chiffres s’appliquent aux régions du milieu. Le milieu est modérément habité, en proportion des bords. Population d’un gramme de fromage mou pris près des bords : 3 600 000 à 5 600 000 microbes.

D’après la moyenne de ces deux nombres, il y a autant d’êtres vivants dans 360 grammes d’un tel fromage, que d’hommes sur la terre.

La vraie solution

ecoliersLe public bernois s’est occupé, ces derniers temps, de la question de savoir s’il est hygiénique de supprimer les serviettes dont se servent certains écoliers pour transporter leurs livres d’école.

Les élèves des écoles primaires ont toujours le bon vieux sac d’école se fixant au dos par deux courroies. Mais on a constaté que ceux des écoles moyennes préféraient, pour le « chic », la serviette prétentieuse des professeurs et des avocats. Cette découverte a amené un médecin a déclarer que la serviette est nuisible parce qu’elle se porte de côté et que le poids des livres imprime au corps une inclinaison du plus fâcheux effet.

Tout aussitôt, pères et mères de famille, pédagogues et hygiénistes de condamner la serviette et de prôner l’usage du sac à courroies dorsales. On prodiguait les conseils sans compter et sans trop s’entendre. En fin de compte, un instituteur avisé a demandé l’avis des intéressés, c’est-à-dire des élèves. Ceux-ci, unanimes, se sont prononcés pour le maintien de la serviette… mais pour la suppression des livres.

Personne n’avait songé à cette solution si simple !

La poste moralisatrice

poste_suisseQuelle belle invention que la poste ! Et elle n’a pas encore donné toute sa mesure. II n’est pas de jour où on ne lui découvre quelque nouveau mérite, où l’humanité ne contracte envers elle quelque nouvelle dette de reconnaissance. Il existe, paraît-il, — où ? nous l’ignorons — un buraliste postal des plus vertueux, qui lit toutes les lettres suspectes. Si elles lui paraissent de nature à jeter le trouble dans une existence, il les déchire.

Une jolie demoiselle reçoit-elle une déclaration incendiaire d’un godelureau, immédiatement la lettre est jetée dans la cheminée, non pour activer le feu, mais pour ne point jeter le désordre dans l’âme de la belle.

Les mandats-poste eux-mêmes sont l’objet des attentions de ce Socrate postal. Si un mari adresse une faible somme à une cocodette, notre receveur glisse le mandat sous une autre enveloppe et fait une bonne œuvre.

Et le secret postal dites-vous ?

Mais, brave ami, qu’est-ce que le secret postal en regard de la vertu !

« Le conteur vaudois : journal de la Suisse romande. » n° 46, 1908.

Publicités

En voiture

Publié le Mis à jour le

Pour éprouver les conducteurs

interieur_autoLes Allemands ont trouvé un moyen d’examiner les conducteurs d’autos, sans le moindre risque.

Le candidat se place au volant d’une automobile sans roues, dans une pièce close. Devant lui, sur un écran, défile une rue très congestionnée. Le conducteur doit éviter toutes les embûches et les voitures lancées dans tous les sens. Chacune de ses fautes est enregistrée automatiquement, au moyen d’une machine électrique.

« L’Aventure. » Paris, 25 août 1927. »
Illustration : montage perso.

Pour les excès de vitesse

talbot_autoUn ingénieur allemand, Samuel Shouwitz, prétend que c’est une folie pour les automobilistes d’avoir des signaux à l’arrière, s’ils n’en ont pas aussi à l’avant.

Selon lui, toutes les voitures devraient avoir un feu à l’avant qui changerait de couleur suivant la vitesse. Au-dessus de la vitesse permise par les règlements, le feu serait rouge et la police pourrait aisément sévir.

« L’Aventure. » Paris, 25 août 1927. »

Appréhension

Publié le Mis à jour le

prisonUn employé de police du nom de Schemmer publia en 1852 à Querfurt un livre assez mal écrit sous le titre de Observations psychologiques ou secrets de la nature.

A la page 59 se trouve la remarque suivante : Les personnes qui attendent avec terreur le moment où elle seront conduites en prison, annoncent leur arrivée d’avance, soit en ouvrant les portes la nuit, soit en entrant dans les cellules ou en frappant des coups aux portes.

Dans une cellule vide, où devait être enfermé le lendemain un meurtrier qu’on avait déjà arrêté et enchaîné, on entendit des gémissements et un bruit de chaînes. Tous les prisonniers, Schlemmer ainsi que le factionnaire en furent témoins.

« L’Avenir. » Paris, 4 mai 1865.

 Un curé original à la Bernardière

Publié le

bernardiereLes archives paroissiales de la Bernardière nous apprennent que cette paroisse fut administrée, de 1693 à 1728, par un certain Guillaume Le Cerf, curé pour le moins original, au sujet duquel je pique ces curieux renseignements dans les Chroniques de l’abbé Aillery :

On raconte de ce bon curé qu’un jour il alla au-devant de son évêque avec ses paroissiens qui, sur son ordre, s’étaient tous munis d’un brin d’herbe, qu’ils portaient à la bouche. Arrivé auprès de Sa Grandeur, il l’aborda en ces termes :

« Monseigneur, voyez quel peuple vous m’avez confié, ils mangent tous de l’herbe. »

Le prélat, ajoute la tradition, ne trouva pas la plaisanterie de bon aloi et punit sévèrement l’original recteur. Peut-être le châtiment consista-t-il dans un exil de quelques années. Ce qui porterait à le croire, c’est que M. Le Cerf disparut de sa paroisse en 1770 et n’y reparut qu’en 1709. Il mourut à la Bernardière, en 1728, à l’âge de 78 ans. 

« La Vendée historique. » Luçon, 5 décembre 1908.

Wagner au rabais

Publié le Mis à jour le

richard_wagner_filmL’audace cinématographique ne connaîtra bientôt plus de bornes : celui de tous les musiciens modernes qui fut peut-être le plus difficile touchant le choix de ses interprètes, va bientôt figurer sur des « films ». 

Dans quelques mois, exactement en février 1913, ses œuvres tomberont dans le domaine public. Voici beau temps que les Allemands redoutent cette éventualité. Déjà, une loi proposée, au Reichstag avait tenté d’en retarder l’échéance, en portant à 50 ans la durée des droits de propriété musicale et littéraire, au lieu de 30 ans qui est en Allemagne le chiffre actuellement fixé. Cette loi fut repoussée.

Désormais, une plus grande facilité dans l’interprétation de Parsifal, Siegfried, Lohengrin, et autres chefs-d’œuvre, servira peut-être, à les faire connaître davantage de la foule. Ceci ne sera pas un mal.

Mais, d’ici à servir des scènes de Wagner au rabais, sous forme de cinématographie, avec accompagnement de piano mécanique, il y a des limites. Ces limites vont être franchies par une grande maison de cinématographes italiens.

Qu’il sera loin le temps où Louis II, roi de Bavière, était le seul à écouter les œuvres du musicien à peine révélé !

« La Semaine politique et littéraire de Paris. » Paris, 17 novembre 1912.

Prestidigitateurs en colère

Publié le Mis à jour le

prestidigitateurHier à deux heures, a eu lieu au théâtre Robert-Houdin la réunion du syndicat des prestidigitateurs. On n’y a pas fait cuire des omelettes dans des chapeaux, malgré cela la séance n’a pas manqué d’un certain intérêt.

L’art de la prestidigitation y a été discuté à fond, et les membres ont décidé, à l’unanimité, que la prestidigitation se composant d’un certain nombre de secrets qui sont l’apanage de tous et non la propriété d’un seul, il devait être interdit de faire la moindre divulgation, sous peine de radiation. Cependant, il est permis à tout prestidigitateur de faire des élèves; mais, quel que soit le prix offert, il est défendu aux membres du syndicat de dévoiler en public, ainsi que dans les brochures ou journaux, tout secret, même insignifiant en apparence, touchant directement à l’art du prestidigitateur.CaptureComme on le devine, cet article constitue une protestation véhémente de la corporation contre les révélations d’un prestidigitateur connu, qui a été convoqué par ses confrères, mais qui n’a pas cru devoir se joindre à eux.

La question des secours à attribuer aux membres du syndicat, en cas de maladie, a été en outre traitée, puis la séance a été levée, et sur un coup de baguette magique tout le monde a disparu comme par enchantement. Quant aux statuts qui ont été adoptés définitivement, ils seront soumis prochainement aux autorités compétentes.

« Gil Blas. » Paris, 17 décembre 1892.8 (1)

Un ancêtre du phonographe

Publié le Mis à jour le

john_wilkinsOn trouve dans un ouvrage de l’évêque John Wilkins, l’un des fondateurs de la Société royale de Londres et physicien distingué, publié en 1648 sous le titre de Magie mathématique, les lignes suivantes :

« Walchius prétend qu’il est possible de conserver entièrement les sons vocaux, c’est-à-dire toute parole articulée par la voix, soit dans une caisse, soit dans un tube, et que ce tube ou cette caisse ouverts ensuite, les mots en sortiraient sûrement, dans l’ordre même où ils auraient été prononcés; — en quelque manière, comme on dit que, dans certaines contrées glaciales, les paroles proférées par les gens gèlent en sortant de leur bouche, et ne peuvent être entendues avant l’été prochain, sauf  l’éventualité d’un grand dégel. »

— Mais, conclut le savant prélat, cette conjecture peut se passer de réfutation.

« La Science illustrée. » Paris, Ier décembre 1887.