Une égratignure au visage …

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M. G.D. Boston, demeurant en ce moment à Saint-Louis, se trouvait dans son cabinet de travail, lorsqu’il vit le fantôme de sa soeur unique, morte depuis neuf ans.

C’était au milieu du jour, pendant qu’il écrivait; elle était auprès de lui avec une telle apparence de vie, qu’il crut que c’était réellement sa soeur et l’appela par son nom. M. Boston avait pu scruter chaque détail de son habillement et de sa figure, remarquer particulièrement une ligne ou égratignure d’un rouge brillant, sur le côté droit de la figure.

Cette vision l’avait impressionné à ce point qu’il prit le premier train pour aller chez son père et sa mère et leur dire ce qu’il avait vu. Son père fut tenté de tourner en ridicule sa croyance à quoi que ce soit de surnaturel, mais, en entendant mentionner l’égratignure, la mère faillit s’évanouir, et lui dit les larmes aux yeux : « C’est moi qui, après sa mort, ai fait par maladresse cette égratignure au visage, de ma très chère fille, égratignure que j’avais soigneusement cachée avec de la poudre; n’ayant confié ce détail à âme qui vive, personne ne pouvait le savoir. »

On ne peut attribuer à une simple hallucination la vision du fantôme par le frère de la décédée, précisément à cause de l’égratignure. Ce stigmate n’était connu que de la mère, et une phrase du rapport semble indiquer que l’on ne croyait guère dans la famille à une survie possible, puisque le père raille son fils lorsque celui-ci lui raconte qu’il a vu un fantôme. Il est donc impossible de supposer que la mère soit l’agent qui aurait, après neuf ans, produit involontairement et inconsciemment cette hallucination si réelle, si vivante et si caractéristique.

« Les Apparitions Matérialisées des Vivants et des Morts. » Tome 2 . Gabriel Delanne, 1911 .

L’Ankou de Ploumilliau

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L’Ankou, ouvrier de la mort chargé de faire la moisson des défunts, passe de préférence juste avant le lever du soleil. On voit ici l’Ankou de Ploumilliau muni de sa faux et de sa bêche pour ensevelir les cadavres.

L’église de Ploumilliau est le seul site de Bretagne qui abrite une statue en bois de l’Ankou. Sculptée au XVIIème siècle, faisant 1 m de hauteur, elle est impressionnante dans sa composition macabre et représente un squelette avec une bêche dans la main gauche et une faux dans la main droite : c’est la mort qui fauche les vivants et les enterre.

D’après les traditions bretonnes, cet être mystérieux est l’ouvrier de la mort, chargé de moissonner les défunts de village en village, de ville en ville, sans un jour de repos. Ceux qui l’ont vu oeuvrer le décrivent comme un homme très grand, squelettique, au visage cadavérique encadré de de longs cheveux blancs et ombragé d’un large chapeau. Vêtu d’un manteau noir, il serre dans la main droite une faux dont le tranchant est tourné vers l’extérieur pour pousser plus facilement les morts vers le royaume des ténèbres.

Empruntant de vieux chemins forestiers, l’Ankou voyage sur une charrette mal graissée dont l’essieu fait « wik ! wik ! » . Il ne voyage pas seul et se fait précéder par ses amis préférés, la peste et le choléra, annonçant toujours son arrivée par le croassement d’un corbeau ou le hululement d’une chouette. Il est, bien sûr, vivement déconseillé de monter dans la charrette nocturne de l’Ankou, sous peine de trépasser très vite. Mais attention, pour les Bretons, la mort n’est pas une fin et le dernier voyage dans la charrette de l’Ankou n’est qu’un passage vers un autre monde plus chaud et plein d’hydromel.

«A la découverte de la France Mystérieuse.» p.125, Sélection du Reader’s Digest

Jean Romier et l’étrange concert

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 Nous sommes à Paris le 2 juin 1925, il est 10 heures du matin. Un étudiant en médecine de 24 ans, Jean Romier, est assis sur un banc dans le jardin du Luxembourg quand un vieillard, vêtu d’ une vieille redingote, engage la conversation.

Les deux hommes viennent, par hasard, à s’entretenir de musique et le vieillard se révèle un passionné de Mozart. L’ étudiant lui explique que les places de concert sont chères quand le vieillard lui propose, après avoir sympathisé, de venir écouter chez lui le petit orchestre de musique de chambre qu’il a créé avec des amis et de la famille. Jean Romier accepte avec joie la proposition d’Alphonse Berruyer et ils se donnent rendez-vous le vendredi suivant rue de Vaugirard, au troisième étage gauche.

Quelques jours passent et Jean Romier sonne à l’adresse indiquée, Alphonse vient lui-même lui ouvrir. Il l’invite à entrer et le présente à toute la famille.

Voici mon petit fils André  qui se prépare à entrer à l’ Ecole Navale. Voici mon autre petit fils Marcel, qui fait son droit. Et mon neveu, qui va entrer dans les ordres.

Tout le monde se montre souriant et chaleureux, pourtant l’ étudiant éprouve une bien curieuse impression. L’ éclairage est au gaz, l’appartement vieillot et le style rococo. De plus la famille  Berruyer est habillée d’une façon étrangement démodée. Ces gens charmants lui semblent appartenir à une autre époque.

Le concert a lieu, ces amateurs jouent admirablement et Jean Romier se délecte en écoutant Mozart. Au bout d’ un moment, Jean s’aperçoit qu’il est minuit passé et il se retire. Il est à peine dans la rue qu’il veut allumer une cigarette et s’ aperçoit qu’il a oublié son briquet chez ses nouveaux amis. Aussitôt, il regrimpe les trois étages et sonne. Pas de réponse. Il sonne toujours sans plus de résultat et s’ étonne :

Il est impossible qu’ils soient déjà couchés !

Alarmé le voisin de palier, en pyjama, crie :

— Alors c’est bientôt fini ce boucan ? que faites-vous là ? Qui demandez-vous ?

Je sonne chez les Berruyer, répond Jean.

L’autre explose et lui rétorque que Monsieur Berruyer est mort depuis bientôt vingt ans et que cet appartement est vide. Le jeune homme surpris lui répond :

Mais c’est impossible, j’y ai passé la soirée !

Le voisin lui répète qu’ il n’y a personne et se met à hurler :

Au voleur, au voleur !!!

Quatuor-a-corde-dessin

Avec tout ce remue-ménage le concierge se réveille, accourt et demande des explications. Le locataire, qui a ameuté l’ immeuble, explique qu’il vient de mettre la main sur un cambrioleur et tout le monde se rend au commissariat. Là, Jean Romier affirme qu’il n’est pas un voyou, qu’il est étudiant en médecine et que son père est lui même médecin.

On appelle donc le docteur Romier qui s’étonne d’ apprendre que son fils se trouve dans un poste de Police :

Je sais qu’il devait aller entendre hier soir un concert d’ amateurs rue de Vaugirard et je ne comprends pas votre histoire d’ appartement vide. J’arrive de suite

En attendant, Jean raconte toute sa soirée au commissaire. Le concierge intervient et apprend au policier que le logis appartient aujourd’hui à l’arrière-arrière-petit-fils, monsieur Mauger et donne ses coordonnées téléphoniques. Le lendemain matin, le commissaire parvient à joindre monsieur Mauger, lui explique rapidement la situation et lui donne rendez-vous rue Vaugirard.

Une demi-heure après, tout le monde est là, réunis sur le palier, quand Jean Romier commence à décrire avec précision le mobilier ainsi que les bibelots et tableaux qui se trouvent derrière cette porte. Le propriétaire ouvre et l’ étudiant est saisi : cet endroit si vivant la veille est, ce matin, glacial, couvert de poussière et sent le moisi. Soudain, Jean aperçoit plusieurs portraits au mur et cite devant les témoins les noms des personnages représentés ainsi que la nature de leurs études. Monsieur Mauger pâlît, considère le jeune homme avec stupeur, et en effet, confirme que le futur élève de l’ école navale était mort amiral, que celui qui faisait son droit était devenu avocat et que le futur séminariste était mort missionnaire en Afrique. Puis il se met à trembler et se souvient maintenant que son grand père lui avait parlé de concerts organisés ici par son grand-père Alphonse Berruyer. Une émotion oppressante gagne tout le groupe quand Jean, figé, découvre son briquet déposé sur un guéridon couvert de poussière…

Archives de la préfecture de police ; “Histoires magiques de l’histoire de France de Guy Breton et Louis Pauwels

Les lutins de Rennes

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Un avocat de la ville de Rennes étant venu à mourir, sa maison fut hantée par des lutins qui en chassèrent les gens et y firent, pendant plusieurs nuits, un tapage épouvantable. Cependant on ne voyait rien; car, comme on sait, les lutins prennent plaisir à tourmenter leur monde, sans avoir la complaisance de se laisser voir, à moins qu’ils n’y soient forcés par un pouvoir surnaturel.

Au bout d’un mois, le bruit cessa enfin. La maison redevint paisible on se hâta de chercher à la vendre. Il se présenta quelques acheteurs; mais dès qu’on entrait en marché, le vacarme recommençait avec la nuit, et personne n’osait se décider à loger dans un repaire de revenants. La maison resta ainsi fort longtemps inhabitée, et on désespérait d’en tirer rien, lorsqu’il se présenta un vieil officier, qui ne croyait pas aux apparitions, et trouvait à cette maison des attraits, dans ce qui était pour les autres un objet de terreur. Comme on la lui cédait à bas prix, il ne marchanda pas longtemps, et, le marché conclu , il s’installa dans sa nouvelle habitation.

Le soir venu, il monta dans une grande salle, y fit un bon feu, et se décida à y attendre ses hôtes. Bientôt il entendit marcher autour de lui. Il ne vit rien, mais il sentit fort bien qu’on lui tirait l’oreille un peu cavalièrement. Il se leva tout en colère, et aperçut derrière lui un petit souper fort proprement servi. 

— Oh ! si c’est pour cela qu’on me fait lever, dit-il, il n’y a pas de mal, mais on pourrait agir un peu moins rudement. 

Tout en parlant ainsi, il s’approcha de la table, qui s’éloigna de lui. Il resta tout stupéfait de ce prodige, et courut après le joli souper, qui taisait le tour de la chambre, sans qu’il sût comment, s’arrêtant dès que l’officier s’arrêtait, et fuyant devant lui dès qu’il s’avançait. Après avoir poursuivi ainsi la table et les mets qu’elle portait, pendant une demi-heure, il envoya tout au diable, et s’assit tout essoufflé sur une chaise, jurant bien comme un vieux suisse.

Alors la table vint d’elle-même se placer entre ses jambes : les mets se découpèrent et descendirent sur son assiette; le vin se versa dans son verre, le tout par des mains invisibles.

— Allons, dit-il, il faut oublier le passé il parait que ces êtres-là aiment à se divertir, mais leur procédé me racommode avec eux. 

Et il prit un morceau qui lui semblait succulent et qu’il porta à sa bouche ; il en savourait la délicieuse odeur et se réjouissait d’avance à le manger, lorsqu’en touchant ses lèvres, le morceau s’envola et disparut vers le milieu de la chambre, s’engloutissant sans doute dans la bouche d’un de ces invisibles, qui se prit à rire à gorge déployée en avalant ce que notre homme croyait si bien tenir.

L’officier trouva le tour un peu fort et voulut ranimer son courage consterné , avec le vin qui avait l’air délicat. Hélas ! il n’eut pas non plus la consolation d’y toucher. Sitôt qu’il tint le verre entre ses dents, le vin en sortit avec beaucoup de subtilité, lui passant sous la moustache, sans entrer dans sa bouche. Il fit de nouveaux efforts sans pouvoir rien manger, ni rien boire de tout ce qui chargeait la table des lutins, ce qui le mit dans une fureur effroyable. Mais il fut obligé de se modérer, puisqu’il ne savait sur qui apaiser sa colère; et il se fit apporter à souper à ses frais.

Il se flattait alors de braver les esprits qui le tracassaient. Il comptait sans son hôte. Les mets qu’on lui apportait furent à peine entres dans la chambre, qu’ils s’échappèrent des mains qui les portaient et s’envolèrent on ne sait où, au grand étonnement du garçon qui prit la fuite, tout hors de lui, et sans demander son reste.

L’officier, désespéré, alla souper chez un de ses amis, à qui il conta son aventure. Celui-ci, qui avait des connaissances dans les sciences secrètes, lui donna la précieuse clavicule de Salomon et lui  et lui indiqua la prière qu’il devait dire pour purger sa maison. Le héros y retourna sur l’heure, ouvrit le livre, fit la conjuration indiquée, avec les cérémonies compétentes. Aussitôt il entendit un grand bruit semblable à un ouragan, et vit sortir de terre un être qu’il ne connaissait point, beau comme un astre et richement vêtu. 

Parle, lui dit l’esprit, me voici prêt à te servir , ainsi que toutes les intelligences  soumises au grand Salomon.

En ce cas, demanda l’officier, quels sont ces maudits lutins qui rendent  ma maison inhabitable ?

Vois, répondit l’esprit…

L’officier aperçut alors visiblement toute la chambre remplie de farfadets singulièrement bâtis, de taille courte et mal formée, vêtus d’habits de toutes couleurs. Ils sautaient et gambadaient de cent façons diverses et faisaient mille singeries assez divertissantes; mais on remarquait dans leurs yeux une certaine malignité capable de faire peur aux plus fins, de sorte que le maître de la maison pria l’esprit bienfaisant de les renvoyer pour toujours.

Ils sont venus ici, répondit l’esprit, de la part des âmes que l’avocat défunt, à qui appartenait cette maison, a su tromper pendant sa vie. Nulle force humaine n’était capable de les dissiper; mais ils ne résisteront pas à la puissance que le Dieu vivant m’a donné sur eux. 

En parlant ainsi, l’esprit souffla sur les lutins, qui s’évanouirent comme un songe. L’officier le congédia en le remerciant humblement, et depuis sa maison fut tranquille.

« Les contes noirs, ou les frayeurs populaires. »  Jacques Auguste Simon Collin De Plancy. Paris, 1818

Le premier vol en Montgolfière

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19 septembre 1783, premier vol aérostatique de l’Histoire. L’expérience conduite par les frères Montgolfier en 1783 va permettre enfin à l’Homme de réaliser son rêve : voler !

Le 19 septembre 1783 est une date clé de l’histoire de l’humanité. Depuis Léonard de Vinci au XVe siècle, l’homme veut s’élever dans les airs. Le siècle des Lumières va enfin y parvenir. Joseph-Michel et Jacques-Etienne Montgolfier, d’origine ardéchoise, ont entamé en 1782 une série d’expériences autour d’une pièce de tissu gonflée par un feu de laine et de paille mouillée. Une démonstration les fait remarquer de l’Académie royale des sciences qui les appelle à renouveler leur expérience à Paris.

Jacques-Etienne se livre en 1783 à un premier essai captif concluant, qu’il réitère une seconde fois, sept jours avant la démonstration devant le Roi à Versailles. Le ballon s’étant déchiré, il doit le reconfectionner rapidement. De toile de coton encollée de papier sur les deux faces, le ballon mesure 18,47 m de haut sur 13,28 de large et pèse 400 kg. Il se nomme Le Réveillon, du nom de son ami Jean-Baptiste Reveillon, directeur de la Manufacture royale de papiers peints. Celui-ci a réalisé un décor à fond bleu azur aux chiffres du Roi – deux L entrelacés – reliés par divers ornements, le tout doré.

mongolfièreLes frères Montgolfier

La démonstration a lieu devant Louis XVI et la famille royale, dans l’avant-cour du Château, noire de monde. Des animaux, par précaution, ont été retenus pour le vol. Annoncés par un coup de canon, un mouton, un canard et un coq embarquent à 13h dans le panier rond en osier, accroché au ballon par une corde. Onze minutes plus tard, un second coup retentit, annonçant que le panier est prêt à partir. Le ballon s’élève, à la stupéfaction et sous les acclamations du public. Il monte à 500 mètres. Endommagé par une déchirure, il descend lentement huit minutes plus tard, après avoir parcouru 3,5 km. Il atterrit dans le bois de Vaucresson, au carrefour Maréchal.

Les animaux sont recueillis par Pilâtre de Rozier, physicien et futur aéronaute. Ils sont vivants. L’expérience est un succès. La porte du premier vol humain est ouverte. En guise de récompense, les animaux, véritables héros des airs, sont recueillis par Louis XVI à la Ménagerie de Versailles. L’expérience est renouvelée, avec des hommes cette fois, devant le Dauphin au château de La Muette, le 21 novembre. Pilâtre de Rozier devient le premier homme d’un vol habité. Une page de l’histoire de l’humanité est tournée.

La ferme aux épingles

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On l’appelait la ferme aux épingles parce qu’on en trouvait par centaines dans ses pièces, des lits jusqu’à l’étable. Elles apparaissaient mystérieusement jusque dans la panse des animaux qui en mouraient un par un. Même les chiots y passaient. Et ce ne sont pas les seuls incidents relevés pendant plus de dix ans. Il y eut encore plus glaçant…

En 1974, trois générations vivent dans cette ferme perdue au fin fond du Forez : grands-parents, parents et deux garçons en bas âge. Le sol est en terre battue, l’étable jouxte la cuisine. Le soir, on prie à genoux devant les cierges disposés dans l’habitation. L’endroit est propice aux vieilles croyances.

Cette même année, on découvre les premiers tas épingles, gros comme des boules de billard. Mais l’angoisse monte réellement d’un cran lorsque Jeanine, la mère, est dérangée dans son sommeil par la chute d’une pierre de 30 kg sur son lit ! Un projectile qui semble catapulté depuis l’au-delà, à en croire l’agricultrice. D’autres suivront.

Un jour, c’est le linge qui s’envole, un soir, ce sont les volets qui claquent alors qu’il n’y a pas le moindre souffle de vent. Et dans la nuit, on entend parfois comme un homme qui se racle la gorge. « C’est le Diable ! », croit Jeanine.

L’affaire commence à faire du bruit, les gendarmes enquêtent. Ils soupçonnent d’abord un commis congédié par la famille. Fausse piste. Les investigations s’orientent ensuite vers des voisins, avec pour mobile un antique conflit de propriété. Fausse piste encore.

Des médiums s’en mêlent et montrent l’étendue de leur pouvoir en faisant disparaître… les économies familiales. Parfois, leurs témoignages ajoutent au mystère : l’un d’eux affirme avoir été giflé dans l’obscurité ! On raconte aussi qu’un prêtre serait mort dans un accident de voiture en revenant de la ferme…

Les journalistes embraient et FR3 pose sa caméra dans l’exploitation lugubre. Mais toujours pas de clé de l’énigme.

Il faut attendre le milieu des années 80, une fois le bétail décimé et la ferme dans un triste état pour que la malédiction s’arrête.

Une malédiction… ou une machination ? Comme souvent, les apparences sont trompeuses.

Des aiguilles ? N’importe qui pouvait en ramasser par centaines, à l’époque, dans une usine désaffectée près d’Ambert. Des pierres ? Il y avait une carrière près de la ferme. La famille ? Elle semblait beaucoup moins unie qu’elle ne le paraissait, minée par de vieilles jalousies. La crédulité des agriculteurs ? Quand FR3 avait tourné une émission sur les lieux, les deux femmes avaient su s’entourer d’avocats qui veillaient au grain.

Pour de nombreux témoins de l’affaire, le diable habitait bien la maison mais il n’avait rien de surnaturel. Le psychiatre Jean-Pierre Winter, qui s’était rendu sur place à l’époque, estime ainsi que « là où il y a de la magie se cache souvent un prestidigitateur ».

Lequel ou laquelle était-ce ? L’enquête ne l’a jamais identifié.

Thibaut Solano

http://www.lamontagne.fr

Les enfants et la « belle dame »

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Deux des jeunes enfants d’un petit fermier avaient été laissés à leurs jeux pendant que leurs parents et tout leur personnel étaient à moissonner. Ils partirent, pour se promener dans les bois, s’éloignèrent considérablement de la maison, puis trouvèrent moyen de se perdre.

Les parents, en rentrant, fatigués, à la tombée de la nuit, s’aperçurent de l’absence des enfants et, après avoir été aux renseignements dans quelques maisons voisines, le père envoya à leur recherche, dans différentes directions, des domestiques et des ouvriers.

Leurs efforts, cependant, furent inutiles. Personne ne répondit à leurs appels. Ils venaient de se retrouver à la ferme, assez découragés, quand tous virent une lumière étrange qui traversait lentement, à quelque distance de là, des champs touchant à la route, C’était, selon eux, une masse sphérique considérable, d’une lueur chaude et dorée, ne ressemblant en rien a la lumière d’une lampe ordinaire, Elle se rapprocha, et l’on aperçut les deux enfants absents, marchant d’un pas soutenu au milieu d’elle. Le père et quelques autres personnes se mirent immédiatement à courir vers la lumière. L’apparence persista jusqu’à ce qu’ils l’atteignissent, mais, au moment où ils mirent la main sur les enfants, elle s’évanouit, les laissant dans l’obscurité.

Les enfants racontèrent qu’à nuit close ils avaient erré, en pleurant, dans les bois et qu’ils avaient fini par se coucher, pour dormir, sous un arbre. Ils furent réveillés, dirent-ils, par une belle dame tenant une lampe, qui les prit par la main et les ramena chez eux. Quand ils la questionnaient, elle souriait, mais sans jamais prononcer un seul mot. Tous deux persistèrent dans cet étrange récit, sans qu’il fût possible d’ébranler leur foi dans ce qu’ils avaient vu. Un point est à remarquer, cependant. Tous les assistants virent la lumière et constatèrent qu’elle éclairait les arbres et les haies sur lesquels elle tombait, absolument comme l’aurait fait une lumière ordinaire, mais la forme d’une dame ne fut visible que pour les enfants.

« Les aides invisibles. »  C.W. Leadbeater, 1902.