Voitures à compteur

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Odomètre de Léonard de Vinci
Odomètre de Léonard de Vinci

Il est fort question, depuis quelques aimées, d’adapter des compteurs à nos petites voitures, et plusieurs systèmes ont même été mis à l’épreuve.

Si ces systèmes sont neufs, l’idée des voitures à compteur est-elle également neuve ? Il s’en faut. Un ouvrage chinois, dont le savant Klaproth a traduit différents passages, donne de curieux détails sur le mécanisme d’un char construit en 1027 par Lou-Tao-Loune, un des grands officiers de l’Empire, et qui indiquait le trajet accompli.

Ce char avait deux étages superposés, sur chacun desquels se tenait un homme de bois avec un maillet à la main. Quand le char avait fait un li (mesure itinéraire chinoise répondant à 576 mètres), l’homme de bois du premier étage frappait un coup sur un tambour, et une roue placée à moitié de sa hauteur exécutait un tour. Au bout de dix tours de roue, ou autrement de dix lis, c’était au bonhomme de l’étage supérieur à frapper sur une clochette.

A une époque encore plus reculée, nous voyons figurer dans le mobilier de l’empereur Commode, des voitures à compteur. Sans doute étaient-elles construites sur le modèle indiqué par Vitruve dans le chapitre du Xème livre de son Architecture intitulé : » Par quel moyen on peut savoir, en allant en voiture ou en bateau, combien on a fait de chemin. « 

« Passons maintenant, dit l’auteur, à une invention qui peut être de quelque utilité, et qui est une des choses les plus ingénieuses que nous tenions des anciens. »

Ainsi pour Vitruve, qui vivait clans le premier siècle avant notre ère, l’invention des voitures à compteur était déjà chose ancienne. Le mécanisme, qu’il décrit longuement, et que le mouvement circulaire des roues mettait en jeu, avait pour résultat de faire tomber dans une boîte d’airain, à intervalles égaux, de petits cailloux dont chacun représentait un nombre de tours de roue déterminé, équivalant à mille pas. Le bruit que chaque caillou faisait en tombant indiquait au voyageur qu’il avait franchi un nouveau mille, et, en comptant ces cailloux à l’arrivée, il savait au juste la distance parcourue.

 » Musée universel  » A. Ballue, Paris, 1872.

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Les Possédés du Oualamo

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Oualamos

Le district de ce nom est à quatorze jours de distance de la capitale Addis-Ababa, raconte M. Wellby, et possède une déplorable réputation: tous ceux qui osent y mettre le pied deviennent la proie du diable. J’ai pris cela, naturellement, pour une superstition. Mais j’y ai vu se manifester un phénomène si bizarre, qu’aujourd’hui encore je ne peux me l’expliquer.

Le premier indice, à mon arrivée dans cette région, qu’il se passait quelque chose d’extraordinaire, fut le cri de joie d’un Somali de mon escorte, qui dit brusquement « Oualamo ! Oualamo ! » et se précipita comme un insensé dans la campagne, en proie à une horrible surexcitation; tout son corps tremblait; il tournait et frappait dans le vide tout autour de lui. Dans un court moment de lucidité, il me cria qu’il était possédé du diable. Il demeura toute la nuit comme un fou furieux, mais recouvra sa raison le matin suivant. Dans le cours du voyage il eut un second accès. qui lui fit tirer son couteau et menacer de mort quiconque l’approchait. On me dit aussi qu’il y avait du danger à manger en la présence d’un naturel de Oualamo. Un de mes Soudanais se trouvant dans ce cas tomba sur-le-champ en pâmoison. Pendant deux jours il sembla s’être remis, mais, le troisième jour, il devint fou furieux. Un autre de mes domestiques, un jeune homme flegmatique, paisible, donna également des signes d’égarement semblables, dont il guérit au bout de vingt-quatre heures.

Dans le but de mieux étudier ce phénomène et d’en chercher la cause scientifique, je résolus de prendre un repas en présence de cent Oualamos. Je digérai parfaitement et n’en éprouvai aucune conséquence fâcheuse pendant toute la durée du voyage, sauf le surlendemain dudit repas, où je me sentis malade. Je ne le dis à personne; mais il me fut impossible de découvrir la cause de cette mystérieuse maladie. Je donne le fait tel quel, sans chercher à l’expliquer.

Oualamo ou Oualcita est situé sur les bords d’un lac que le capitaine Wellby a appelé Marguerite.

«  A travers le monde  » Hachette, Paris, 1899.

Morte saison

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La mort en Chine

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Les journaux ont rapporté le drame sanglant qui a eu dernièrement pour théâtre les bureaux de la légation de Chine à Paris: un jeune attaché s’est suicidé après avoir tué à coups de revolver le secrétaire de la légation.
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Ainsi que le veulent des coutumes sacrées, un steamer a emporté vers la terre natale leurs deux corps, côte à côte, tels de bons camarades faisant de compagnie la longue traversée. Leurs restes seront ensevelis dans leur patrie, tandis que des milliers de Célestes à l’étranger, attelés à un labeur ingrat, ne parviennent pas, durant leur vie, à économiser la somme nécessaire au transport de leur cadavre en Chine, ou bien se confient maladroitement à ces agences peu scrupuleuses de San Francisco qui garantissent, par contrat, le rapatriement de leurs dépouilles, moyennant paiement d’une prime d’assurance. Ces agences ont, en effet, des façons de procéder vraiment singulières jugez plutôt:
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L’ouvrier chinois, blanchisseur ou portefaix, qui désespère de jamais réunir le prix très élevé du suprême voyage qui doit lui assurer le repos de ses mânes, voit un jour venir à lui un courtier beau parleur qui lui propose, au nom de la Funeral transport Company, par exemple, de transporter son corps à Hong-Kong, dans les trois mois qui suivront son décès. Que lui demande- t-on en échange ? Une bagatelle: il devra verser, chaque année, dix dollars à la caisse de l’agence. Le candide fils du Ciel accepte, y va de ses dix piastres et, lorsqu’il vient à mourir, est placé, par les soins de la Compagnie, dans un dépôt mortuaire. Dès qu’elle y a réuni une centaine de cercueils (ce qui ne tarde guère, car à San Francisco les Chinois y sont nombreux) elle en opère l’embarquement sur un navire lui appartenant ou loué par elle. Détail particulier, ce navire n’a jamais San Francisco pour port d’attache. Les bières sont mises dans la cale sous les regards attendris des parents et amis des défunts, puis un coup de sifflet retentit, les matelots détachent les amarres, et en route pour Hong-Kong.
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Mais le navire, arrivé à quelques milles en pleine mer, s’arrête: un plan incliné est disposé sur le bastingage, les cercueils sont apportés sur le pont, on adapte un boulet à chacun d’eux, et floc ! on leur fait faire le plongeon. Le dernier Chinois à l’eau, le steamer regagne tranquillement son port d’attache, Acapulco d’ordinaire, pour ne plus reparaître de longtemps à San Francisco, cela va sans dire.
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Comme tous les peuples de l’Extrême-Orient, les Chinois ont une idée de la mort bien différente de celle que s’en font les Occidentaux. Loin de la craindre, ils considèrent avec raison qu’elle ne saurait être un mal, puisqu’elle est dans la nature, comme la naissance il n’y a donc pas lieu d’en éprouver plus de répulsion que de cette dernière. Aussi la pensée de leur fin leur est-elle familière et prennent-ils, sans répugnance aucune, les dispositions les plus minutieuses à cet égard. De même que la jeune femme, sur le point d’être mère, prépare avec amour la layette du petit attendu, le Chinois se fait construire, dès qu’il le peut, un cercueil aussi fastueux que ses ressources le lui permettent; il se plait à le décorer lui-même, à y disposer les coussins de soie, les ornements d’or ou d’argent, voire les pierres précieuses, et tels hauts personnages consacrent de vraies fortunes à l’embellissement de leur dernière couche.
Le don d’un cercueil est un cadeau qu’un fils fait couramment à son père, un ami à son ami, et il ne saurait en être fait de plus apprécié en Chine aussi l’industrie des menuisiers spécialistes y est-elle prospère. Quand un chef de famille est condamné par les médecins, on va chercher des prêtres de Bouddha, pleureurs professionnels, qui remplissent la maison de lamentations et se mettent en devoir d’instruire les enfants et les proches du moribond dans l’art de hurler selon les rites consacrés. Tous les jours qui précèdent le décès, des répétitions funèbres ont lieu où, sous la direction des prêtres, chacun s’efforce d’arriver à la perfection dans le gémissement.
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Le malade n’ignore rien de ces choses et n’en éprouve nul émoi. Lorsqu’il meurt, tout le monde, grâce à ces études préparatoires, se trouve à son poste et sait pleurer sans blesser les convenances. La famille revêt des vêtements en toile blanche, simplement faufilés et frangés du bas les hommes nouent un fil blanc, couleur de deuil, au bout de leur tresse. Les amis, convoqués par des lettres de faire part (fu wén), viennent offrir leurs condoléances, qu’ils expriment par des phrases dans le genre de celles-ci:  » C’est dans l’ordre des choses « , ou bien:  » Rien ne dure toujours !  » Le mort, recouvert de robes de soie superposées, reste quelques jours exposé dans son cercueil. Le troisième jour, les prêtres disent les prières appelées fang yen kou. Yen Kou est le nom du prince des esprits qui est prié de relâcher (fang) l’âme du mort, afin qu’elle puisse revenir dans sa maison. Avec des feuilles de papier aux couleurs voyantes, on confectionne de petites voitures, des palanquins minuscules pour l’usage de l’esprit que l’on attend: les parents réunis brûlent ensuite ces objets, ce qui constitue le Sun san  (l’envoi du troisième jour). Ce n’est qu’un peu plus tard qu’il est procédé à l’inhumation.
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Suivi du cortège des plus proches parents, le corps est porté dans un champ dépendant du domaine du défunt, où l’on a creusé une fosse de deux ou trois pieds seulement de profondeur. Le cercueil y est placé, ainsi qu’un vaste récipient contenant de l’huile, dans laquelle trempe une mèche d’amiante allumée. Recouvrant le tout, une dalle de pierre ou de marbre est posée de façon à ménager une petite ouverture, suffisante pour permettre à la lampe de brûler. La consommation de la grande quantité d’huile qu’elle contient s’opère si lentement, que la lampe ne s’éteint souvent qu’au bout de plusieurs années.
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Je n’entends parler ici que des funérailles des Chinois de condition aisée. Celles des pauvres gens se font plus simplement, et, à défaut de champ leur appartenant, on les inhume dans des cimetières communs où leur humble bière demeure dans les ténèbres profondes, symbole de l’obscurité de leur vie. Tant il est vrai que l’égalité, même dans la mort, n’existe pas sur la terre, fût-ce à nos antipodes.
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 » A travers le monde  » Jacques Davia, Hachette, Paris, 1899.

Le paysan, son âne, et le gentilhomme

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Un villageois, allant à Paris avec son âne chargé de coterets qu’il y portait vendre, s’étant laissé choir avec sa charge dans un bourbier, le frappait à grands coups de bâton pour le faire relever.

Un gentilhomme vêtu d’écarlate, passant par là, lui dit:

—  Comment, coquin, n’as-tu pas de honte d’outrager ainsi ce pauvre animal ? Qui t’en ferait autant ! … Je te jure, si tu continues davantage, que, de ton bâton même, je t’en donnerai cinq cents coups sur les oreilles.

Le pauvre homme ne sait faire autre chose que d’ôter son chapeau bien humblement, et se taire, jusqu’à ce que le gentilhomme, qui allait à Paris, fût passé. Comme il le vit assez éloigné de lui, il reprend son bâton et charge son âne encore plus rudement qu’il n’avait fait, lui disant, en se moquant du gentilhomme:

Comment, monsieur mon âne, qui eût cru que vous eussiez eu des amis en cour ! 

 » Contes  » D’Ouville. 

Il photographie des fées …

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Le ciel de Leyenda

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Un professeur de l’université de Manchester est persuadé d’avoir pris en photo des fées, rapporte leDailymail. 

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John Hyatt, 53 ans, estime que sa série de clichés, prise ces deux dernières années dans la campagne anglaise, la Rossendale Valley (Lancashire), prouve l’existence de ces créatures. «Je pense que c’est une de ces situations où il faut le voir pour le croire», a expliqué l’universitaire au Dailymail. Pourtant, au début, il a eu du mal.
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«J’étais un peu choqué quand j’ai développé mes clichés la première fois», raconte-t-il. «A tel point que je les ai développés une deuxième fois pour être sûr de ce que je voyais». Il a alors décidé de présenter ses photos insolites dans une exposition au Whitaker Museum, à Rossendale, «pour que tout le monde puisse les voir». Le professeur assure que ses photos sont vraies et…

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La Puce et l’Homme

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Une puce importunait fort un homme. Celui-ci l’ayant attrapée :

Qui es-tu donc, s’écria-t-il, pour me dévorer tous les membres, pour me faire mourir ainsi sans dessein, sans raison ?

Mon ami, lui crie l’autre, laisse-moi la vie, ne me tue pas; le mal que je puis faire n‘est pas grand.

L’homme se mit à rire :

Tu vas mourir à l’instant de mes propres mains, dit-il, car, petit ou grand, il ne faut pas qu’il y ait de mal du tout au monde.

 N’ayez jamais pitié du méchant, grand ou petit. 

Esope