Question ridicule

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docteurs

—Et vous, docteur, croyez-vous aux revenants ?
—Voyons, si j’y croyais, je ne serais plus médecin.

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La carpe de Mirandole

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comte de Mirandole
Le comte de Mirandole, mort à Lucques, en 1825, donna toute sa fortune à une carpe qu’il nourrissait depuis vingt ans dans une piscine antique.

La saignée

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La_saignée

La Science pour tous fait remarquer que rien n’est plus curieux que les changements qui, chaque vingt ans, surviennent dans la pratique de l’art de guérir.

La saignée, qui guérissait tout le monde, au point qu’un médecin qui se serait refusé à la pratiquer à tout propos aurait presque passé pour un assassin, était tombée, il y a quelques années, en complète désuétude. Nous avons connu des médecins très instruits qui, dans toute leur vie d’étudiant, l’avaient à peine vu pratiquer une ou deux fois.

Il suffit de se reporter aux archives de l’Assistance publique ou de relire certains mémoires d’apothicaires du siècle dernier, pour être absolument frappé des changements survenus dans les prescriptions des princes de l’art.

Savez-vous combien Rouvard, médecin de Louis XIII, fit prendre des clystères à son royal client ? 216 en un an ! Il faut dire que dans cette année le futur monarque absorba 15 médecines et fut saigné 47 fois.

Rappelons encore la fameuse plaidoirie de l’avocat Grosley en faveur d’Etiennette Boyau contre le chanoine Bourgeois, réclamant de ce dernier le paiement de 2910 lavements à lui administrés dans l’espace de deux ans !

Les modes nouvelles sont moins assujettissantes !

 « La Revue des journaux et des livres. »    Paris, 1886.

Esprit de pauvreté

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Aurangzeb

Aurengzeb, avant d’être empereur des Moghols, mais aspirant à l’être, au préjudice de ses frères, rassembla un jour tous les fakirs ou moines mendiants du pays, pour leur faire, disait-il, une grosse aumône, et pour avoir la consolation de manger avec eux selon la formule hospitalière: le sel et le riz.

Le lieu de l’assemblée était une vaste campagne. Aurengzeb fit servir à cette multitude prodigieuse de pauvres pénitents un repas conforme à leur état. Quand on eut mangé, le prince fit apporter une grande quantité d’habits neufs, et dit aux fakirs étonnés qu’il souffrait de les voir ainsi couverts de haillons. L’artificieux Moghol n’ignorait pas que la plupart de ces gueux portent avec eux bon nombre de pièces d’or, qui sont la récolte de leurs intrigues et de leur mendicité.

En effet, plusieurs voulurent se défendre de quitter ces haillons, en prétextant l’esprit de pauvreté qui fait l’essentiel de leur profession.

On ne les écouta pas. Le prince exigea que tous revêtissent les habits neufs. Cela fait, on entassâtes haillons qu’ils avaient quittés au milieu d’un champ; l’on y mit le feu, et l’on trouva, paraît-il, dans les cendres une somme si considérable que ce fut, disent quelques écrivains, un des principaux secours qu’eut Aurengzeb pour faire la guerre à ses frères.

Quel fantôme troubla la nuit de noces ?

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fantôme

Les habitants du sud du Pays de Galles sont très intrigués par une histoire fantasmagorique qui, s’il faut en croire le principal intéressé, est absolument véridique.

Il y a quelque temps, un homme du village de Maesteg, qui s’était récemment marié, se réveilla, un matin, sur le plancher, au pied de son lit. Il crut qu’il avait eu un cauchemar; mais, le lendemain, sa femme le découvrit par terre, de l’autre côté de la chambre.

Intrigués et quelque peu inquiets, les époux décidèrent de veiller la nuit suivante. La nuit venue, les malheureux furent effrayés par l’apparition d’un fantôme ressemblant étrangement à la mère du mari, qui vit et qui est en excellente santé. Ce dernier en conclut que c’était là un acte de vengeance de sa mère, qui s’était toujours opposée à son mariage.

Depuis lors, le fils désobéissant n’a plus une minute de répit. Le spectre le suit partout, même dans la mine où il va travailler. Ses camarades, qui n’ont pas encore aperçu le fantôme, croient cependant fermement à sa présence et sont dans un état d’excitation intense.

Le curé du village est resté une nuit entière dans la maison de son paroissien, mais n’a pas encore pu trouver la clef du mystère. La trouvera-t-il jamais ?

« L’Echo du merveilleux. »  Gaston Mery, Paris, 1907.

Le prophète de Cayahaga

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Peaux-Rouges

Les Peaux-Rouges de l’Amérique du Nord ont eu aussi leur prophète. Ce Mahomet, qui manqua sa mission, espérait, au moyen de prédications, réveiller chez les Indiens l’énergie éteinte, constituer une grande nation au moyen de la réforme religieuse et chasser les Européens de la terre qu’ils avaient usurpée.

Il y avait, comme on le voit, dans son entreprise un but sérieux. Plusieurs des idées dont il se fit l’apôtre étaient véritablement élevées mais il eut recours, comme cela arrive souvent, à des moyens peu honorables pour propager sa doctrine. Il appartenait à la nation Delaware, et résidait à Cayahaga, près du lac Erié. Cependant on le rencontrait souvent chez les peuplades de l’intérieur, qu’il s’efforçait de fanatiser en affirmant qu’il était envoyé par le Grand-Esprit pour leur montrer la véritable route et leur rendre le bonheur dont leurs pères avaient autrefois joui.

Il avait tracé sur une peau de chevreuil une carte qu’il appelait Le grand Livre par imitation de la Bible, que les Indiens connaissaient sous ce nom et qu’on leur avait appris à respecter. Sur cette carte était dessiné un grand carré de quinze pouces de côté, ouvert a deux de ses coins, qui étaient supposés représenter le nord-ouest et le sud-ouest. D’après le prophète de Cayahaga ce carré était l’image des régions célestes où les Indiens devaient séjourner après leur mort. Les deux ouvertures ménagées aux angles servaient d’entrée mais le passage était difficile il fallait franchir un large fossé, éviter un précipice, surmonter une foule d’obstacles. Le matin esprit veillait toujours dans ces parages pour s’emparer des Indiens. S’il réussissait a les saisir, il les conduisait dans une contrée aride où tous les fruits étaient avortés, tous les animaux maigres, et où il se servait d’eux, en guise de chiens et de chevaux, pour ses chasses diaboliques.

L’espace en dehors du carré représentait le terrain donné aux Indiens pour habiter pendant leur vie, et dont leurs pères avaient longtemps joui. En le leur montrant, le prophète s’écriait:

Voyez ce que le Grand-Esprit nous avait donné et ce que nous avons perdu par nos vices Aujourd’hui les Visages-Pâles sont maîtres de notre terre de vie et gardent l’entrée des régions célestes, au nord-ouest, de sorte que les Peaux-Rouges n’ont plus qu’une seule avenue pénible et éloignée pour arriver au pays des âmes. Si vous voulez reconquérir et la terre que vos pères habitaient vivants, et la porte qui les conduisait aux contrées bienheureuses, offrez des sacrifices au Grand-Esprit, renoncez à toutes les habitudes qui vous viennent des Visages-Pâles, cessez de boire leur breuvage mortel (l’eau-de-vie); alors vous retrouverez la force de les chasser, et vous rentrerez dans l’héritage de vos ancêtres !

Il appuyait ces conseils de descriptions splendides des régions célestes; il les montrait foisonnant de chevreuils de dindons gras, de porcs, de buffles, et vendait, pour une peau de la valeur de cinq francs, un exemplaire de cette carte du paradis, illustrée de tout ce qui pouvait le rendre désirable.

Ses prédications étaient écoutées, et ses cartes se vendaient assez bien mais il faisait peu de prosélytes. Le gouvernement américain eut la sagesse de le laisser dire, sans essayer une répression qui eût peut-être ranimé chez les Delawares le vieil esprit national: si bien qu’après une légère effervescence éveillée dans deux ou trois peuplades, tout tomba de soi-même, et le prophète rentra dans l’obscurité.

« Le Magasin pittoresque. »   Edouard Charton, Paris, 1851.

Les chevaliers du bouc

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 chevaliers

Le château de Fauquemont, à quelque distance de Maastricht, était un des repères des chevaliers du bouc, nom donné à des brigands qui infestaient le Limbourg à la fin du XVIIIe siècle.

La prodigieuse rapidité, avec laquelle ces malandrins se mouvaient, se transportaient aux endroits les plus éloignés les uns des autres, en une même nuit, fit croire aux paysans qu’ils avaient fait un pacte avec Satan et qu’ils cheminaient à travers les airs sur la monture habituelle du prince des ténèbres, un bouc noir; d’où leur nom.

 » Revue des traditions populaires  »   Paris, 1911.