La Tanière de la marquise d’Espinay

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tanière

La marquise d’Espinay souhaitait une demeure isolée pour donner libre cours à une fantaisie qui s’exprima pendant un quart de siècle. Elle s’habillait comme un homme et publia une douzaine d’ouvrages en vers et en prose qu’elle signa du pseudonyme de Jules de La Tanière. L’intérieur de sa maison faisait frémir: l’alcôve était noire et, sur le mur, un cadre portait des tibias surmontés d’une tête de mort et d’une chauve-souris; sur la cheminée, pour ses rituels particuliers, reposait une coupe faite d’un crâne humain ! Il s’agissait bien de la demeure d’Eros et de Thanatos. Quand à son chien, on le prenait pour un loup.

Quand elle n’était pas à la chasse, Mme d’Espinay pratiquait les jeux de l’amour, gantée de chevreau noir. L’ambiguïté demeurait entière aux yeux des villageois, terrorisés par cette femme de la nuit et par son énigmatique résidence.

Le 20 janvier 1840, à la suite de méfaits attribués au soi-disant M. Jules de La Tanière, le maire de Tessé, trop content de montrer qu’il n’avait pas peur d’entrer dans une maison  » hantée « , se présenta à 5 heures du matin avec le brigadier pour l’arrêter. Elle fut conduite à Domfront. Un de ses amis se précipita chez le sous-préfet. L’affaire parvint jusqu’au ministre de l’Intérieur; le brigadier fut révoqué et le maire, destitué. Puis les esprits se calmèrent. Sophie mourut à la Tanière à l’âge de 47 ans.

Dans l’ancien cimetière de Tessé, le tombeau de la marquise porte l’épitaphe:  » Elle fut grande par l’esprit et par le cœur. »

«A la découverte de la France mystérieuse.», Sélection du Reader’s Digest

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La danse meurtrière de 1518

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En juillet de l’an 1518 à Strasbourg, s’est produit un événement des plus énigmatiques. Une femme nommée Frau Troffea, s’est mise à danser frénétiquement dans une rue pendant une période estimée entre quatre à six jours, sans arrêt. Après une semaine d’activité, 34 personnes l’avaient rejointe et après un mois, ils étaient environ 400 qui dansaient sans pouvoir s’arrêter.

Cet événement, supporté par des archives et chroniques de l’époque, dont des notes de physiciens et des sermons de cathédrale, a causé la mort de la majorité de ces danseurs soit d’attaques cardiaques, ou d’épuisement. Les autorités, qui avaient rejeté des causes surnaturelles ou astrologies liées à cette danse interminable, ne trouvèrent rien d’autre à préconiser que « d’avantage de danse » pour soigner les possédés, ils avaient même opté pour la construction d’une scène en bois en pensant qu’en dansant jour et nuit, les individus retrouveraient leur normalité.

La raison d’une pareille « contagion » n’est pas claire et pendant des siècles, cet étrange événement a sidéré les chercheurs : l’historien John Waller avance une théorie d’hystérie collective déclenchée des suites d’une famine et autres maladies percutantes de l’époque.

Une autre théorie veut que les danseurs étaient des consommateurs de pain lacé d’ergot, un psychotrope hallucinogène, à l’origine du LSD, qui fut notamment responsable en masse d’hallucinations, de convulsions démoniaques et de tentatives de suicide à Pont St Esprit dans le Gard en 1951.

Le dromadaire mécontent

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dromadaire

Un jour, il y avait un jeune dromadaire qui n’était pas content du tout. La veille, il avait dit à ses amis: « Demain, je sors avec mon père et ma mère, nous allons entendre une conférence, voilà comme je suis moi! »

Et les autres avaient dit: « Oh, oh, il va entendre une conférence, c’est merveilleux », et lui n’avait pas dormi de la nuit tellement il était impatient, et voilà qu’il n’était pas content parce que la conférence n’était pas du tout ce qu’il avait imaginé : il n’y avait pas de musique et il était déçu, il s’ennuyait beaucoup, il avait envie de pleurer.

Depuis une heure trois quarts un gros monsieur parlait. Devant le gros monsieur il y avait un pot à eau et un verre à dents sans la brosse et, de temps en temps, le monsieur versait de l’eau dans le verre, mais il ne se lavait jamais les dents et visiblement irrité il parlait d’autre chose, c ‘est-à-dire des dromadaires et des chameaux.

Le jeune dromadaire souffrait de la chaleur, et puis sa bosse le gênait beaucoup; elle frottait contre le dossier du fauteuil, il était très mal assis il remuait.

Alors sa mère lui disait: « Tiens-toi tranquille, laisse parler le monsieur », et elle lui pinçait la bosse; le jeune dromadaire avait de plus en plus envie de pleurer, de s’en aller…Toutes les cinq minutes, le conférencier répétait: « Il ne faut surtout pas confondre les dromadaires avec les chameaux, j’attire, mesdames, messieurs et chers dromadaires votre attention sur ce fait: le chameau a deux bosses mais le dromadaire n’en a qu’une! » Tous les gens, de la salle disaient: « Oh, oh, très intéressant », et les chameaux, les dromadaires, les hommes les femmes et les enfants prenaient des notes sur leur petit calepin.

Et puis le conférencier recommençait: « Ce qui différencie les deux animaux c’est que le dromadaire n’a qu’une bosse, tandis que, chose étrange et utile à savoir, le chameau en a deux …  »

A la fin le jeune dromadaire en eut assez et, se précipitant sur l’estrade, il mordit le conférencier :

« Chameau !  » dit le conférencier furieux.

Et tout le monde dans la salle criait: « Chameau, sale chameau, sale chameau ! »

Pourtant c’était un dromadaire, et il était très propre.

Conte pour enfants pas sages de Jacques Prévert

La légende de la nuit polaire

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C’était il y a très longtemps, au début de l’apparition des hommes dans le Grand Nord. A cette époque, les Esquimaux étaient le peuple le plus heureux de la planète bleue. Ils disposaient d’une nourriture abondante, avaient de l’eau en suffisance et surtout ne se disputaient jamais. Le jour, ils jouissaient de la lumière du soleil et durant la nuit, ils profitaient de la clarté de la lune. Pour la tribu, tout était source de joie et prétexte à fêter. Mais il arriva que trois d’entre eux, Itouk, Kakouk et Marouk, devinrent jaloux du bonheur des autres. Ils essayaient par tous les moyens de se quereller avec les membres de la tribu… mais sans succès. Ils décidèrent donc de s’attaquer à l’astre du jour, père de toute chose afin de le tuer. Ils souhaitaient ainsi que leurs compagnons soient privés de chaleur et de lumière, que la vie devienne difficile et que tous soient malheureux.

Ils préparèrent leur attaque avec le plus grand soin : des flèches et harpons qu’ils projetteraient dans le ciel en plein midi. Au jour dit, ils lancèrent leurs armes vers le soleil mais en vain. Tout ce qui était envoyé vers le ciel retombait sur la terre, brûlé par les rayons du soleil. Nullement découragés, ils entreprirent de refroidir le soleil en lui envoyant d’énormes blocs de glace. Mais leurs résultats ne furent pas plus brillants. La glace fondait et retombait sur les attaquants.

Ils se réunirent alors dans l’igloo de Kakouk pour mettre au point une tactique qui leur permettrait de faire disparaître l’astre de la nuit. Ils y consacrèrent de nombreuses semaines sans trouver de solution. Un soir qu’ils avaient beaucoup bu, ils regardèrent la lune et commencèrent à se moquer d’elle en l’injuriant. Fort peinée, la gentille lune pleura longtemps de leurs méchancetés. Voyant que leurs insultes portaient, Itouk, Marouk et Kakouk redoublèrent leurs attaques pendant des jours et des jours.

La lune en eut assez. Elle confia son malheur au soleil qui décida d’intervenir. Ce que les trois esquimaux ignoraient, c’est que la lune était la soeur du soleil et qu’ils se voyaient deux fois par jour. Il s’adressa tout d’abord à eux pour leur demander de cesser leurs attaques. Malheureusement pour la tribu, seuls étaient restés au village les trois vauriens, bien trop paresseux pour aller chasser. Ils n’écoutèrent pas l’appel du soleil et ils lui rirent même au nez.

Alors il se fâcha et décida de leur donner une bonne leçon dont tous se souviendraient: il disparaîtrait du ciel des Esquimaux six mois par an pour ne revenir que six mois plus tard.

Le fantôme d’un Saint-Bernard qui peut ouvrir une porte

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 saint_bernardMe permettez-vous de vous relater un petit fait qui touche aux manifestations parapsychologiques ? Il ne s’agit pas d’une personne, mais d’une bête…
*
Un peu solitaire, aimant l’étude et non le monde, je n’ai pas d’amis ; mais j’en ai eu un: c’était un chien. Ce chien était intelligent plus que bien des hommes. C’était mon gardien, lorsque la nuit je restais seul à contempler le ciel, il était fidèlement couché à mes pieds, son épaisse fourrure (c’était un Saint-Bernard) me couvrait les jambes, il m’était difficile de bouger lorsqu’il fallait suivre la marche d’une étoile. Si j’étais dans ma chambre et lisais, il restait assis me regardant, et je dirai même me comprenant. Je sentais qu’il aimait autant la solitude que moi, c’est pour cela que nous ne nous quittions pas.
*
Je vous fais cet exposé pour que vous puissiez comprendre mon affection pour lui, et pourquoi je le considérais comme un ami. Voilà donc mon récit: C’était en décembre 1910, le 14 exactement, que ma mère emmena mon Boby avec elle. Je dois noter avant tout qu’il avait la désagréable habitude, lorsque que quelqu’un approchait, de se porter vers lui un peu trop bruyamment; en second lieu, que, lorsque je discutait avec mon père, il se mettait de la partie et tenait sérieusement de mon coté. Après avoir reçu une plainte, mes parents résolurent de le faire abattre, et ce, sans me prévenir.
*
C’était un soir, à 19h30. J’étais dans ma chambre et j’entendis la porte s’ouvrir (il l’ouvrait seul, étant aussi grand que moi, il mesurait 1m80). Donc, j’entendis la porte s’ouvrir et vis apparaître mon Boby. Il resta, l’air souffrant, sur le seuil. Je disais : « Viens Boby ! » mais il n’obéit pas. Je répétais alors mon ordre, il arriva. Il me frôla les jambes et se coucha sur le parquet; je voulus le caresser, mais… rien, il n’était plus là ! Je me précipitai hors de ma chambre; la porte était restée ouverte; je téléphonai à Lausanne (2 km); je demandai le Clos d’Équarrissage, et voici textuellement quel a été notre dialogue:
*
— Bonjour, Clos d’Équarrissage.
— Avez-vous vu une dame habillée en noir avec un chien Saint-Bernard ?
— On vient d’en abattre un, il y a deux minutes à peine; il est couché et la dame est là !
*
A ces mots, je tombai à la renverse et je m’évanouis. Lorsque je revins à mon état naturel, je demandai mon chien: il n’était pas là, il était mort. Telle est l’histoire de mon Boby; il est à remarquer qu’à la minute où il mourait, je l’ai vu de mes propres yeux et, ce qui enlève tout le doute d’hallucination, c’est que la porte s’est ouverte d’elle-même.

 « Annales des sciences psychiques » (1912, p. 279)

La disparition de Louis Le Prince

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Louis Le Prince, celui qu’on devrait saluer comme le père du cinématographe, disparut dans un train, en France, en septembre 1890.

Cette année-là, à l’Opéra de Paris, il avait fait une démonstration de son procédé ; utilisant un dispositif attribué par la suite à Edison. Son avenir s’annonçait brillant lorsqu’il monta dans ce train. Mais il n’en descendit jamais.

Sept ans plus tard, on le déclara officiellement mort.

Jay Robert Nash,  » Among the Missing « , p.253. »Le Grand Livre du mystérieux », Sélection du Reader’s Digest.

Les disparus du phare Eilean Mor

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Eilean Mor

Depuis décembre 1899 où il a été édifié sur l’île rocheuse de Eilean Mor, au large des côtes écossaises, le phare a semblé maudit. Dans l’année qui a suivi sa mise en service, trois gardiens ont péri, un quatrième a fait une chute mortelle et plusieurs sont devenus fous. Puis, le 15 décembre 1900, le phare s’est éteint…

Aucune explication ne donnera la raison à la disparition de trois gardiens du phare d’Eilean Mor, sur les îles Flannan, au large de la côte ouest de l’Ecosse. Ces roches désolées sont situées sur l’avancée extrême des îles Britanniques. La terre la plus proche est l’île de Lewis, dans les Outer Hebrides à 20 milles à l’est et à l’ouest, c’est l’Atlantique. Ces îles sont petites : la plus grande, Eilean Mor, n’a que 150 mètres de long.

Quatre marins retraités s’occupaient de ce phare, ils y travaillaient par équipe de trois. Ils passaient chacun 6 semaines sur l’île, suivies de 2 semaines de repos à tour de rôle. Tous les 15 jours, le navire ravitailleur ‘Hesperus’ apportait le courrier et les vivres, débarquait un des gardiens rentrant de congé et repartait avec un autre prenant son congé de 2 semaines. Le 6 décembre 1900, c’était au tour de Joseph Moore d’être relevé. Quand le patron de l’Hesperus lui demanda s’il était content de venir à terre pour 15 jours, il répondit oui, et ajouta, le regard tourné vers la petite île qui disparaissait au loin : C’est un peu solitaire parfois.

Le 21 décembre, Joseph Moore embarqua à nouveau sur l’Hesperus mais cette fois pour retourner à Eilean Mor. Le temps, qui avait été très calme, changea et une tempête s’éleva quand le bateau eut quitté le port. Pendant 3 jours l’Hesperus croisa au large des Hébrides, et c’est seulement le 24 décembre qu’il put approcher des îles Flannan. Moore fut très alarmé de constater que la lampe de 140 000 bougies du phare était éteinte. Bien que très  impatient de débarquer et de voir ce qui n’allait pas, il lui fallut encore attendre 2 jours avant que l’Hesperus pût s’approcher en sécurité du quai est de l’île. Rien n’avait été préparé pour leur arrivée. Sur la jetée, ils ne virent ni caisses d’emballage vides, ni câbles pour l’amarrage. Leurs coups de sirène de brume répétés ne firent sortir personne du phare.

Une embarcation fut mise à l’eau, et Joseph Moore débarqua. Le portail d’entrée et la porte principale du phare étaient fermés. Moore entra et appela. Pas de réponse. Tout était froid et vide et, sur une étagère, la pendule était arrêtée. Moore eut peur de trouver les gardiens morts dans la tour du phare, et revint à la jetée demander de l’aide. Deux hommes montèrent avec lui. Il n’y avait aucun signe de vie. Le phare était absolument vide, mais tout était rangé et en ordre. Les mèches des lampes avaient été nettoyées et ébarbées, et les lampes remplies de pétrole étaient prêtes à être allumées. La dernière inscription sur le registre était du 15 décembre. Il n’y avait qu’une seule chose inhabituelle : deux des trois cirés et paires de bottes des hommes manquaient.

Les marins de l’Hesperus fouillèrent l’île. Ils ne trouvèrent aucune trace des absents, mais découvrirent certains indices qui firent croire tout d’abord que le mystère était éclairci. Le quai ouest avait été très endommagé par l’ouragan. Sur une plateforme de béton située à 20 mètres de hauteur, il y avait une grue sur laquelle pendaient des filins. Ces filins étaient d’habitude rangés dans un coffre placé dans un renfoncement à 30 mètres au-dessus du niveau de la mer. Une tempête avec des vagues de plus de 30 mètres, aurait-elle assailli l’île et emporté le coffre, faisant tomber les filins sur la grue ? Avait-elle aussi emporté les trois hommes ? C’était peu vraisemblable, car de telles vagues géantes sont extrêmement rares. En outre, des gardiens de phare expérimentés n’auraient pas été assez fous pour s’aventurer sur une jetée pendant une tempête, et s’ils l’avaient fait, les trois cirés, et non deux, auraient été absents.

Très inquiet, Moore examinait le journal de bord, en compagnie du commandant de l’Hesperus. C’est Thomas Marshall qui avait tenu le journal, et de ses brèves phrases surgissait la vision d’une terreur sans nom qui avait envahi les hommes sur leur rocher isolé. Voici ce que lut Moore : 12 décembre. Coup de vent du nord quart nord-ouest. Mer démontée. Isolés par la tempête. 21 heures. Jamais vu un tel ouragan. Vagues très hautes, se brisant sur le phare. Tout est en ordre. Ducat irritable. Moore et le commandant se regardèrent. Le 12 décembre aucune tempête n’avait été signalée à Lewis, à 20 milles de là. La remarque sur Ducat était également anormale. La suite avait été écrite à minuit le même jour : La tempête fait toujours rage. Le vent ne mollit pas. Isolés, ne pouvons sortir. Un navire passe en actionnant sa sirène de brume. Je peux voir les lumières des cabines. Ducat tranquille. Mc Arthur pleure. De nouveau, Moore et le commandant se regardèrent. A quelle extrémité en était arrivé le marin aguerri Donald McArthur pour pleurer ? Ils reprirent leur lecture. 13 décembre. L’ouragan a continué toute la nuit. Le vent hale l’ouest quart nord-ouest. Ducat tranquille. McArthur prie. Hier McArthur pleurait, aujourd’hui il priait !!! Midi. Le jour est gris. Moi, Ducat et MacArthur avons prié.

Lorsque Moore fut appelé à déposer devant la commission désignée pour enquêter sur cette disparition, il déclara n’avoir jamais vu un de ses camarades prier. Ce ne pouvait être dû à leur peur de l’ouragan, car ils avaient tous affronté des tempêtes au cours de leurs longues années de navigation. Sur le journal restait cette dernière phrase : 15 décembre. 13 heures. Tempête terminée. Mer calme. Nous sommes dans la main de dieu. Rien n’avait été inscrit le 14 décembre. Pourquoi ? On ne le saura sans doute jamais. De même, que s’est-il passé ensuite ???

L’enquête dévoila que, dans la nuit du 15 décembre, le vapeur Archer avait manqué se mettre au sec sur les rochers d’Eilean Mor, parce que le phare était éteint. On peut penser qu’à ce moment les trois hommes avaient disparu. Une tempête bizarre, non ressentie ailleurs, aurait-elle déferlé sur l’île ? Ducat et McArthur seraient-ils allés au quai ouest et auraient-ils été enlevés par une lame ? Il paraît plus vraisemblable que les hommes soient sortis par temps calme, une fois l’ouragan passé, pour tout inspecter, d’autant que la dernière phrase de Marshall sur le journal annonce la fin de la tempête.

Mais personne ne peut dire ce qui est arrivé ensuite. Selon une supposition largement admise, l’un des trois hommes devint fou, tua ses deux camarades et se suicida. Tous les marteaux, tous les couteaux et toutes les haches étaient demeurés à leur place. Mais l’attaquant s’était peut-être servi d’une pierre comme arme. Il aurait alors précipité à la mer les corps de ses compagnons, puis se serait lui-même jeté à l’eau. Un des hommes a-t-il été saisi d’une folie religieuse ? A-t-il eu des visions ? Le furieux ouragan mentionné dans le journal de bord n’aurait-il existé que dans son esprit ? Après tout, les dégâts du quai avaient pu être causés par la tempête qui avait retardé l’Hesperus, après ces évènements mystérieux.

Quoi qu’il soit arrivé au cours de ces jours et de ces nuits terribles, les rochers d’Eilean Mor en ont gardé le secret.

 « Les disparus du phare. » Strange stories, amazing facts. Reader’s Digest 1979.