L’origine des mouches

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Séléné

La fable nous raconte que la mouche était autrefois une femme belle, mais bavarde, musicienne et aimant le chant.

Elle fut la rivale d’amour de Séléné à propos d’Endymion. Comme elle réveillait continuellement ce mignon endormi en l’agaçant et en lui chantant aux oreilles. Endymion s’irrita et Séléné s’étant fâchée contre elle la changea en mouche.

C’est pourquoi se souvenant d’Endymion, elle est jalouse du sommeil de tous, particulièrement des jeunes gens délicats.

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Le visiteur assidu

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Bourse_royale_Londres_Le_ciel_de_Leyenda

En 1776, mourut à Londres un ancien commerçant possesseur d’une fortune de soixante mille livres sterling.

il avait institué pour légataire universel un de ses cousins, qui n’était point négociant, avec cette singulière condition que chaque jour il devrait se rendre à la Bourse, et y resterait depuis deux heures jusqu’à trois. Ni le temps ni ses affaires particulières ne devaient l’empêcher de s’acquitter de ce devoir; il n’en était dispensé qu’en cas de maladie, dûment constatée par un médecin, dont le certificat devait être envoyé au secrétariat de la Bourse. S’il manquait à l’observation de cette clause, il perdrait toute la fortune de son parent, qui reviendrait à de certaines fondations désignées, et partant autorisées à réclamer la possession de l’héritage.

Le testateur avait voulu rendre ainsi une espèce d’hommage à la Bourse, où il avait amassé toute sa fortune; mais il avait créé par là un esclave qui ne se faisait pas faute de manifester son mécontentement. Ce n’était jamais que le dimanche qu’il pouvait s’éloigner de Londres, la Bourse étant fermée ce jour-là. Il devait, les autres jours, arranger sa vie de façon à ne point manquer l’heure de la Bourse.

Habitant à une lieue environ de la Bourse, il y arrivait à l’heure dite en voiture, y passait une heure sans parler à personne, et remontait dans sa voiture. Il va de soi que les fondations intéressées à le prendre en faute le faisaient observer de très près.

Remèdes contre la rage

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chien-enragé

M. Bouchardat ayant lu à l’Académie de médecine, sur différentes communications relatives à des remèdes contre la rage, un rapport dont les conclusions sont toutes négatives, M. Renault remarque avec raison que l’inefficacité des remèdes n’autorise pas toujours à accuser de mauvaise foi les personnes qui prétendent en avoir obtenu les meilleurs résultats.

Il y a en effet une cause d’illusion dont il faut tenir compte, savoir: que le plus grand nombre de personnes mordues par des chiens enragés ne contractent pas la rage, et, à ce propos, M. Renault raconte le fait suivant:

« Un vieillard vint me trouver, il y a quelques années, exhibant des certificats constatant qu’il avait guéri un grand nombre de cas de rage. J’avais à cette époque, à Alfort, un chien enragé au plus haut degré. Le vieillard se précipite sur ce chien pour se faire mordre; je le saisis et le renverse en arrière pour le soustraire aux attaques de l’animal. Que fait-il alors? Il ordonne à son fils, qu’il avait avec lui, d’aller se faire mordre; je parvins heureusement aussi à l’en empêcher.

Vous voyez à quel point cet homme était convaincu de l’infaillibilité de son remède !

« Je fis à cette occasion les expériences suivantes: Je fis mordre plusieurs chevaux, des moutons et des chiens, soumettant les uns au traitement proposé par cet homme, abandonnant les autres sans traitement. Eh bien aucun des animaux mordus et abandonnés à eux-mêmes sans traitement ne contracta la rage. Je laisse à penser ce qu’on en aurait conclu s’ils avaient pris le remède. »

« L’Ami des sciences. »   Victor Meunier, 1855.

Trait de reconnaissance

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Lionne

L’ingratitude est un vice odieux, et malheureusement trop commun: je n’en connais pas qui décèle mieux une âme basse et méprisable. Les animaux les plus féroces l’ont en horreur: il en est qui, à la honte de l’humanité, ont donné des exemples frappants de reconnaissance: l’histoire suivante en fournira une preuve authentique.

Les Espagnols, étant assiégés dans Buenos-Ayres, par les peuples du canton, le gouverneur avait défendu à tous ceux qui demeuraient dans la ville, d’en sortir. Mais craignant que la famine, qui commençait à se faire sentir, ne fit violer ses ordres, il mit des gardes de toutes parts, avec ordre de tirer sur tous ceux qui cherchaient à passer l’enceinte désignée.

Cette précaution retint les plus affamés, à l’exception d’une femme, nommée Maldonata, qui trompa la vigilance de ses gardes. Cette femme, après avoir erré dans les champs déserts, découvrit une caverne qui lui parut une retraite sûre contre tous les dangers; mais elle y trouva une lionne dont la vue la saisit de frayeur. Cependant les caresses de cet animal la rassurèrent un peu ; elle reconnut même que ses caresses étaient intéressées: la lionne était pleine et ne pouvait mettre bas ; elle semblait demander un service que Maldonata ne craignit pas de lui rendre.

Lorsqu’elle fut heureusement délivrée, sa reconnaissance ne se borna pas à des témoignages présents: elle sortit pour chercher sa nourriture; et depuis ce jour, elle ne manqua pas d’apporter, aux pieds de sa libératrice, une provision qu’elle partageait avec elle. Ces soins durèrent aussi longtemps que ses petits lionceaux la retinrent dans la caverne. Lorsqu’elle les en eut retirés, Maldonata cessa de la voir, et fut réduite à chercher sa subsistance elle-même; mais elle ne put sortir souvent sans rencontrer les Indiens qui la firent esclave.

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Le ciel permit qu’elle fût reprise par les Espagnols, qui la ramenèrent à Buenos-Ayres. Le gouverneur en était sorti, un autre Espagnol qui commandait en son absence, homme dur jusqu’à la cruauté, savait que cette femme avait violé une loi capitale; il ne la crut pas assez punie par ses infortunes. Il donna ordre qu’elle fût liée en pleine campagne pour y mourir de faim, qui était le mal dont elle avait voulu se garantir par la fuite, ou pour y être dévorée par quelque bête féroce.

Deux jours après, il voulut savoir ce qu’elle était devenue; quelques soldats, qu’il chargea de cet ordre, furent surpris de la trouver pleine de vie, quoiqu’environnée de tigres et de lions, qui n’osaient s’approcher d’elle , parce qu’une lionne, qui était à ses pieds avec plusieurs lionceaux, semblait la défendre. A la vue des soldats, la lionne se retira un peu, comme pour leur laisser la liberté de délier sa bienfaitrice. Maldonata leur raconta l’aventure de cet animal, qu’elle avait reconnu au premier moment: et lorsqu’après lui avoir ôté ses liens, ils se disposaient à la reconduire à Buenos-Ayres, elle la caressa beaucoup en paraissant regretter de la voir partir.

Le rapport qu’ils en firent au commandant, lui fit comprendre qu’il ne pouvait, sans paraître plus féroce que les lions mêmes, se dispenser de faire grâce à une femme dont le ciel avait pris si vivement la défense.

« La morale en action, ou Élite de faits mémorables et d’anecdotes instructives. »   Laurent-Pierre Bérenger, Paris, 1813.

Pierre Vassiliu –  » La baie d’Along « 

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La rosée immobile a surpris les oiseaux rares
Et les jonques fragiles glissent entre les nénuphars
Les nénuphars
De la baie d’Along, de la baie d’ Along
Les parfums, les couleurs et les métrages de soie
Font rêver les jeunes filles qu’ont des larmes
Qu’on ne voit pas qu’on ne voit pas
Dans la baie d’Along, dans la baie d’Along
Les coolies costauds portent des colis postaux
Et moi je suis dans mon lit
Les oiseaux dans le ciel si pur
Chantent quelques mélodies
Dans la baie d’Along, dans la baie d’Along
Les beautés en sari, et les buanans en sarong
Des marchands aux passants everybody sing the song sing the song
De la baie d’Along, de la baie d’Along
Les pommiers sont en fleur et les femmes chantent en coeur
Les cascades bondissent dans le jardin des iris et des ibis
De la baie d’Along, de la baie d’Along
Les coolies costauds portent des paquets si hauts
Que leurs maîtres sont inquiets
Je ne sais plus dans quel lit j’étais
Ni les airs qu’elle me chantait
Dans la baie d’Along, dans la baie d’Along
Et les soeurs du couvent frappent dans leurs mains flétries
Pour chasser les oiseaux qui volent dans les bols de riz les bols de riz
De la baie d’Along, de la baie d’Along
Et partout dans le monde
Les enfants refont des rondes
Et les salauds immondes
Viennent y poser des bombes pour poser des bombes
Dans la baie d’Along, dans la baie d’Along

Cas extraordinaire d’aberration de la vue

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aberration optique

Un Monsieur J. V. de Bruxelles, âgé de quarante ans, est tourmenté depuis quelque temps de mouches volantes qui l’inquiètent beaucoup.

Dans le but de faciliter l’exploration des organes, quelques gouttes d’une solution d’extrait de Belladone sont instillées un soir dans les deux yeux. M.V. passe une bonne nuit; mais, à son réveil, il est très étonné de voir les objets qui l’environnent sous un aspect tout nouveau. Le journal lui paraît composé en caractères microscopiques il ne peut les déchiffrer qu’à grand’ peine; et grâce, se dit-il, à ce qu’il a toujours eu une vue excellente.

Il sonne, et sa servante, qui entre aussitôt, ne lui semble pas plus grande qu’une fille de dix ans. Il se lève, de plus en plus surpris les vêtements qu’il saisit sont des vêtements d’enfant; cependant il s’y introduit sans effort. Il descend dans la salle à manger, et au lieu de sa femme et de ses enfants rangés autour de la table, il n’aperçoit. qu’une naine et des poupées.

Sa frayeur est au comble; il s’empresse de courir chez son médecin, non sans se faire accompagner, tant ses embarras sont grands; les chevaux qu’il rencontre ont la dimension de chiens, les chiens ont la taille de rats; en un mot, tous les êtres qui l’entourent lui semblent appartenir au monde lilliputien, créé par l’auteur des voyages de Gulliver. Cependant les objets sont aussi clairs que de coutume: ni nuages, ni auréoles lumineuses ne les entourent; les dimensions seules en sont amoindries.

L’examen de l’oeil ne décela qu’une dilatation assez considérable de la pupille d’ailleurs rien d’anormal dans les autres parties de l’organe. Des lotions froides furent appliquées, et dès le lendemain, tout rentra dans l’ordre; mais les mouches volantes persistèrent,

« L’Ami des sciences. »  Victor Meunier, Bureaux du Magasin pittoresque, Paris, 1855.

D’où vient le nom de tandem ?

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tandem

Voici ce que nous lisons dans le Traité de la conduite en guides et de l’entretien des voitures, publié en 1889 par M. le commandant Jouffret:

« L’attelage avec deux chevaux placés en file est dit attelage en tandem; on devrait plutôt dire attelage à la Tandem, car le nom vient de celui de lord Tandem, célèbre écuyer du temps de Louis XIII, qui attela le premier ainsi, et qui, dit-on, menait tellement vite qu’il faisait faire à son cheval de devant, dressé à la selle, mais attelé pour la première fois, tous les mouvements que l’on peut obtenir au manège, changement de pieds, d’allure, etc. »

C’est donc par analogie avec ce mode d’attelage qu’on a donné aux vélocipèdes portant deux ou plusieurs personnes, placées l’une à la suite de l’autre, ce nom de tandem, qui déroute d’autant mieux les curieux d’étymologies qu’ils croient voir là l’adverbe latin qui signifie « enfin » dont on cherche vainement le rapport avec un appareil locomoteur.