Le château de la Belle au bois dormant

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Le château d’Ussé, avec ses terrasses à la française et ses tours crénelées, surplombe de sa majestueuse silhouette les vallées de la Loire et de l’Indre

Le château d’Ussé se dresse à la lisière de la sombre et mystérieuse forêt de Chinon. Semblant tout droit sorti d’un conte de fées, il domine majestueusement les vallées de la Loire et de l’Indre de sa haute silhouette blanche.

C’est sur les ruines d’une ancienne forteresse de bois qu’il fut construit. Cette dernière fut elle-même édifiée en 1004 par le premier seigneur connu des terres d’Ussé, le redoutable Viking Gelduin. En 1455, Jean V de Bueil, vaillant capitaine de Charles VII, fit bâtir un premier château fort en pierre de tuffeau. On peut en admirer encore aujourd’hui les magnifiques et hautes tours crénelées, toujours coiffées de leurs clochetons. La construction devait s’étaler ensuite sur plusieurs époques, aux XVe et XVIIe siècles, réunissant autour d’une majestueuse cour d’honneur les styles gothique, Renaissance et classique.

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Le château médiéval primitif fut donc ainsi transformé en une charmante et agréable résidence de plaisance. En 1664, le marquis de Valentinay, ami de l’écrivain Charles Perrault, créa de magnifiques terrasses à la française dessinées par Le Nôtre, l’architecte des jardins de Versailles. Une tradition locale prétend que, de passage à Ussé, Charles Perrault, inspiré par le romantisme des lieux, y écrivit le conte de la Belle au bois dormant.

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Les jardins à la française

En longeant le chemin de ronde, on découvrira les salles intérieures du château, entièrement consacrées à la triste histoire de la princesse Aurore. La méchante fée Carabosse, furieuse de ne pas avoir été invitée au baptême de l’enfant, lui jettera un sort. La jeune fille devra mourir, à l’âge de 16 ans, en se piquant la main avec le fuseau de son rouet. Mais les bonnes fées transformeront cette malédiction en un sommeil de cent années, au bout desquelles le prince charmant donnera à la princesse le baiser qui mettra fin à l’enchantement.

« La France mystérieuse. »  Sélection du Reader’s Digest, 2001

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Les morts dans le miroir magique

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Un magazine allemand publiait en 1898 un article où il était question d’un sorcier de Java qui avait la faculté de faire apparaître dans un miroir l’image de personnes décédées.

L’auteur de l’article affirmait sur l’honneur avoir vu ainsi apparaître sa mère, morte depuis plusieurs années à vingt mille kilomètres de là ! Vision subjective, diront sans doute les parapsychologues d’aujourd’hui.

Faut-il alors accepter comme un témoignage irrécusable celui du R.P. Truilles, professeur à l’Institut catholique de Paris, auteur d’un livre sur les Pygmées d’Afrique équatoriale ? Dans cet ouvrage, le révérend rapporte que les petits hommes de la forêt se transmettent des nouvelles à distances considérables par l’intermédiaire de « miroirs magiques », dans lesquels ils font apparaître des images, exactement comme sur nos écrans de télévision.

On constatera, bien sûr, que beaucoup de faits étranges de ce genre se déroulent à une époque révolue et reposent sur des témoignages dont on connaît la fragilité. La science ne disposait pas sur place des moyens de vérification pour départager le vrai du faux et encore moins du subjectif dans ces pratiques occultes, imprégnées de magie et de sorcellerie. Et même aujourd’hui, sans doute par peur du ridicule, les chercheurs scientifiques ne se risquent pas volontiers à investiguer dans des domaines si éloignés de la physique, de la chimie et de la biologie traditionnelles.

« Curieuses histoires de l’Etrange. »  Christian Vignol. Editions Jourdan, 2012

Le château des Tourelles et le fantôme de Sarah Bernhardt

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Château des Tourelles. Photo: Spedona

A Champigny-sur-Marne, près du viaduc de Nogent, existe un château qui a appartenu à Sarah Bernhardt et qui, à sa mort, fut acheté par une certain M. J.F.

Mais celui-ci s’aperçut, dès sa première nuit au château, qu’il était hanté. Le nouveau propriétaire reconnut aussitôt la grande actrice dans le fantôme qui se manifestait. Et cela de la manière la plus simple: les pas qui retentissaient dans l’escalier d’honneur se décomposaient en deux temps: d’abord le bruit léger d’un pied féminin, puis le martèlement sec d’une jambe de bois. Or, Sarah Bernhardt avait été amputée dans ses vieux jours.

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Sarah Bernhard

Passionnés par cette affaire, des acteurs célèbres, dont Sacha Guitry et Jacques Varenne, vinrent passer une nuit au château et constatèrent le fait.

« Maisons et lieux hantés. » Danielle Hemmert & Alex Roudène, Editions Vernoy, 1980

Blackout

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Au débuts des années 1940, mon père était policier dans un village au nord du Hampshire. Près de là se trouvaient des camps militaires de transit qui justifiaient d’incessantes allées et venues de troupes. Inévitablement elles accueillirent puis abandonnèrent nombre de chiens que les gens du village amenaient au poste de police. 

Pendant la guerre,  l’occasion de faire du sentiment était rare. Tout chien errant qui n’était ni réclamé ni adopté en l’espace de sept jours (c’était la loi en temps de guerre) était abattu. Un jour, on amena à mon père un magnifique labrador noir. Notre propre chien venait de mourir et nous étions tristes. Alors Papa a dit: « Je pense qu’on va le garder celui-là. » C’est ainsi que Blackout (en français « couvre-feu »… guerre oblige !) fit nombre de promenades à la laisse avec nous, demeurant le reste du temps attaché au bout d’une chaîne.

Après dix jours de ce régime, Papa déclara en lui ôtant sa chaîne: « Je crois qu’à présent il s’est habitué à nous. » A notre grande consternation, Blackout ne fut pas plus tôt libéré qu’il se sauva, passa le portail et dévala la rue à la vitesse d’un lévrier. « Eh bien, fit Papa, c’est la dernière fois qu’on le voit. »

Mais contrairement à toute attente, deux heures plus tard, Blackout remontait la rue en trottinant, avec dans la gueule un coussin qu’il nous offrit avec maints battements de queue.

Ce n’était pas un vieux coussin ordinaire mais un grand coussin en brocart précieux. Il provenait de toute évidence d’une des belles maisons du secteur … mais laquelle ? Le lendemain, Blackout s’échappa de nouveau et revint avec un autre coussin qui se mariait parfaitement avec le premier. Il avait l’air très content de lui. Papa commençait à être sérieusement embêté. Non seulement il ignorait la provenance de ces coussins (il ne pouvait donc pas les rendre à leur propriétaire) mais en plus il se disait que son adjoint aurait piètre opinion de lui s’il apprenait qu’il possédait un chien kleptomane.

Le troisième jour, Blackout se débarrassa à nouveau de sa chaîne et disparut, mais cette fois il revint « bredouille », dirons-nous. En revanche, il était suivi d’une des propriétaires des maisons alentour. Elle déclara qu’elle avait surpris Blackout en train d’essayer de lui subtiliser une chaise pliante de jardin.

Le labrador n’avait pas paru particulièrement ravi qu’on l’empêchât d’emporter son butin, ajouta cette dame qui demandait la restitution de ses coussins. Papa se confondit en excuses, expliqua à la dame à quel point il était embarrassé, surtout lui, un représentant de la loi, d’avoir un chien kleptomane. Heureusement la dame, qui connaissait Papa, avait aussi le sens de l’humour.

Nous avons gardé Blackout plusieurs années et depuis ce fameux jour il n’a jamais plus rien volé.

Bill Hurst, The Daily Mail, 18 mai 2006

« Petite anthologie du chien » J. A. Wines, Le pré aux clercs, 2007

Prophétie et autosuggestion

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Prophétie-autosuggestion

Un vendredi 13, en 1946, une sage-femme de Georgie fut appelée pour la venue au monde de trois petites filles, dans la région du marais d’Okefenokee. Méchamment, elle jeta un sort aux trois nouveau-nées.

Elle prédit que la première mourrait avant ses seize ans ; la deuxième, avant ses vingt et un ans, et la troisième, avant son vingt- troisième anniversaire. Les deux premières prédictions se réalisèrent par mort violente: une des jeunes filles, à quinze ans, succomba dans un accident de voiture; une autre fut tuée d’un un coup de feu, au cours d’ une rixe dans un cabaret de nuit, la veille de ses vingt et un ans. Deux années plus tard, en 1969, la troisième jeune fille demanda à être admise dans un hôpital de Baltimore. Au bord de l’hystérie, elle affirma avoir été condamnée à mourir avant son troisième anniversaire, à trois jours de là.  Elle ne présentait aucun trouble physiologique, mais on la mit en observation.

Le lendemain matin, deux jours avant la date fatale, on la trouva morte dans son lit, apparemment victime de sa croyance en la puissance du maléfice de la sage-femme.

Science Digest. », août 1976

La fée Andaine

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Au temps de la chevalerie, dans l’opulent manoir de Rasne, au milieu de la forêt d’Andaine, en Normandie, vivait un jeune chevalier, insensible jusqu’alors aux plaisirs pour lesquels ses amis combattaient dans les tournois.

Il aimait la chasse et ne quittait que rarement l’enceinte du château, qu’entourait la majestueuse forêt. Un soir, le beffroi sonnait sept heures. C’était en hiver; Raoul allait se livrer au repos, quand le bruit du cor l’étonne et l’éveille. Il selle son cheval, s’élance dans le forêt et se trouve bientôt au milieu d’une chasse que conduisait une grande dame, accompagnée de vingt autres montées toutes sur des coursiers blancs. Elles poursuivaient un cerf ; soudain, la dame suzeraine ou reine, voyant frémir le bel animal à qui les approches de la mort font verser des larmes, le protège de son bras levé et lui sauve la vie.

Raoul, cloué à sa place par la surprise, reprend pourtant ses sens, et s’avançant vers Andaine (c’est le nom de la reine des fées), lui dit avec courtoisie qu’elle peut à son gré chasser dans ses domaines, pourvu qu’elle lui permette de courir à ses côtés. Andaine rougit et répond que pour cette fois la chasse est terminée, mais que, dans une année, elle reviendra à la même heure.

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Un an se passa ; sept heures sonnaient … Raoul se dirige au centre du bois: Andaine l’attendait, Andaine qu’il allait nommer son épouse. Andaine mit à ce contrat une condition :

Si jamais, lui dit-elle, vous parlez de la mort devant moi, je disparais aussitôt.

Sept ans passèrent. Le beffroi de la tour sonnait sept heures. Il y avait fête au château de Rasne ; Raoul recevait les invités, car Andaine achevait sa parure. Ses deux enfants jouaient près d’elle ; Raoul envoya un page la prier de se hâter. Elle ne se pressa guère plus, la fée malicieuse, et lissa ses tresses noires mêlées de perles blondes. Raoul vint lui-même la chercher et s’écria en riant :

En vérité, madame, quand mon heure sera venue, on pourra vous envoyer quérir la mort, avec espoir qu’elle m’accordera un long délai.

fée-andainePendant que ces derniers mots tombaient de ses lèvres, le bruit de deux ailes le frappe d’épouvante; Andaine a saisi ses deux enfants; elle les enlève et s’envole par la haute fenêtre en jetant un dernier regard à Raoul, qui lui tend vainement les bras.

On ajoute qu’on a vu longtemps sur cette fenêtre l’empreinte du pied de la fée, que Raoul lui survécut peu et que nul depuis n’a osé habiter la chambre d’Andaine.

« Légende des esprits et des démons qui circulent autour de nous. »  Jacques Albin Simon Collin de Plancy, éditions Henri Plon, 1863.

Le Château de Termes

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Château de Termes. Photo: casteland.com

Evoquer Termes revient à évoquer un des sites historiques les plus marquants de l’histoire de la croisade Albigeoise. Situé dans l’Aude, dans les Hautes-Corbières, Termes a donné son nom à la petite région qui l’entoure : le Termenès. Le siège de Termes par la croisade en 1210 a fait la réputation internationale du site. En voyant les ruines de Termes éparpillées dans un site désolé, peut-être aurez-vous du mal à imaginer que la citadelle fut l’une des plus importantes places fortes de Moyen Age.

Les cathares, qui en firent leur bastion, croyaient le château imprenable… Bien malin qui aurait pu les contredire, forte de de ses 4 000 m² et de ses puissantes fortifications, occupée par des homme au courage légendaire, la citadelle de Termes impressionnait les croisés, au premier rang desquels Simon de Montfort lui-même. Pourtant, celui-ci n’en est pas à son premier siège, mais la forteresse n’est accessible que par la face sud et Montfort sait que Raymond de Termes, fameux seigneur cathare, n’est pas près de se rendre. Le siège commence en août 1210 ; il durera quatre mois.

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Photo: dolphyns.free.fr

Les forces en présence sont équilibrées : tandis que Raymond fait le plein de vivres et voit sa garnison renforcées par l’arrivée providentielle de seigneurs faydits*, Simon s’équipe en lourdes machines de guerre et recrute des mercenaires allemands, bretons et belges. Après moult bombardements, les croisés s’emparent du faubourg et sont sur le point de menacer le château. Mais seule la dysenterie viendra à bout des occupants de Termes, des rats morts ayant empoisonné l’eau de leurs citernes. Affaiblis, les cathares se rendent. Fait prisonnier, Raymond de Termes mourra trois ans plus tard dans la prison de Carcassonne.

En 1653, sur ordre du cardinal de Richelieu, le château fut détruit par la poudre… comme s’il s’agissait d’effacer à tout jamais le souvenir de ces cathares qui avaient fait trembler tout à la fois l’Eglise et le royaume. Subsistent aujourd’hui des éléments de la vaste enceinte (XIIIe siècle) et la chapelle… C’est en grimpant au point le plus élevé du site qu’on peut le mieux imaginer (à défaut de la voir) la défunte grandeur de Termes.

*Les faydits ou faidits sont les chevaliers et les seigneurs languedociens qui se sont retrouvés dépossédés de leurs fiefs et de leurs terres lors de la croisade des Albigeois. Ils furent partie prenante dans la résistance occitane menée contre l’occupation et l’établissement des croisés venus du nord.

« A la découverte de la France mystérieuse. »   Sélection du Reader’s Digest, 2001.