Charles Mallory Hatfield – Le faiseur de pluie

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Charles-Mallory-Hatfield Il pouvait faire pleuvoir à volonté, simplement en produisant des fumées à partir de réactions chimiques qu’il a gardées pour lui.

Bien entendu, la science officielle affirme que ce n’est que par les méthodes consistant à pulvériser des cristaux à partir d’un avion, qu’on peut faire pleuvoir. Les statiticiens affirment par contre que cette méthode donne des résultats purement au hasard. Les querelles entre savants sont très dures à ce sujet. Hatfield, lui, réussissait à tous les coups, et son histoire mérite d’être reprise dans les détails.

En 1902, il est représentant voyageur de commerce en machines à coudre. Il n’a jamais fait d’études, mais il lit beaucoup. Très calme et très modeste, il prétendra toujours utiliser des phénomènes naturels qu’il comprend lui même très mal.

Il fait son premier travail de faiseur de pluie commercial en 1903, près de Los Angeles.

Il aura rempli en 25 ans 500 contrats à des prix allant de 50 à 10 000 dollars, le prix étant déterminé par ce que le client peut payer sans que ça le lèse. Il n’échouera jamais.

La municipalité de Los Angeles lui demande de remplir le bac de retenue. Pour quatre mille dollars, il obtient 25 cm de pluie au pluviomètre et l’eau dans le bac de retenue monte de six mètres. En le payant, la municipalité fait ce commentaire :  » C’est pour rien. » La rumeur des pouvoir de Hatfield se propage dans le monde entier. En Alaska, les torrents sont à sec en 1906. Les mineurs ne peuvent plus utiliser le procédé classique de lavage pour l’extraction de l’or, qui exige de l’eau. Ils se cotisent et offrent à Hatfield 10 000 dollars d’or.

Trente-six heures après que Hatfielf se soit mis en action, la pluie qui les sauvera tombera.

En 1922 l’Italie est en détresse. Tout le mezzogiorno est désséché. Hatfield arrive au secours. La pluie tombe , les champs sont sauvé. Tous les bacs de retenue sont remplis. La gloire de Hatfield devient mondiale

Dans le désert de Modave, en Californie, il obtiendra au bout de trois heures un mètre de pluie. Cela ne s’était jamais produit. Cela ne se produira jamais après.

Il mourra le 22 janvier 1958, en Californie. Malgré un demi-siècle de vérifications expérimentales constantes, 2 000 expériences réussies et aucune expérience ratée, la science refusera de croire à sa méthode. A côté d’un tel entêtement, Lavoisier refusant les météorites parce qu’il n’y a pas de pierres dans le ciel est un modèle de crédulité.

Hatfield parait avoir eu une affinité avec l’atmosphère et il était le seul parmi les hommes à l’avoir. Ce marchand de machines à coudre californien mériterait que la science se penche sur lui. Il est regrettable qu’elle ne l’ait pas fait pendant qu’il était encore vivant.

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Les Vikings n’étaient pas que des pillards

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Viking Asterix et Obelix 2012

Ces « hommes du nord », ou Nordmanni, comme les nomment les annales des IXe et Xe siècles, sont victimes d’un lieu commun. Ils sont présentés comme des pillards, s’attaquant aux pauvres populations chrétiennes sans défense. Mais la réalité est autre.

Le terme «Viking» désigne des hommes venus de Scandinavie, à la fin du VIIIe siècle, à bord de leurs navires, les knorr. Ils se rendent sur tous les rivages de la Baltique et de la mer du Nord. Leurs objectifs sont multiples. Ils exercent d’importantes activités commerciales, mais se livrent aussi au pillage des populations côtières, parfois en remontant les fleuves comme le Rhin, la Seine, la Loire. Le premier grand raid touche les îles Britanniques dans les années 790.

Pendant une grande partie du IXe siècle, le royaume de Francie (Le mot Francie a été créé par convention par des historiens pour rendre le mot latin Francia autrement que par France, dont c’est la traduction ordinaire, dès lors qu’on se situe aux époques mérovingienne ou carolingienne) occidentale est particulièrement ciblé par les Vikings et Charles le Chauve doit leur payer tribut. Parfois ils s’installent sur ces terres étrangères, d’où l’origine de la Normandie, concédée à Rollon par Charles le Simple en 911. En échange, le chef viking s’engage à protéger les côtes franques de futures attaques. Pour autant, il faut relativiser l’opposition entre Francs et Vikings.

Ces derniers ne sont pas seul à s’adonner au pillage. Au VIIIe siècle, les Pépinides, à la tête du royaume des Francs, mènent des expéditions contre les Saxons ou les Thuringiens. Le pillage et l’imposition de tributs permettent aux princes du haut Moyen Age d’alimenter leur trésor et d’alimenter et d’entretenir leurs troupes. Le pillage représente d’ailleurs une action héroïque pour les rois carolingiens. Le butin est fréquemment exhibé comme preuve de la valeur guerrière. Les pillages du IXe siècle ne sont donc pas nouveaux. Ce qui est inhabituel, c’est que les Francs en sont devenus les victimes.

Alors, pourquoi cette image de barbares ? Cela s’explique par les sources, essentiellement cléricales et monastiques. Les églises et monastères furent les cibles privilégiées des Vikings, d’où la réaction véhémente des clercs. Certains, comme Alcuin, présentent les Vikings comme une punition divine. Enfin, ils font partie d’un monde étranger, inconnu, terrifiant, où l’on se plaît à situer les monstres décrits par les auteurs de l’Antiquité.

Certains missionnaires ont vu des cynocéphales (hommes à tête de chien) parmi les  païens du Nord ! Les Vikings apparaissent comme des êtres sales, impies, rudes, contrairement à un monde carolingien qui se représente comme civilisé et chrétien. Le schéma à l’œuvre est le même que celui qui opposait Romains et Barbares. Une image négative, donc, qui nous en dit plus sur les représentations de « l’autre » par des clercs carolingiens que sur la réalité historique de ces Vikings.

Rodolphe Keller
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« 150 idées reçues sur l’histoire »

Satan n’a pas toujours été un démon

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satanForce du mal absolu, Satan incarne dans La Bible le monstre malfaisant. Satan à l’origine est un homme. Le nom commun satan, qui signifie en hébreu « l’adversaire » ou « l’accusateur », apparaît à plusieurs reprises dans l’Ancien Testament. Mais il n’est pas une force du mal, car, pour les Juifs, Dieu est une puissance totale qui n’a pas en face de lui une puissance antagoniste mauvaise.

Le prophète Zacharie voit « Josué le grand prêtre debout devant l’Ange du Seigneur et le satan se tenait à sa droite pour l’accuser ». Il est clair qu’ici le satan jour le rôle de procureur. Il n’incarne pas le mal et est autorisé à se présenter devant le Seigneur.

Dans le Livre de Job, les fils de Dieu se rendent à l’audience du Seigneur et le satan se trouve parmi eux. Ce satan dit au Seigneur « qu’il parcourt la Terre. Il rôde pour observer les hommes, noter leurs mauvais comportements et en rendre compte à la cour du Seigneur. Le satan se montre sceptique lorsque Dieu s’enorgueillit de la vertu de Job et il le met au défi d’accabler Job de malheurs pour voir si cet homme restera intègre et droit ».

Le satan n’est pas directement responsable des malheurs de Job et, en bon procureur, se contente d’avancer que la vertu de Job est tributaire des bienfaits qu’il a reçus de Dieu.

Le satan « adversaire » devient Satan, nom propre sans article, dans un texte des Chroniques qui, reprenant un passage du Livre de Samuel (« La colère du Seigneur s’enflamma contre Israël et incita David à organiser un recensement. »), le traduit par : « Satan se dressa contre  Israël et incita David à dénombrer Israël. » L’auteur des Chroniques (IVe-IIIe siècle av. J.C.) a trouvé impossible d’attribuer à Dieu une action mauvaise et par conséquent il personnifie les forces du mal hostiles à Dieu par ce Satan.

Dans la littérature intertestamentaire (textes rédigés entre l’Ancien et le Nouveau Testament), Satan occupe une place importante. On le présente comme étant à l’origine un ange déchu qui a été chassé du jardin d’Eden et il est parfois assimilé au serpent qui tente Adam et Eve. La Règle de la communauté de Qumran explique que Dieu a créé deux esprits, celui de la Lumière et celui des Ténèbres. Les hommes conduits par l’esprit de vérité sont les fils du Prince des Lumières, leurs adversaires sont les les fils du Prince de Ténèbres.

Les auteurs du Nouveau Testament évoquent souvent Satan par sa traduction grecque diabolos (diviseur). Satan tente Jésus dans le désert, il est l’adversaire du royaume de Dieu. L’Apocalypse évoque la lutte de celui qu’on nomme « Diable et Satan » contre l’église. Jean donne plusieurs surnoms à ce Prince du monde, le Malin, le Serpent primitif, l’Ange de l’abîme, Abaddon ou Apollyon (« Destructeur » en hébreu et en grec), la Bête. Satan est l’ennemi par excellence, mais il n’est pas l’égal de Dieu.

Ce n’est qu’à partir du Moyen Age que Satan occupe une place croissante dans la religion chrétienne. Il est devenu une force égale et opposée à Dieu. Il porte différents noms: Lucifer, Belzébuth ou Méphistophélès. Il est le souverain de l’Enfer où il dirige une armée de démons. Il est doté d’un aspect monstrueux, son corps étant composé de parties de bêtes malfaisantes, réelles (serpent, chauve-souris) ou imaginaires (dragon). Il est capable de prendre toutes les apparences pour venir tenter les mortels.

Catherine Salles/Historia « 150 idées reçues sur l’histoire.« 

L’âne lutin

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Un habitant de Thièvres (Somme) revenait un soir d’été, vers dix heures, de la fête d’un village voisin, Orville, situé à quelques kilomètres de là. La lune était dans son plein, et le paysan chantait à gorge déployée.

À deux kilomètres environ de son village, il fut étonné de voir une grande ombre se détacher à côté de la sienne sur le rideau en talus bordant la route. Cette ombre était celle d’un homme de gigantesque stature, comme il parut au paysan. Peu rassuré, ce dernier se retourna et en un instant l’homme se trouva changé en âne. Le paysan ne chanta plus.

Pour sûr, se dit-il, j’ai affaire à un lutin qui, pour me jouer quelque tour, vient ainsi de se changer en âne. Je donnerais gros pour être à la maison couché dans mon lit, à côté de ma femme, au lieu de me voir à cette heure en la compagnie de ce lutin.

L’homme pressa le pas et l’âne pressa le pas ; l’homme s’arrêta et l’âne s’arrêta. Le paysan reprit sa route en courant et l’âne courut sur ses talons jusqu’à l’entrée du village. Mais là, le lutin disparut. L’homme s’en croyait définitivement débarrassé quand, arrivant à la porte de sa maison, il y retrouva le lutin. L’âne se rua sur lui, le frappa de grands coups de sabots et s’enfuit en poussant des hi ! han ! hi ! han ! à réveiller tout le village.

Il était à une demi-lieue de Thièvres qu’on entendait encore le bruit de ses sabots frappant le sol.

HENRY CARNOY,Conté en 1881, par M. A. Bonnel, de Thièvres (Somme).

Les nœuds de sorcière

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Ces figures, qui donnent l’impression de n’être que des éléments de décoration voulus par un ébéniste, possèdent en réalité une fonction magique bien précise. Elles sont censées soit représenter l’esprit tordu du démon, soit être des amulettes destinées à protéger les lieux.

Tout maléfice étant par définition entrave à la vie, celui-ci se traduit souvent dans l’imaginaire par des nœuds effectués par des sorcières. Leur opposer une figure qui représente elle-même un nœud, c’est combattre le mal par le mal. Selon une autre croyance, ces nœuds sont supposés interdire l’entrée de la maison aux mauvaises gens; ou encore être destinés à l’esprit malin, à charge pour lui de passer son temps à essayer de le dénouer plutôt qu’à faire le mal …

« A la découverte de la France mystérieuse. », p.11, Sélection du Reader’s Digest,