La Dame du Val-de-Fier

Publié le Mis à jour le

Le Fier. Photo: Totodu74

L’héroïne de ce conte appartient à la famille des revenants tourmenteurs. «Tel vivant, tel mort » pourrait être la devise de ces retournants qui poursuivent leurs méfaits par-delà leur trépas.

A hauteur du village de Saint-André, en Savoie, et à l’endroit où les contreforts des deux massifs sont le plus rapprochés, le Fier s’engage dans un étroit goulot dont les pentes abruptes et boisées s’étendent sur une longueur de plus de quatre kilomètres et sont longées par la route qui va d’Annecy à Seyssel et qui a remplacé l’ancienne voie romaine. Ce site, empreint d’une impressionnante grandeur, est désigné sous le nom de Val-de-Fier ou, plus rarement, de Bagnes-de-Fier. La rivière s’engage en grondant et en bouillonnant dans un ravin profond au fond duquel elle se transforme en un véritable torrent. A l’entrée du ravin se dressent les ruines d’une petite chapelle consacrée à saint André et qui en gardait autrefois l’entrée. Un peu plus loin on voit sur la rive gauche, au pied d’un roc immense surplombant à pic le torrent, les restes d’une très vieille maison que l’on appelle dans le pays la Chambre de la Dame.

Cette maison, accrochée aux flancs du rocher, est pratiquement inaccessible. Elle fut habitée, dit-on par une femme, mais ce fut en des temps très lointains et à une époque où les choses les plus invraisemblables paraissaient alors toutes naturelles. L’étrange habitante de ces lieux fut, si l’on en croit les récits que l’on contait autrefois au coin du feu, une châtelaine qui possédait pourtant à Saint-André un fort beau manoir. Du temps qu’elle habitait son manoir, cette châtelaine était une personne fort peu recommandable. Quelque peu magicienne et sorcière, elle ne croyait guère qu’au diable et les habitants du pays la craignaient autant qu’ils la détestaient. D’une avide cupidité, sans pitié pour les malheureux, elle poursuivit spécialement d’une haine implacable les gens d’Eglise. Elle ne pensait qu’à augmenter sans cesse sa fortune pourtant déjà fort grande et vivait dans son château avec quelques mécréants de son espèce qui lui servaient de domestiques.

Fichier: St andre.JPG
Chapelle du cimetière de Saint-André. Photo: Jean73

Mais un jour, une épidémie de peste noire s’abattit sur Saint-André et tua les habitants comme des mouches. La châtelaine prit peur et craignit d’être atteinte à son tour. Et comme elle tenait beaucoup à la vie, elle décida de fuir son castel et d’aller se réfugier au sein même du ravin, où elle pensa être à l’abri du mal. Elle fit donc rapidement bâtir la maison dont on trouve encore les vestiges et fit transporter toutes ses richesses. Puis, délaissant le village déserté, elle s’installa à l’entrée du défilé avec ses gens, dans cette demeure suspendue entre le ciel et l’eau.

Une fois retranchée dans son repaire, la Dame ne trouva rien de mieux que de rançonner les voyageurs qui passaient sur la route. Tel un renard s’élançant de son terrier, elle les guettait avec ses complices et les dépouillait sans vergogne de tout ce qu’ils avaient sur eux, argent, vivres, bijoux, etc. Elle s’attaquait de même aux pèlerins qui fréquentaient la chapelle de Saint-André. Aussi pendant longtemps put-elle, avec sa bande, vivre largement et accumuler des richesses de plus en plus importantes dans son inaccessible refuge.vf6.jpg

Mais sa sordide avarice devait finir par la perdre. Elle ne laissait, en effet, à ses comparses qu’une part aussi réduite que possible des butins ramassés et ceux-ci finirent par se lasser de se voir ainsi dépouillés de la quasi-totalité des fruits de leurs rapines. Ils devinrent menaçants et demandèrent le partage équitable de tous les biens accumulés dans la maison. La sorcière, remplie d’effroi, eut alors, pour se retirer de ce mauvais pas, l’idée de faire appel à Satan, dont ces lieux décharnés constituaient un séjour de prédilection.

Une nuit donc, après avoir procédé aux incantations d’usage, elle se trouva en face du maître des enfers et lui demanda de lui assurer un asile au sein même du ravin en s’engageant, en échange, à demeurer, jusqu’à la fin des temps, sa très humble et très obéissante servante. Le démon accepta le marché et aussitôt l’ancienne châtelaine fut transportée avec tous ses trésors dans une grotte située au coeur même du défilé, à l’endroit le plus sauvage et en un lieu où nul ne pourrait jamais la déloger.


Voir la carte topographique de France

Et, depuis, la Dame du Val-de-Fier reste nuit et jour près de ses richesses, qu’elle contemple et brasse sans cesse et dont elle peut désormais jouir pour l’éternité. De temps en temps elle s’en va, dit-on, errer à travers l’abîme. Diaphane et immatérielle, elle part vêtue seulement d’une longue robe blanche, les cheveux flottants au vent, portant sur son épaule un lourd sac d’argent. On la voit quelquefois sauter de roc en roc, semblable, sous la course de la lune, à quelque apparition druidique. D’autres fois c’est au sein d’un épais brouillard ou parmi de violentes rafales de vent qu’elle accomplit ses fantastiques randonnées. Et partout où elle passe, les rochers restent, dit-on, crevassés derrière elle et les buissons effleurés par sa robe sont roussis comme s’ils avaient été atteints par la foudre.

Malheur à ceux qui aperçoivent la blafarde silhouette de la Dame du Val-de-Fier car celle-ci, si elle ne s’en prend plus aux biens matériels des voyageurs, cherche désormais à les dépouiller de leurs âmes eu profit du suppôt des enfers. Mieux vaut donc ne pas se risquer la nuit aux abords de ces lieux infernaux. Et si l’on s’y trouve par hasard et que l’on vienne à rencontrer cette créature, fuir sans détourner la tête, c’est seulement ainsi que l’on aura quelque chance de sauvegarder son salut éternel.

Georges CHAPIER, « Légendes de Savoie », 1945

Publicités

La légende de la glacière du Kertoff

Publié le Mis à jour le

vallée

Les Fées de la Vallée de la Vologne ont leur manoir dans l’intérieur de la montagne de Nayemont, près de Martimprey, et le nom de l’une d’elles, de la Fée Polybotte, est resté dans la mémoire des conteurs de légendes.

Un jour, une troupe de brillants chevaliers vint chasser dans le pays ; le plus beau d’entre eux s’égara dans la forêt et arriva à la grotte enchantée de la Fée Polybotte. Il fut accueilli avec magnificence et convié à une fête splendide ; mais, le matin venu, c’est en vain que la fée l’épuisa pour le retenir auprès d’elle toutes les séductions et toutes les ressources de son art magique.

« Radieuse châtelaine, dit le paladin, j’ai vécu dans ton palais un rêve délicieux qui restera toujours dans ma mémoire, uni au souvenir reconnaissant que je garderai de ton accueil… mais déjà ma fidèle épouse m’attend en mon logis… je me vois obligé de m’arracher aux douceurs du séjour divin que tu m’offres de partager et serai toujours ton serviteur le plus dévoué. »

A ces mots, les traits de la mauvaise Fée se tirèrent horriblement, et sa bouche se plissa dans une méchante grimace.

« Va, dit-elle, puisque tel est ton désir, mais crains la bise du matin, car elle est parfois glaciale. »

La roche s’entrouvrit alors brusquement et le chevalier s’enfuit en courant ; mais au moment où il franchissait l’entrée de la grotte, il fut étreint dans un bloc de glace. C’est depuis ce moment que l’on voit par la fente du Kertoff la glace qui remplit l’intérieur de la montagne; en même temps les Fées ont abandonné les bords du Lac. Pendant longtemps le page du chevalier sonna du cor pour rappeler son maître égaré. Il se tenait, non loin de Retournemer, sur un roc qui, depuis, s’est appelé la Roche-du-Page. Désespéré de ne plus voir revenir son maître, il se noya dans le Lac. Le soir, on voit quelquefois errer son ombre, et dans les nuits d’été, ses plaintes sont comme l’écho du cor dans la montagne.

A. Pierrot. 1925.

La grande peur de Gabrielle Renaudot

Publié le Mis à jour le

Camille-Flammarion-Gabrielle-Renaudot

Voici un récit de hantise, rapporté par Mlle Renaudot, devenue, par la suite Mme Camille Flammarion.

Mlle Renaudot ayant été invitée en avril 1918, par le docteur Bonnefoy, veuf et remarié, à venir passer quelques jours à Cherbourg, il lui échut une chambre renfermant de nombreux objets ayant appartenu à la défunte Mme Bonnefoy, et, en particulier, le lit dans lequel elle était décédée.Des liens d’affection profonde avaient uni Mme Bonnefoy et Mlle Renaudot.

«Il se trouva, écrit cette dernière, que je reçus, sinon sa chambre, du moins son lit, transporté du rez-de-chaussée, où elle était morte, dans ce qui avait été sa chambre de jeune fille. Le souvenir du passé me revenait constamment. Je la revoyais si heureuse d’une vie à la fois active et harmonieuse, puis sur ce lit qui avait été, pendant trois nuits, son lit mortuaire. La première nuit, je ne dormis pas, songeant à elle, à sa maison. J’étais d’ailleurs un peu souffrante. Le lendemain, je me promis une bonne nuit. Je m’endormis, chassant mes anciens souvenirs.

A 4 heures du matin, le 27, un bruit formidable m’éveilla: à gauche du lit, des craquements terribles se faisaient entendre dans le mur. Ils se propageaient autour de la chambre. Et puis, des craquements plus doux, comme d’une personne se retournant dans un lit, se produisirent à plusieurs reprises. Enfin, j’entendis un pas léger et glissant, partant à gauche du lit. Dans mon émotion, je me levai, et j’allumai une bougie. A 5 heures, en proie à une terreur irraisonnée, je montai chercher la cuisinière, Marie Thionnet. Elle descendit avec moi. Dès son arrivée, nous n’entendîmes plus rien. Vers 6 heures, le docteur, au second étage, s’est levé et est allé dans son cabinet de toilette: les bruits qu’il fit en se levant et en marchant ne ressemblaient pas à ceux que j’avais entendus.

Dans la journée, je cherchai l’explication du phénomène: chats, rats … j’examinai le mur à gauche du lit: sans aspérités. D’ailleurs les bruits mystérieux étaient très différents de ceux qui auraient pu être produits par des animaux, chats ou chien.

Le samedi, je me couchai, déjà nerveuse. A 11 heures, les bruits recommencèrent comme le matin. Aussitôt, en proie à la plus vive émotion, je montai chercher chercher la cuisinière. Elle descendit et s’étendit sur le lit, à côté de moi. Pendant une demi-heure, les bruits continuèrent. Les coups étaient si forts que nous craignions à tout instant de voir tomber le cadre qui soutenait le portrait de Mme Bonnefoy. Des pas glissants parcouraient la chambre. La cuisinière entendit tout cela comme moi. Elle est âgée de vingt-six ans. A 11h30, les bruits cessèrent.

Ces manifestations étant extrêmement désagréables, surtout parce que l’on sait qu’on a affaire à une cause inconnue, incompréhensible, je me recueillis dans la journée du lendemain. Je suppliai la morte de m’en épargner la douloureuse émotion.

Je suis restée dans cette maison jusqu’au samedi 4 mai. Etant redevenue plus calme, j’ai prié la morte de se manifester et de me faire savoir d’une manière quelconque ce qu’elle pouvait désirer. Mais je n’ai rien observé depuis, malgré mon désir (mêlé d’effroi) de pouvoir contrôler le phénomène, et d’obtenir, si possible, l’explication de cette étrange manifestation.»

A propos de ce récit, il n’est pas inutile de faire remarquer que Mlle Renaudot, alors jeune astronome à l’observatoire de Juvisy, mathématicienne distinguée, directrice du bulletin mensuel de la Société astronomique de France, membre de l’Association des journalistes parisiens, était très sceptique en ce qui concerne les phénomènes psychiques. Elle n’était guère de nature craintive et passait des nuits entières à observer les étoiles.

Pour la première fois de sa vie, elle avait connu la peur ! …

« Maisons et lieux hantés. »  Danielle Hemmert/Alex Roudène. Ed. Vernoy, 1980.

Un rayon mortel

Publié le Mis à jour le

Araçariguama
Araçariguama

Les faits se déroulèrent au Brésil, dans le petit village d’Araçariguama, à 46 km au nord-ouest de Sao-Paulo. C’est le professeur Felipe Machado Carrison, président du GGIOANI, groupement brésilien d’étude sur les phénomènes OVNI qui révélait, en 1971, cette aventure hallucinante dont fut victime un paysan de la région de Sao-Paulo.

Date de l’incident: Mardi Gras du Carnaval – 5 mars 1946.

Lieu: Bourg d’Araçariguama, dans la circonscription administrative de Sao Roque, Etat de Sao Paulo, Brésil.

Personnalité de la victime: João Prestes Filho, Brésilien, marié, agriculteur et commerçant, résidant dans la localité.

Age: 40 ans en 1946. Homme physiquement robuste et jouissant d’une excellente santé.

Principal témoin interrogé, ayant présentement 64 ans: Aracy Gomide, Brésilien, marié, originaire de Sao Roque. Age en 1946: 39 ans. Il remplissait les fonctions d’Inspecteur fiscal de la Préfecture de Sao Roque. Il possédait des connaissances pratiques au sujet des maladies et prenait soin des malades de la région souffrant de maladies courantes, car il n’y avait pas de médecin sur place ni même à proximité. Par la suite, il devint trésorier de la Préfecture Municipale de Sao Roque. Il a toujours joui d’une haute considération sociale.

Enquêteur actuel sur les événements: Dr Irineu José da Silveira.

Assistèrent aux déclarations des témoins: MM. Guilherme da Silva Pontes et Jonas de Souza, commerçants, ainsi que M.  João Gennari, courtier.

Voici les faits:

C’était au cours de la tranquille année 1946, à Araçariguama, à quelques km des rives du rio Tietê. Le pauvre village ne disposait pas encore de la lumière électrique ni de réseau téléphonique, et se trouvait éloigné des grands axes de la circulation. Dans son isolement intérieur, il se réduisait à une surface de terre battue, entourée de quelques maisonnettes anciennes et de l’historique église diocésaine (Igreja Matriz). Zone rustique et exclusivement consacrée à la culture primitive des céréales, où rien ne faisait encore pressentir les développements ultérieurs du progrès. Toute l’histoire de ce village se réduisait à une lente succession d’habitudes quotidiennes pratiquement identiques. Une exception cependant: durant les nuits des lumières étranges évoluaient, décrivaient par bonds des trajectoires irrégulières, dans le ciel au-dessus des monts et des bois de la région, donnant lieu à des opinions divergentes au cours des entretiens dans les réunions banales. En résumé: quelque chose de nouveau, de surprenant et de mystérieux.

Mardi gras.

João Prestes Filho avait invité son ami Salvador dos Santos, âgé de 39 ans et encore vivant aujourd’hui (en 1977), à une partie de pêche sur les bords du Tietê. Il demanda à son épouse qu’elle emmène ses fils pour qu’ils assistent aux réjouissances carnavalesques en lui disant qu’elle devait laisser, entre-temps, à peine entrebâillée une des fenêtres de la maison par laquelle, à son retour de la pêche, il pourrait rentrer chez lui. Prestes et Salvador passèrent la journée à pêcher, joyeusement et sans souci.

Vers 19h00, sous une brume légère et uniforme, alors que l’état de l’atmosphère n’était pas orageux mais serein, et donc impropre à la formation d’éclairs communs et d’éclairs «en boule » (voir l’ouvrage « Discos Voadores, imprevisiveis e conturbadores », p.52), ils revinrent du rio Tietê. Ils se séparèrent à une bifurcation du chemin, se dirigeant chacun vers sa propre maison, leur maison étant située en des lieux différents et distants l’un de l’autre.

Une heure après, Prestes, absolument terrorisé, fit irruption dans la maison de sa sœur, Maria, expliquant à haute voix et de façon entrecoupée que lorsqu’il tenta d’ouvrir la fenêtre (ou la porte fenêtre) de sa maison, il reçut de l’extérieur un silencieux faisceau de lumière contre lequel il protégea ses yeux et, naturellement, sa tête avec ses deux mains. Etourdi, il tomba sur le sol, pendant quelques brefs instants et sans perdre conscience, il se releva et se mit à fuir, ses mouvements restant apparemment normaux, vers le centre du village, en quête de secours. Les voisins de Maria, y compris Aracy Gomide, furent immédiatement appelés, Prestes ne cessait de répéter son histoire.

Aujourd’hui, Gomide déclare qu’il n’a pas cessé d’accompagner Prestes. Les cheveux, la tête, les yeux, les vêtements (chemise à manches courtes, pantalons retroussés, ni chapeau ni chaussures), de même que les parties du corps du corps de Prestes, protégées par les vêtements ne présentaient pas de trace de brûlures profondes ou légères, ni d’anomalies. Ses yeux étaient dilatés d’épouvante, sa voix excitée.

Mais, peu après, la scène tourna rapidement à l’horreur: les chairs de Prestes commencèrent à devenir visibles, à prendre le même aspect que si elles avaient été cuites pendant de longues heures à l’eau bouillante. Elles se mirent à se décoller des os, tombant par morceaux de la mâchoire, de la poitrine, des bras, des mains, des doigts, de la partie inférieure des jambes, des pieds et des orteils. Quelques fragments de chair restèrent suspendus par les tendons, les assistants n’osant pas les arracher (sic). Puis tout se détériora de façon imprévisible. Les dents et les os étaient à nu. Prestes refusa énergiquement l’eau et les aliments qui lui furent proposés, mais, à aucun moment, il ne parut ressentir de douleurs.

Un spectre terrifiant se disloquant de mutilation en mutilation. Des yeux écarquillés de terreur. Des paroles déjà déformées dans une bouche qui se désarticulait. Il ne restait plus que des sons dont les significations étaient perdues. Dans la confusion générale, ce qui restait du corps quasiment décomposé de Prestes fut chargé sur une charrette qui devait l’emmener à Santa Casa de Santana de Parnaíba, le plus proche hôpital.

Dans la sixième heure après l’agression de la lumière, un cadavre revint à Araçariguama, car Prestes mourut au cours du voyage sans atteindre l’hôpital. Jusqu’à ses derniers moments, des sons gutturaux sortirent de sa bouche qui s’arrêtait tout juste aux dents. Est-ce qu’il continuait à répéter son histoire d’horreurs ?

Comme il n’y eut pas d’examen médical, le certificat de décès qui fut signé par plusieurs témoins ignorants, disait: «Mort par brûlures généralisées». Mots incapables de traduire cette mort atroce et inconnue de notre science actuelle, puisque les symptômes et l’ensemble des événements conjoints ne correspondaient pas à des lésions qui puissent être produites soit par l’électricité naturelle (foudre, etc.), ou artificielle, soit par des radiations connues.

Tombe de João Prestes Filho
Tombe de João Prestes Filho

La police fit quelques recherches qui ne conduisirent à rien qu’on pût ajouter valablement au contenu du certificat de décès. Sur les lieux, aucune trace ne fut relevée, ni au dehors ni à l’intérieur de la maison. Cependant, on ne doit pas exclure la possibilité, non vérifiée, que quelque chose ou quelqu’un d’étrange ait pu se trouver dans la maison. Mais si quelqu’un s’y trouvait effectivement, ce n’était pas une personne connue dans la région.

Par la suite, des lumières furent encore observées, qui se livraient à des évolutions capricieuses, inattendues et inoffensives dans le ciel nocturne d’Araçariguama.

Les cas de décès après des apparitions d’OVNI sont rarissimes. Dans les conditions décrites par F.M. Carion, ces cas se comptent sur les doigts d’une main et on tous eu lieu en Amérique du Sud (Argentine et Brésil).

« La chronique des OVNI. »   Michel Bougard. Editions Universitaires, Jean-Pierre Delarge, 1977.
 

Tel est pris …

Publié le Mis à jour le

artfichier_719954_1564555_201212153033642

Défunte, ma mère m’a raconté ce qui lui arriva une fois en puchant la lessive. C’était à Flamanville. Il y avait sur le feu une grande timbale remplie d’eau bouillante. Tout à coup, un bruit se fait dans la cheminée, puis il en tombe une trivelaine de chats gris, noirs, rouges et blancs.

– Elle eut bien peur ?

– Pas trop. Qu’est-ce-que ces chats pouvaient lui faire ? Ils paraissaient gelés.

– Chauffez-vous, minets, leur dit-elle.

Les chats ne se firent pas prier; ils s’installèrent près du feu, au bord des cendres, et se mirent à ronronner de satisfaction.

Ma mère attendait ce qui allait arriver. Elle pensait à un trésor, et cela lui aurait fait bien plaisir, à la pauvre vieille !

Mais Bonnin Mongardon, qui puchait avec elle, eut l’idée d’éprouver si c’était des vrais chats, des goublins ou des sorciers. Elle leur jeta de l’eau bouillante sur le dos, les chats se sauvèrent en soufflant et elle ne les revit plus.

Il n’y a rien là de drôle; Mais le lendemain,il y avait plusieurs gens du village qui n’osaient se montrer parce qu’ils avaient été brûlés. Ils s’étaient changés en chats pour faire une farce à ma mère, mais c’est eux qui avaient été attrapés.

Il y a des herbes qui, lorsqu’on en mange, peuvent vous tourner en toutes sortes de bêtes. Moi qui vous parle, j’ai connu à Flamanville un homme qui se mettait en mouton et allait se promener comme ça sur les falaises.

Jean Fleury, Littérature orale de la Basse-Normandie, 1884

Calcul de probabilités

Publié le Mis à jour le

pile-ou-face

En 1974, Tom Leonard, professeur de statistiques à l’université de Warwick (Angleterre), envoya à son confrère Arthur Koestler les observations et l’anecdote suivantes:

« Un phénomène de coïncidence a, par définition, des probabilités infinitésimales de se produire. Il y a cependant une infinité d’événements susceptibles d’arriver en coïncidence à un individu, mais qui finalement ne lui arrivent pas. Si nous faisions le total de toutes les coïncidences possibles, nous trouverions la probabilité que l’une d’entre elles au moins, tout à fait remarquable, se produise pendant la vie d’un individu. Je serais surpris que beaucoup de gens puissent affirmer qu’il ne leur est jamais arrivé une  coïncidence  extraordinaire.

Voici le plus beau cas de coïncidence  que je connaisse. Pour mon premier cours à l’université, un nouveau professeur de statistiques exposait aux étudiants les lois de la probabilité. Il sortit une pièce de monnaie de sa poche et la jeta en l’air. Elle retomba sur le sol, tournoya un moment, et dans un tonnerre d’applaudissements, s’immobilisa verticalement sur sa tranche. C’était l’une des nombreuses possibilités de l’arrêt du mouvement. »

Le mathématicien Warren Weaver a calculé que les chances qu’a une pièce parfaitement ronde de s’immobiliser sur sa tranche dans de telles conditions sont environ de une contre 1 milliard.

« Incredible Coincidence« . Alan Vaughan.
Le Grand Livre du Mystérieux. », Sélection du Reader’s Digest”

Magie rétroactive

Publié le Mis à jour le

mare

Alors qu’il était au Congo, en 1682, le missionnaire italien Jerome Merolla da Sorrento entendit conter une curieuse histoire illustrant les conséquences parfois mortelles de la crainte superstitieuse.

Au cours d’un voyage, un jeune noir passa la nuit chez un ami qui, au matin, lui prépara une poule sauvage pour son déjeuner. Or, c’était là un mets qu’un tabou tribal inviolable interdisait aux jeunes gens. Le voyageur demanda à son ami s’il ne lui servait pas de la poule sauvage. L’autre lui affirma que non, et le jeune homme mangea de bon appétit.

Quelques années plus tard, les deux hommes s’étant de nouveau rencontrés, l’ami demanda à son invité de naguère s’il serait capable de manger de la poule sauvage. « Certainement pas », répondit l’autre, un sorcier le lui avait solennellement interdit. L’ami se mit à rire. Pourquoi non maintenant, alors qu’il s’en était si bien trouvé quand lui-même lui en avait servi ? En apprenant la vérité sur le repas préparé par son ami, le jeune homme se mit à trembler… et il mourut dans les vingt-quatre heures.

American Anthropologist, avril-juin 1942.
« Le Grand Livre du Mystérieux. », Sélection du Reader’s Digest.”