Les Antipodes

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 Antipodes

L’existence des antipodes était regardée naturellement comme un conte, dans le temps où l’on croyait que la terre était plate.

Mais il n’est pas vrai, comme on la perfidement écrit, que le prêtre Virgile fut, excommunié par le pape Zacharie pour avoir soutenu qu’il y avait des antipodes. Ce Virgile au-contraire, à cause de sa science, fut comblé d’honneurs par le Saint-Siège et nommé à l’évêché de Salzbourg.

D’ailleurs le pape Zacharie savait probablement qu’il y a des antipodes, puisque avant lui Origène, le pape saint Clément et d’autres en avaient parlé. Saint-Basile, saint Grégoire de Nysse, saint Athanase et, la plupart des Pères n’ignoraient pas la forme sphérique de la terre. On en a le témoignage dans le livre de la Création du monde, écrit par Jean Philoponos au septième siècle.

La plupart des hommes à qui l’éducation n’a pas étendu les bornes de l’esprit croient encore que la terre n’est qu’un grand plateau, et il serait difficile de leur persuader qu’on trouve au-dessous de nous des humains qui ont la tête en bas, et les pieds justement opposés aux nôtres.*

Les anciens mythologues citent, dans un autre sens, sous le nom d’Antipodes, des peuples fabuleux de la Libye, à qui on attribuait huit doigts aux pieds, et les pieds tournés en arrière. On ajoute qu’avec cela ils couraient comme le vent.

*M. Salgues, Des erreurs et des préjugés.
« Dictionnaire infernal. »  J. Collin de Plancy, Plon, 1863.
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Couteau pointu … turlututu

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repas

Autrefois les couteaux de table étaient généralement pointus; ils furent, paraît-il, arrondis en vertu d’un édit.

On rapporte que le chancelier Séguier avait l’habitude de se curer les dents avec son couteau; le cardinal de Richelieu, dînant un jour à la même table que le chancelier, fut indigné de cette grossièreté; il commanda à son maître d’hôtel de faire arrondir ses couteaux.

L’exemple du cardinal fut suivi les grands seigneurs d’abord, puis les bourgeois l’imitèrent, si bien qu’en 1669 un édit fut rendu qui défendait à toutes personnes de posséder chez soi des couteaux pointus.

Il abuse quand même le procureur !

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jugement

En arrivant au pontificat, Sixte-Quint s’était promis de réformer, même par les moyens les plus violents, de nombreux abus que ses prédécesseurs sur la chaire de saint Pierre avaient laissés s’établir dans l’Etat romain.

Un simple citoyen vint un jour se plaindre à lui des délais interminables et en même temps fort coûteux qu’un procureur mettait à faire juger un procès qui était dans ses mains depuis de longues années, avec renouvellement perpétuel des frais.

Sixte-Quint fit appeler le procureur et lui enjoignit d’avoir à faire terminer l’affaire dans les trois jours.

Elle fut jugée le lendemain, et le procureur pendu dans l’après-midi.

« A la cour on fait argent de tout »

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louisXIV

« Je vois bien qu’à la cour on fait argent de tout », disait un jour Louis XIV. Quand le roi soleil quittait Versailles pour un séjour à Marly, il nommait lui-même les personnages de la cour qui devaient l’y accompagner, et cette grâce était briguée par les courtisans avec un grand empressement.

La princesse de Montauban, chagrine de n’avoir jamais été désignée, alla trouver la princesse d’Harcourt, qui, comme favorite de Mme de Maintenon, avait presque toujours l’avantage d’aller à Marly, et elle lui offrit mille écus si elle voulait lui céder sa place au prochain voyage que le roi y ferait. La princesse d’Harcourt accepta la proposition; mais il fallait l’agrément du roi. Pressée de l’obtenir, elle chercha l’occasion de parler au monarque, et, l’ayant trouvé dès le soir même :

Il me semble, Sire, lui dit-elle, que Mme de Montauban n’a jamais  été à Marly.
Je le sais bien, dit le roi.
Cependant, reprit la princesse, je crois qu’elle aurait grande, envie d’y aller.
Je n’en doute pas, répliqua le roi.
Mais, Sire, continua-t-elle, Votre Majesté ne voudrait-elle point la nommer ?
Cela n’est pas nécessaire, répliqua encore le roi; et d’ailleurs, pourquoi cette insistance ?
Ah! Sire, s’écria la solliciteuse, c’est que cela me vaudrait mille écus; et Votre Majesté n’ignore pas que j’ai bien besoin d’argent.

Le roi, surpris de cet aveu, se fit expliquer le marché en question, en rit beaucoup et consentit facilement à un échange aussi lucratif, en ajoutant qu’il voyait bien qu’à la cour on faisait argent de tout.

Le poids d’un morceau de piano

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pianiste

Un compositeur allemand a voulu estimer en poids l’effort fait par un pianiste.Il a estimé à 110 grammes le minimum de la pression du doigt pour enfoncer complètement une touche « pianissimo ».

La dernière étude de Chopin, en ut mineur, renferme un passage qui dure deux minutes cinq secondes et ne pèse pas moins de 3,130 kilogrammes. Dans la Marche funèbre du même compositeur, il y a un passage où se rencontre toute l’échelle des nuances, depuis le « pianissimo » jusqu’au « fortissimo »;  ce passage demande un effort de 384 kilogrammes dans l’espace d’une minute et demie et c’est la nuance « pianissimo » qui domine.

« Curiosités historiques et littéraires. » Eugène. Muller, Paris, 1897.

Le Beau Sancy

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sancy

Après la mort de Henri III, son successeur, Henri IV, se trouvant dans la plus grande détresse, ce fut Nicolas de Sancy, son ambassadeur auprès des cantons suisses, qui le secourut le plus efficacement, en mettant en gage, chez des usuriers de Metz, le superbe diamant connu plus tard sous le nom de Sancy.

Ce diamant, trouvé sur le champ de bataille de Grandson, où il avait été perdu par le duc de Bourgogne, dans la précipitation de sa fuite, pendant sa défaite en 1476, avait été vendu, par le soldat qui l’avait ramassé, à un curé, qui le lui avait payé un écu. Des mains du duc de Florence, il était passé au malheureux roi de Portugal Dom Antoine, qui, réfugié en France, l’avait livré à Sancy, pour une soixantaine de mille francs.

Sancy, qui voulait emprunter pour le Béarnais sur cette magnifique pierre, envoya son valet de chambre la chercher à Paris, où il l’avait laissée, lui recommandant bien de prendre garde qu’il ne fût volé au retour par quelques-uns des brigands qui infestaient les routes.

« Ils m’arracheront plutôt la vie que votre diamant », répondit le fidèle serviteur, faisant entendre qu’il l’avalerait, quelle qu’en fût la grosseur.

Ce que Sancy craignait arriva. Son valet de chambre ne paraissant pas, il s’informa et apprit enfin qu’un homme tel qu’il le désignait avait été trouvé assassiné dans la forêt de Dôle, et que des paysans l’avaient enterré. Sancy se transporta sur les lieux, fit exhumer le corps il reconnut son domestique, le fit ouvrir par un chirurgien, et retrouva le diamant, dont il fit le noble usage qu’il avait projeté.

Les animaux fantômes

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chien-chat

Dans une conférence au Club International pour les recherches psychiques, à Londres, Mme Clara Irwin donna la preuve de la survivance de l’amour chez les animaux après la mort. (La preuve, comme on verra, est une hardie façon de parler !)

Elle possédait un chat qui la suivait partout comme l’eût fait un chien et qui l’attendait à la porte quand elle sortait. Ce chat bien aimé vint à mourir.

Une nuit, dit-elle je sentis ce chat qui marchait sur moi. Je m’éveille; le chat vint se frotter contre moi : c’était bien mon favori, je le vis distinctement et je reconnaissais à certaines marques que c’était bien lui. Je l’entendais ronronner et je passais ma main dans sa fourrure. Il resta cinq minutes et disparut.

La dame rapporte un autre fait : Elle avait une chatte qui nourrissait des petits. Cette pauvre bête fut empoisonnée.

Le lendemain, dit-elle, je vis la chatte venir du jardin, entrer dans la salle à manger en plein jour sans faire attention à moi et s’en aller dans la cuisine où se trouvait le panier qui contenait les petits chats, ses enfants. C’était bien ma chatte et je suis certaine de ne pas me tromper. Je pris le panier et les sortis dehors, mais la chatte avait disparu. Je n’ai pas touché l’animal comme dans le cas précédent . . .

La même dame raconte un fait plus surprenant encore. Nous lui laissons, cette fois, complètement la parole :

— Les chiens nous aiment autant que quelques-uns de nos propres amis, pourquoi ne pas dire plus parfois et même souvent. J‘avais un petit chien que j’adorais. Une semaine avant sa mort, je m’éveille vers trois heures du matin et je vois une forme qui se tient à mon côté : une figure couverte d’un manteau noir comme une soeur de la Merci, et cette chose me touchait. Je sentis que c’était un avertissement ; mon chien paraissait en bonne santé, mais il mourut quelque temps après cette apparition; Six semaines après, je vis une forme blanche sur un canapé, et à mon approche, la forme disparut sous le meuble. Je n’ai pas pu voir le fantôme du chien aussi distinctement que j’ai vu le fantôme du chat. 

— J’ai souvent touché ce chien et l’après-midi, il venait se mettre à mes côtés et sa tête sur mes genoux. Je le sentais aussi distinctement que lorsqu’il était vivant; mais l’animal était moins pesant. Les esprits ont le pouvoir de nous faire connaître leur poids. J’ai senti des esprits me toucher parfois et cependant je ne les voyais pas.

Mme Clara Irwin raconte ensuite un fait semblable d’affection d’animaux pour leur maître.

Au temps de la guerre des Boers, une dame qui aimait beaucoup son frère, eut la douleur de le voir partir avec son cheval favori. Ce jeune homme avait appris à son cheval à mettre son pied droit dans la main de son maître en signe d’amitié. Maître et animal furent tués à la guerre. Quelques jours après; des médiums décrivaient à la dame le cavalier et le cheval jamais l’un sans l’autre. A chaque apparition, le jeune homme avait son cheval avec lui.

« Il faut en conclure, dit une gazette anglaise, à propos de ce témoignage, que, dans l’autre monde, l’esprit d’un animal existe après le changement appelé mort, et que cet esprit conserve les affections qu’il avait dans le plan terrestre, alors qu’il se trouve dans le plan astral. »

On peut en conclure encore que Mme Clara Irwin a rêvé …

« L’Écho du merveilleux. » Gaston Mery, Paris, 1913.