D’effrayants chiens noirs …

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Il existe dans le folklore anglais un nombre considérable de légendes mettant en scène d’effrayants chiens noirs. Il est évident que ce ne sont pour la plupart que des superstitions mais il n’est pas exclu que certaines de ces histoires aient été inventées par des propriétaires terriens ou des parents bien intentionnés désireux de s’assurer que villageois ou enfants turbulents restassent bien sagement à la maison.

Ces fameux chiens étaient le plus souvent visibles dans la lande, près des piliers flanquant la grille d’entrée, ou encore à la croisée des chemins. Ces mêmes chiens noirs fréquentaient également les cimetières et les abords des églises. Pour tout bon chrétien craignant Dieu, ce chien noir représentait le diable.

Le dimanche 4 août 1577, un violent orage s’abattit sur l’église de Bungay, dans le Suffolk, à l’intérieur de laquelle apparut tout à coup un chien noir. Deux paroissiens qui avaient eu un contact avec ce chien moururent instantanément et un troisième « se ratatina comme une pomme toute ridée ». Le même jour, un autre chien de même nature surgit  dans l’église de Blythburgh, à dix kilomètres de là, tuant lui aussi trois personnes.

L’Eglise n’a jamais encouragé ce type de superstitions. Dans le Devon, par exemple, on croyait que les bébés décédés avant d’être baptisés rejoignaient la cohorte des chiens fantômes de Yeth : des chiens sans tête et hurlants qui traversaient à toute allure Dartmoor une fois la nuit tombée.

On cite aussi le cas du chien de Bouley. Sur la côte nord de l’île de Jersey se trouve une petite crique rocheuse et tranquille connue sous le nom de Bouley Bay; entourée de collines, cette crique n’est accessibles que par une seule petite route sinueuse. C’est cette route que hanterait le chien de Bouley, un énorme chien noir aux immenses yeux incandescents. Parmi les multiples explications censées rendre compte du phénomène, rappelons que la crique de Bouley servit longtemps de repaire aux contrebandiers qui avaient intérêt à propager de telles histoires afin de décourager les gens du pays de venir traîner dans le coin pendant la nuit et mettre le nez dans les trafics qui s’y déroulaient.

En Russie, les chiens noirs étaient impopulaires simplement parce qu’ils étaient visibles de loin sur la neige, ce qui était un handicap pour la chasse.

« Petite anthologie du chien. »  J. A. Wines, Le pré aux clercs, 2007.

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Les lions mangeurs d’hommes de Tsavo

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En 1898, deux lions ont soufflé un vent de panique sur la construction d’un pont ferroviaire durant neuf mois en tuant et dévorant près de 140 ouvriers qui travaillaient pour les Britanniques dans la région de Tsavo.

Le Lieutenant-colonel John Henry Patterson (1867–1947) ingénieur mandaté par la British East Africa Company pour superviser les travaux, fut contraint de traquer ces lions qui terrorisaient les ouvriers et retardaient l’avancement du projet en raison de leurs attaques meurtrières.

Les lions mangeurs d’hommes n’ont rien d’exceptionnel dans ces contrées sauvages où des attaques sont régulièrement recensées pour maintes raisons telles que l’occupation constante de leur territoire par l’homme et la diminution de leurs proies habituelles. De plus, en 1890 une épidémie de peste bovine avait décimé des millions de zèbres, gazelles et autres espèces sauvages.

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Lion de Tsavo. Photo: Matt Berlin

Enfin, les prairies broussailleuses et sèches ne favorisaient la présence que de petits ongulés, nourriture insuffisante au régime alimentaire des grands félins. Cependant, toute l’étrangeté de cette affaire réside dans l’acharnement particulièrement meurtrier qu’ont montré ces deux lions et leur exceptionnelle constitution.

Les peaux conservées au Field Museum of Natural History Museum de Chicago donnent une vision impressionnante des lions : dépourvus de crinière, trait inhabituel chez les lions, ils mesuraient près de trois mètres de longueur pour une hauteur à l’épaule de 1,22 mètres. Les moyennes pour les lions d’Afrique voisinent les 2,60 mètres de long pour une hauteur à l’épaule de 0,96 mètre.

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Field Museum de Chicago

Une fois sa mission terminée, John Henry Patterson publia un ouvrage sur ces deux lions mangeurs d’hommes du Tsavo et d’autres histoires concernant l’Afrique de l’est. Des années plus tard, deux chercheurs américains, Julian C. Kerbis Peterhans et Thomas Patrick Gnoske, entreprirent des recherches plus approfondies sur cette affaire qui sont transcrites dans le Journal of East African Natural History.

https://1000curiositas.wordpress.com/2008/04/22/les-lions-mangeurs-dhommes-de-tsavo/

Walter Kellner et Walter Kellner

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En 1979, Das Beste, l’édition allemande du Reader’s Digest, organisa parmi ses lecteurs un concours de la meilleure aventure personnelle. Choisi parmi sept mille concurrents, Walter Kellner, pilote munichois, gagna en racontant comment son avion, un Cessna 421, était tombé dans la mer Tyrrhénienne, entre la Sicile et la Sardaigne, et comment il avait survécu grâce à son canot pneumatique.

Les enquêteurs du Digest vérifièrent très soigneusement la véracité du récit, d’après les rapports allemands et italiens de l’accident, et furent pleinement satisfaits. Le Cessna de Kellner, immatriculé D-INUR, était bien tombé dans la mer Tyrrhénienne, d’une hauteur de 3 000 mètres, comme il le racontait. Kellner devait recevoir son prix le 6 décembre et amener son canot au siège de la revue.

Le matin du 6, une lettre arriva à Das Beste, à l’adresse du rédacteur en chef Wulf Schwartzwaller, qui devait remettre le pris à Kellner. Elle émanait d’un autre Walter Kellner, pilote lui aussi, habitant à Kritzendorf, en Autriche, qui affirmait que toute l’histoire était une mystification. Il avait piloté le même Cessna pendant quatre ans, au-dessus de l’Europe et de la Méditerranée, et, s’il avait dû faire, une fois, un atterrissage forcé pour des problèmes de moteur sur le terrain de Cagliari, en Sardaigne, il n’était jamais tombé en mer: un imposteur avait dû falsifier son aventure pour obtenir le prix.

Schwartzwaller était perplexe. Qui croire, alors que le récit du premier Kellner avait été si scrupuleusement contrôlé ? Et le lauréat allait bientôt arriver.

En effet, ponctuel et souriant, il se présenta dans les bureaux de Das Beste. Après quelques politesses, on lui montra la lettre de son homonyme.

Il commença par en rire. Oui, il savait qu’un autre Kellner avait piloté l’appareil, mais il ignorait qu’ils eussent le même prénom. En arrivant au passage relatant l’atterrissage forcé de l’autre Kellner en Sardaigne, il pâlit. Le même appareil, la même zone, le même problème mécanique, un pilote du même nom ! Quelle malédiction était à l’œuvre ? Pourquoi l’avion semblait-il en vouloir à mort aux Walter Kellner, et pourquoi cet acharnement à se détruire au voisinage de la mer Tyrrhénienne ?

A ces questions, il n’y avait pas de réponses. Les deux Kellner avaient été victimes d’un mystère, et ils avaient eu bien de la chance d’en réchapper. Sans le vouloir, les rédacteurs de Das Beste avaient poussé sur l’inconnu une porte d’où soufflait un air glacé, et un étrange malaise plana sur la cérémonie de remise du prix.

« Le grand livre du mystérieux.  »  Sélection du Reader’s Digest, 1985

Suzanne Noël, pionnière de la chirurgie esthétique

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Née en 1878, à Laon, Suzanne Gros doit attendre d’être mariée pour entreprendre des études de médecine et est nommée interne des hôpitaux de Paris en 1912. Ayant perdu son premier mari des suites de la guerre, elle se remarie avec le Dr André Noël qui se suicide après la mort de leur fille unique. Malgré ces tragédies, Suzanne Noël fonde de nombreux clubs Soroptimist, (le Rotary féminin) contribuant à assurer l’implantation définitive du mouvement en Europe et est une des premières femmes à pratiquer la chirurgie esthétique.
Suzanne Gros naît à Laon, dans l’Aisne, dans une famille bourgeoise. Après son mariage, elle déménage en 1897 à Paris où elle entame en 1905 des études de médecine avec le soutien de son mari, lui-même médecin. En 1908, elle est nommée externe des hôpitaux de Paris dans le service du professeur Morestin, pionnier de la chirurgie maxillo-faciale, puis prolonge cette expérience en entrant en 1909 dans le service de dermatologie du professeur Brocq à l’hôpital Saint-Louis.
Reçue à l’internat en 1912, elle approfondit ses connaissances dans le domaine de la chirurgie maxillo-faciale ; elle est notamment amenée à soigner la cantatrice Sarah Bernhardt à la suite d’un lifting pratiqué aux Etats-Unis et ayant abouti à un demi-échec. Durant la Grande Guerre, elle est autorisée à exercer sans avoir soutenu sa thèse et s’occupe des « gueules cassées ».
Remariée suite au décès de son mari en 1918, elle perd sa fille unique en janvier 1922 et son second mari en 1924. La chirurgie esthétique occupe dès lors une place fondamentale dans sa vie : elle soutient en 1925 sa thèse, étend ses activités de chirurgie, jusque-là confinées au visage, aux autres parties du corps (remodelage des seins, des fesses, des cuisses, dégraissage de l’abdomen, des jambes), ce qui l’amène à inventer des techniques (dégraissage par aspiration) et des instruments (crâniomètre, gabarits) encore utilisées aujourd’hui. Elle reçoit en 1928 la Légion d’honneur « pour sa contribution à la notoriété scientifique de la France sur la scène internationale ».
Suzanne Noël est également passée à la postérité comme fondatrice du premier club Soroptimist en Europe, avec l’objectif de défendre les droits des femmes ; personnalité internationale de premier plan, elle fonde successivement les clubs Soroptimist de La Haye, Amsterdam, Vienne, Berlin, Anvers, Genève, les clubs baltes, ceux d’Oslo, Budapest, et même ceux de Pékin et Tokyo.
Après sa mort en 1954, les chartes des nouveaux clubs Soroptimist sont remises au nom de Suzanne Noël et une bourse portant son nom est instituée pour aider une femme médecin à se spécialiser en chirurgie plastique.
http://www.bu.u-picardie.fr

L’oiseau qui crie au loup

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Le drongo à raquettes
Le drongo à raquettes Photo : Tom P. Flower.

Un oiseau d’Afrique très futé imite les cris d’alerte d’autres espèces pour les faire fuir et voler leur nourriture, révèle une étude publiée jeudi dans la revue Science.

Les chercheurs ont observé 64 de ces drongos à raquettes pendant 847 heures dans la réserve de Kuruman River, dans le désert du Kalahari en Afrique du Sud. Les oiseaux ont effectué pendant cette période 688 tentatives pour dérober la nourriture de leurs voisins, dont les suricates, souvent avec succès.

Le petit oiseau noir aux reflets métalliques peut en outre changer de répertoire quand son cri d’alerte n’est plus pris au sérieux par une victime. Il est capable ainsi d’imiter jusqu’à 51 différentes espèces d’oiseaux et de mammifère, de la mangouste au chacal.

Ce don exceptionnel permet au drongo de dépasser les contraintes vocales qui normalement limitent de telles tromperies dans la nature.

Les drongos dérobent ainsi 23 % de leur alimentation quotidienne en faisant de fausses alarmes, selon l’auteur de l’étude Tom Flowers, biologiste de l’Université du Cap en Afrique du Sud.

« Tous les animaux du Kalahari espionnent les cris d’alarme des autres, cris qui fournissent des informations précieuses sur les prédateurs potentiels. C’est un peu une autoroute de l’information où tous les animaux parlent la langue de l’autre », affirme-t-il.

Car le drongo ne crie pas toujours au loup. Souvent sur le qui-vive, le drongo met également les autres espèces en garde contre les prédateurs dangereux.

Les autres animaux profitent de ce cri d’alarme puisqu’ils peuvent se permettre d’être moins vigilants et passer plus de temps à se nourrir

 

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters.

Après 65 ans de mariage, Eleanor et Frank Turner décèdent à quelques heures d’intervalle

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Eleanor et Frank ont partagé 65 ans de vie commune avant de s’éteindre le même jour. Ce couple exemplaire est resté lié même dans l’expérience de la mort.

En 65 ans de mariage, Eleanor Witt Turner et son mari Frank Eugene Turner ont tout partagé ensemble, même la mort. En effet, ce couple s’est éteint le même jour, à seulement quelques heures d’écart. Ce couple était inséparable Eleanor et Frank sont nés le même mois de la même année. Ils étaient prédestiné à se rencontrer. Tout s’est passé rapidement. Le jour de leur rencontre, Frank revenait de la guerre et voulait s’acheter une voiture. Eleanor, quant à elle, travaillait en tant que secrétaire chez un concessionnaire. Depuis ce jour-là, le couple ne s’est jamais quitté.

Ce couple s’est éteint vendredi 29 novembre, soit quelques semaines avant de fêter leur 65e anniversaire de mariage, puisqu’ils s’étaient unis le 24 décembre 1948. Du haut de leurs 87 ans, Eleanor et Frank rencontraient bons nombres de soucis de santé. Ils souffraient tous les deux de démence et ont fait un accident vasculaire cérébral. Ils ont été admis dans le même hôpital, en Caroline du Nord, dans une chambre commune. Une émouvante photo montre le couple quatre jours avant leur décès, se soutenant mutuellement en se tenant la main.

Eleanor est décédée quelques heures avant son mari

La semaine dernière, l’état de santé d’Eleanor s’est aggravé et elle a dû être admise en soins palliatifs. Elle n’a malheureusement pas survécu, raconte le Daily Mail. Elle s’est éteinte vendredi, à 4h30 du matin. Frank, lui, avait été admis dans une maison de repos. Alors que leurs deux enfants se demandaient comment lui annoncer la nouvelle sans lui déchirer le cœur, à 13h30, le décès de leur père a été déclaré. « J’avais l’impression que si l’un s’en allait, l’autre ne serait pas bien loin derrière, mais je n’imaginais pas que ce serait le même jour », a expliqué leur fille Linda. Bien qu’attristée par le fait de dire adieu à ses deux parents le même jour, Linda est rassurée de les savoir ensemble dans cette ultime étape.

Jubna Laborde
http://www.gentside.com/mariage/apres-65-ans-de-mariage-eleanor-et-frank-turner-decedent-a-quelques-heures-d-039-intervalle_art56942.html

La grand-mère se fait voir à son petit-fils

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Le journal espagnol Lumen (1) cite le fait suivant rapporté par José Zorilla, auteur dramatique, dans ses mémoires:

Lorsqu’il avait environ six ans, il habitait avec ses parents une maison dans laquelle une chambre, s’ouvrant sur le vestibule et contenant pour tout meuble un lit et un fauteuil, restait constamment close, sauf lorsqu’on y pénétrait pour l’épousseter. Un jour qu’il jouait dans le vestibule avec un cheval de carton, il vit que la porte était entr’ouverte, et, s’approchant, il remarqua que le fauteuil était occupé par une dame aux cheveux poudrés, les bras garnis de dentelles, et vêtue d’une ample robe de soie verte, qu’il n’avait jamais vue. Avec un sourire doux et mélancolique, elle lui fit signe de s’approcher. Il le fit avec une pleine confiance et lui tendit, sa main droite, qu’elle prit en souriant entre les siennes. Elle le caressa ensuite et lui dit : « Je suis ta grand’mère, aime-moi bien, mon enfant, et Dieu te bénira. »

En sortant de la chambre, il dit à sa mère qu’il venait de voir sa grand’mère. Elle crut, d’abord, qu’il s’agissait de sa mère à elle, habitant Burgos et venue sans l’avertir ; mais à la description qui lui fut faite elle reconnut son erreur et le père de notre héros, arrivant sur ces entrefaites, écouta le récit de son fils et se borna à lui dire : « Gamin, tu as rêvé ! »

Neuf ou dix ans plus tard, vers 1833, José Zorilla se trouvant à Torquemada et examinant de vieux documents de famille, trouva, recouvert d’une épaisse couche de poussière, un portrait, reproduisant exactement les traits et le costume du personnage vu dans le fauteuil. Il le présenta à son père en disant : « Voici ma grand’mère !»

(1) Lumen, de décembre 1908, journal se publiant à Barcelone.

« Les apparitions matérialisées des vivants & des morts. »  Gabriel Delanne.  Édit: Leymarie (Paris) 1909-1911

Source: Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l’homme.