Durandal, l’épée de Roland

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chapelle Notre-Dame de Rocamadour
La chapelle Notre-Dame de Rocamadour. photo: dansmabonjotte.canalblog

Suspendu à un rocher à pic dominant la gorge de l’Alzou, le village de Rocamadour est l’un des hauts lieux de pèlerinage Français.

D’après la légende, on aurait retrouvé en 1166, dans une grotte, le corps miraculeusement intact de saint Amateur (ou Amadour), lequel donna son nom au site. Dès lors, Rocamadour, consacré  » rocher marial de l’Europe  » (on vient y adorer une Vierge noire) attira de l’Europe entière et même de Proche-Orient des milliers de de pèlerins, parmi lesquels Raymond Lulle, saint Bernard et des rois de France .

Une autre légende entoure le rocher mystique, celle du célèbre paladin Roland, pair de Charlemagne vaincu par les sarrasins dans les Pyrénées, au VIIIème siècle. Lors de la bataille de Roncevaux, qui lui fut fatale, Roland aurait lancé sa fameuse épée Durandal, en criant que là où elle tomberait, Rocamadour serait.

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L’épée de Durandal. Photo: alexdesign.free.fr

De fait, l’épée est toujours visible, fichée dans le rocher, à proximité du toi de la chapelle Notre-Dame. Pour l’apercevoir, il vous aura fallu, à l’exemple des pèlerins du Moyen Age, gravir les 216 marches du grand escalier qui conduit du village aux sanctuaires dédiés à saint Amadour; pas moins de sept églises et chapelles en tout.

Un chemin de pénitent qui est aussi un retour aux origines, où se conjuguent les héritages chrétien et chevaleresque.

« A la découverte de la France mystérieuse. »  Sélection du Reader’s Digest, 2001.

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Le fantôme de Borley

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Le fantôme de Borley

Le rectorat de Borley, dans l’Essex, en Angleterre, a connu des ennuis dès sa fondation vers 1860. Il se peut que son apparence d’édifice hanté (une monstruosité architecturale de trente pièces) y soit pour quelque chose.

Ses premiers locataires, le pasteur Henry Dawson, sa femme et leurs quatorze enfants, racontaient d’étranges histoires de bruits et prétendaient avoir vu à plusieurs reprises le spectre d’une religieuse. Après la mort du pasteur, son fils aîné, Harry Bull, assuma les charges de la cure de 1892 à 1927. Des événements hors du commun continuèrent de se produire. On voyait si souvent la religieuse que le domaine finit par être appelé la Promenade de la Religieuse. On prétendait même avoir vu un cocher sans tête conduire une diligence dont les chevaux crachaient le feu.

Les locataires suivants, le pasteur G. Eric Smith et sa femme, n’y demeurèrent que quelques mois et mirent leur départ précipité sur le compte de l’étrangeté de ce qui se passait.

Enfin, arrivèrent le pasteur Lionel Foyster, sa femme Marianne et leur fille. Les histoires reprirent de plus belle et Marianne s’entêta même à soutenir qu’un fantôme l’avait giflée au visage et l’avait fait tomber de son lit.

Harry-Price
Harry Price

Le laboratoire britannique de parapsychologie décida de mener sa propre enquête. Son fondateur, Harry Price, passa une petite annonce dans le Times de Londres afin de trouver des gens disposés à l’aider à surveiller le rectorat hanté. L’annonce faisait appel à des observateurs objectifs, dotés d’esprit critique et intelligents. Price en prit quarante avec lui. Cette fois encore, il fut question d’objets qui se déplaçaient et de bruits inexplicables. Le commandant A.B. Cambell raconta avoir été frappé par une savonnette volante tandis qu’un autre bénévole, un professeur de philosophie du nom de C.E.M. Joad, affirma avoir vu un thermomètre descendre de 10 degrés sans raison apparente.

Les Foysters finirent par abandonner les lieux et Price lui-même s’y installa. Il put alors signaler des phénomènes très divers. Assez en tout cas pour remplir un livre. Ce qu’il ne manqua pas de faire par la suite. Après sa mort, certaines mauvaises langues prétendirent pourtant que Price avait lui-même fabriqué certains phénomènes et qu’il en avait grossi d’autres pour attirer l’attention.

Harry Price aux côtés du révérend et de sa famille.
Harry Price aux côtés du révérend et de sa famille.

Les choses prirent une autre tournure après l’incendie qui rasa l’édifice en 1939. Le révérend W.J. Phytian-Adams, un chanoine de Carlisle, au Canada, émit alors l’hypothèse qu’il se pouvait que la religieuse que l’on avait si souvent vue n’ait pas été anglaise, mais française. On racontait en effet qu’une femme du nom de Marie Lurie avait déserté son couvent au XVIIIème siècle pour s’enfuir avec son amant. Elle serait venue en Angleterre, mais son vaurien d’amant l’aurait assassinée. Après l’avoir étranglée, il l’aurait enterrée sous les fondations de l’édifice qui se trouvait à l’endroit où le rectorat de Borley fut construit ultérieurement. Après l’incendie, on découvrit réellement une tombe qui contenait en effet quelques reliques religieuses et un crâne de femme.

Il semble que la destruction du rectorat ait mis fin aux pérégrinations de la religieuse, mais l’histoire ne s’arrête pas là: une équipe de chercheurs qui faisait des fouilles sur le site a entendu d’étranges bruits dans la nuit, a enregistré de surprenantes variations de température, a aperçu des feux d’origine inconnue et détecté des odeurs inhabituelles dans les ruines.

« Les phénomènes étranges du monde. »  Robert Laffont.

L’homme à ressorts

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On peut se demander si Charles Dickens lui-même, avec le sens de l’humour qu’on lui connaît, aurait pu inventer un personnage comme Jack Talons-à-Ressort .

Celui qu’on surnomma ainsi fit son apparition vers 1830. Il hantait Barnes Common, dans le Sud-Ouest de Londres, sautant sur les passants, les assaillant physiquement et s’enfuyant aussitôt au moyen de ses sauts invraisemblables. L’une de ses premières victimes fut une jeune fille de 18 ans, Lucy Sales, qu’il attaqua alors qu’elle rentrait chez elle dans Green Dragon Alley. La forme voilée surgit de l’ombre, cracha des flammes qui aveuglèrent temporairement Lucy, puis disparut comme elle est était venue.

Une autre de ses victimes fut Jane Alsop, qui habitait dans Bearhind Lane. On frappa à sa porte et, lorsqu’elle ouvrit, elle se trouva en face d’une forme enveloppée dans une cape qui lui dit:

   » – Je suis policier. Pour l’amour de Dieu, donnez moi de la lumière. Nous avons attrapé Jack Talons-à-Ressort dans la rue, près d’ici. « 

Elle revint avec une chandelle, mais le « policier » s’était entre-temps débarrassé de ses vêtements. Jane se retrouva devant l’horrible spectacle d’un être vêtu de collants couleur chair et d’un uniforme blanc ajusté surmonté d’un casque orné de cornes. Il sauta aussitôt sur Jane et commença à la caresser avec insistance. Par la suite jane décrivit son assaillant comme un homme au « visage monstrueux », aux yeux brûlants comme des boules de feu. Ses mains étaient terminées par des griffes glacées et il crachait des flammes bleues et blanches.

L’hystérie se répandit dans le quartier. On organisa des détachements armés chargés de monter la garde mais Jack Talons-à-Ressort se jouait, en sautant, de ceux qui voulaient le capturer. L’une de ses dernières manifestations se produisit dans les baraquements militaires d’Aldershot en 1877. Là, il attaqua trois sentinelles qui tirèrent en vain sur lui.

On a prétendu que Jack Talons-à-Ressort était un fils de famille prodigue, Henry, marquis de Waterford, à qui on prêtait l’agilité extraordinaire de Jack et qui avait, croyait-on, fixé des ressorts de voiture à ses chevilles. Une telle hypothèse est aussi tirée par les cheveux que les récits de Jack crachant le feu. Il eu alors fallut que le marquis de Waterford tienne son rôle pendant une quarantaine d’années, ce qui n’aurait pas été une mince prouesse pour un homme qui aurait alors eu près de soixante ans à l’époque des événements.

Quant à la théorie des ressorts, elle n’est en rien renforcée à la suite de l’expérience faite par des parachutistes allemands durant la Seconde Guerre mondiale. Ils avaient eux aussi essayé de porter des ressorts destinés à faciliter leurs atterrissages. Il n’en résulta que des chevilles brisées.

Extrait de: « Les Phénomènes étranges du monde« , Editions du Rocher.

Son « ami » le fantôme

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Un soir du mois de juin 1826, Frederick Fisher sortit ivre mort d’un pub de Cambelltown, dans les New South Wales. C’est là que l’on perd sa trace, et, malgré les recherches, il ne donnera plus aucun signe de vie.

Fisher avait déjà connu les hauts et les bas de la vie: il avait fait de la prison et s’était enrichi comme fermier. Justement, à peine quelques mois plus tôt, on l’avait mis sous les verrous pour dettes et, avant de purger sa peine, il avait confié sa ferme à un ancien camarade de cellule, George Worrall.

Dans le pays, on commença à avoir des soupçons après que Fisher eut disparu en sortant du pub et que l’on eut aperçu Worrall vêtu d’un de ses pantalons. S’il fallait en croire Worrall, Fisher s’était embarqué pour l’Angleterre à bord du Lady Vincent. La police n’ajouta pas foi à ses déclarations et promit 100 livres à qui fournirait des informations permettant de découvrir son cadavre.

On poursuivit l’interrogatoire de Worrall, qui finit par reconnaître que quatre de ses amis avaient tué Fisher. Les policiers se méfièrent et préférèrent arrêter Worrall. pourtant, sans cadavre, il était difficile de faire la preuve de sa culpabilité. Les autorités et Worrall restèrent sur leurs positions jusqu’à l’hiver suivant.

Un soir, James Farley, un fermier bien connu des environs, fit par hasard un détour par la maison de Fisher. Un personnage sinistre, assis sur la balustrade du perron de la maison, scrutait fixement un point dans l’enclos de chevaux de Fisher. Convaincu d’avoir affaire à un fantôme, Farley prit la fuite. Il prévint l’agent Newland, qui fit une battue sur le domaine de Fisher, en compagnie d’un guide du pays.

Ils trouvèrent d’abord des traces de sang sur la balustrade, puis en creusant à l’endroit où, selon Farley, le fantôme semblait regarder, ils tombèrent sur le corps de Fisher. Il avait été battu à mort.

Worrall finit sur l’échafaud, le fantôme de l’ami qu’il avait assassiné avait lui-même apporté la preuve de sa culpabilité.

L’empreinte de la cellule 17

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Durant la seconde moitié du XIXème siècle, surtout dans les années 1860 et 1870, les Etats-Unis connurent de fréquents conflits de travail. Cette histoire débutera en 1877 avec la naissance d’ une société secrète qui luttait clandestinement contre les entreprises minières de Pennsylvanie

Dans les mines de charbon de Pennsylvanie, les conditions de travail étaient épouvantables. La main d’œuvre , majoritairement irlandaise, était payée 50 cents pour une journée de douze à quinze heures. On assistait fréquemment à de violents heurts de mineurs irlandais avec les patrons des mines (d’origine anglaise ou galloise). Pour lutter contre les propriétaires des mines, une société secrète s’était formée, les Mollie Maguires. Ce fut elle qui organisa la première grève dirigée contre les entreprises minières d’Amérique. Mais sa politique de résistance ne se limitait pas aux grèves: les Mollie Maguires suscitèrent des émeutes et on les rend responsables de la mort de 150 personnes.

Les propriétaires de mines firent appel aux services de l’agence de détectives Pinkerton, qui réussit à introduire l’un de ses hommes, l’agent James McParlen, au sein des Mollie, comme on les appelait familièrement. Le témoignage de McParlen devait par la suite envoyer douze membres de la société secrète à l’échafaud. En 1877, par exemple, « Yellow Jack » Donohue fut reconnu coupable du meurtre d’un contremaître de la Lehigh Coal and Navigation Company. Trois autres syndicalistes furent condamnés en même temps que lui à la pendaison pour le meurtre de neuf autres contremaîtres. Deux des condamnés allèrent à la mort avec un admirable stoïcisme mais le troisième Alexander Campbell ne cessa de clamer son innocence. Le jour de l’exécution, alors qu’on le tirait de force de sa cellule, qui portait le numéro 17, Campbell frotta sa main gauche dans la poussière du sol et pressa sa paume contre le mur de plâtre.

« Cette empreinte restera là à jamais afin de proclamer mon innocence », s’écria-t-il.

Pendant qu’on l’entraînait vers l’échafaud, il ne cessait de proférer ce serment. Finalement la trappe s’ouvrit et son corps se balança au bout de la corde. Il mit 14 minutes à mourir. Campbell était mort, mais l’empreinte de sa main, elle demeura sur le mur, comme il l’avait prédit.

Lorsque Robert L. Bowman fut nommé shérif de Carbon County, la région où s’étaient produits les événements qui viennent d’être évoqués, il jura de faire disparaître la fameuse empreinte qui continuait de témoigner de la terrible injustice dont on s’était jadis rendu coupable. En décembre 1931, il envoya dans la cellule 17 une équipe d’ouvriers, chargée de de refaire les plâtres du mur sur lequel se trouvait l’empreinte. Le lendemain matin, quand le shérif entra dans la cellule, il constata avec horreur que l’on voyait toujours le faible tracé d’une main dans le plâtre encore frais. Le soir venu, l’empreinte était de nouveau entièrement visible.

On peut encore la voir aujourd’hui sur le mur de la cellule 17 où l’on n’enferme plus personne et que l’on n’ouvre qu’à certaines occasions pour la faire visiter à quelques visiteurs de marque. A la fin de 1978, quelqu’un réussi à y pénétrer et à la recouvrir d’une couche de peinture. Quelques minutes plus tard, l’empreinte a réapparu.

« Les phénomènes étranges du monde. »  Robert Laffont.

Le bossu et les sorcières

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sorcieresUn pauvre petit bossu traversait un bois, la nuit. A minuit, il vit dans les arbres des milliers de sorcières à cheval sur des queues de balai, sautant d’une branche à l’autre, volant comme des chauves-souris.

Il se cacha derrière un hêtre, tremblant et marmottant son pater. Les sorcières se mirent à faire une ronde, mais cela n’allait pas; elles ne trouvaient pas l’air convenable.

Tout à coup, elles découvrirent le petit homme:

– Bossu, bossu, fais-nous une chanson ou nous te mangerons tout vivant.

Le petit homme chanta ce qui lui passa par la tête :

– Samedi, dimanche, lundi !

Ce n’était pas gras; toujours est-il que la ronde marcha on ne saurait mieux. Quand les sorcières furent mortes de fatigue, elles se rassemblèrent et leur chef demanda :

– Que ferions-nous pour le bossu ?

– Tirons-lui sa bosse !

Raf ! Un chien n’aurait pas levé la queue que notre homme n’avait plus son armoire dans le dos.
En sortant du bois, il rencontra un autre bossu, méchant à faire croire qu’il avait la bosse pleine d’arsenic, et il lui raconta comment il avait été débarrassé de sa bosse.

La nuit suivante, l’autre court au bois.

A minuit, les sorcières arrivent:

– Bossu, bossu, fais-nous une chanson. Et le méchant bossu, sans se faire prier :

– Mardi, mercredi, jeudi !

– Ne faut-il pas être bête ? Vous seriez le diable que vous ne chanteriez pas cela ! Que lui ferons-nous ?

– Boutons-lui la bosse de l’autre !

Rouf ! Aussi vite que l’éclair, on lui plaque l’autre bosse sur la poitrine, et le voilà bossu par derrière, bossu par devant.

« Bulletin du folklore. »  Eugène Lempereur, Liège, 1893

L’argent dans les flammes

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feu-follet-cimetière

Il y a de cela très longtemps, au temps où on enterrait encore les morts dans les cimetières des églises de village, un riche avare fut enterré en l’église Saint Pierre, dans la rue Na Poříčí.

Après sa mort, on ne revit plus ses nombreux bijoux et ses ducats, perdus dieu sait où, au grand malheur de ses descendants. Peu de temps après, on se rendit compte que chaque nuit, vers minuit, une petite flamme jaune apparaissait au-dessus de la tombe de l’avare. Il était clair pour le vieux fossoyeur qu’il s’agissait d’un trésor enfoui, et que la couleur jaune de la flamme représentait l’or.

Il en parla à son fils, sacristain de l’église Saint Pierre, mais l’avertit que s’ils voulaient creuser pour trouver le trésor, ils devraient se procurer un grand chapelet et réciter soixante-douze Notre père et trente Je vous salue Marie. Ce chapelet devait être placé sur la tombe de manière à ce qu’il entoure la flamme, afin de l’empêcher de perturber les hommes en train de creuser.

A minuit, le père et le fils se rendirent sur la tombe de l’avare et le vieux fossoyeur maîtrisa la petite flamme avec une grande habileté. En creusant, ils atteignirent le cercueil de l’avare, dans lequel ils découvrirent les nombreux bijoux et ducats qui reposaient sous l’oreiller du mort. L’avare resta avare même après sa mort, tentant de voler tout le monde et de garder son or avec lui dans sa tombe. Le fossoyeur et le sacristain utilisèrent le trésor pour les pauvres et c’est ainsi que l’avare, sans le vouloir, fit don de son trésor bien gardé aux pauvres.

http://www.digital-guide.cz/fr/realie/tresors-de-prague/vi-largent-dans-les-flammes/