Un implant cérébral le transforme en fan absolu de Johnny Cash

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Illustration © thinkstock

Cobaye volontaire pour les besoins de la science, un homme de 60 ans s’est du jour au lendemain découvert une passion absolue pour Johnny Cash. Incident technique? Non, un résultat souhaité. Explications…

La science pourra-t-elle un jour imposer ses choix musicaux à monsieur Tout-le-monde? La question mérite d’être posée à l’heure où une curieuse expérience vient d’être menée par des chercheurs néerlandais. Publiée sur la revue scientifique Frontiers, l’étude relayée par le magazine musical DumDum surprend, voire inquiète les mélomanes. En effet, l’installation d’un simple implant électronique dans le cerveau d’un volontaire âgé de 60 ans a fait naître chez ce dernier une véritable passion pour la musique, et plus particulièrement celle de… Johnny Cash. Une transformation étonnante quand l’on sait que le cobaye n’avait jamais manifesté un goût immodéré pour la chose: « Six mois après son opération, Mr.B (NDLR: le volontaire) a commencé à s’intéresser de très près à Johnny Cash. Il écoutait la radio quand il est tombé sur ‘Ring of Fire’ et ce morceau l’a bouleversé. Il a écouté de plus en plus de titres de Johnny Cash et a remarqué qu’il était vraiment ému par la voix grave du chanteur.

A partir de ce moment là, Mr.B. a acheté tous ses CDs et DVDs… » L’équipe néerlandaise s’est en réalité concentrée sur les zones cérébrales les plus réceptives en la matière et a installé en ces endroits stratégiques des implants chargés d’émettre des stimulations électriques et ainsi multiplier les capacités « artistiques » du patient. Faut-il craindre une collaboration machiavélique à l’avenir entre le monde de la musique et celui de la science? D’aucuns diront que la radio applique une recette similaire depuis toujours…

http://www.7sur7.be/7s7/fr/

Somnambule, conducteur d’élite …

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Somnambule

Les policiers de Portsmouth, en Grande-Bretagne, eurent bien du mal à se rendre à l’évidence. Le jeune homme, en pyjama et transi de froid, qu’ils venaient d’intercepter dans les rues de la ville venait d’accomplir un exploit peu banal et pourtant tout à fait involontaire.

Dans une crise de somnambulisme, ce garçon de 15 ans avait quitté le domicile familial, pris le volant de la voiture paternelle et parcouru en pleine nuit, sans se réveiller, une distance de 43 km avant de reprendre ses esprits et de réaliser brusquement tout l’insolite de sa situation. Il téléphona alors à ses parents, qui à leur tour alertèrent la police.

Le plus étonnant est que cet adolescent n’avait jamais conduit un véhicule de sa vie et qu’il venait pourtant d’effectuer son escapade sans provoquer le moindre accident.

Pour extraordinaire que soit ce cas, il n’est pourtant pas exceptionnel. Beaucoup de somnambules se sont révélés capables, sans s’en rendre compte, de se livrer à des actes tout à fait étonnants.

Ces curieux dormeurs vagabonds sont beaucoup plus nombreux qu’on ne le croit. Ils sont des millions de par le monde et, rien qu’en France, on en a dénombré plus de huit cent mille.

« Curieuses histoires de l’Etrange. »  Christian Vignol, Editions Jourdan, 2012.

Voix …

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Francine Grimard
Tableau: Francine Grimard

Nous percevons soudain, dans l’épais brouillard, des voix mystérieuses. N’avons-nous pas l’impression qu’elles proviennent de nulle part ? Elles sont partout autour de nous. Comme si elles appartenaient à des spectres. Il suffirait, croyons-nous, de fouiller la brume du regard pour qu’elles disparaissent. Faux, puisque nous reconnaissons que ce sont des voix humaines. Ce qui peut être également un leurre.

Le téléphone sonne. À l’autre bout du fil, une voix. Il me semble qu’elle appartient à une femme que j’ai très bien connue et que je n’ai pas entendue depuis longtemps. J’en ai le visage qui s’empourpre. J’imagine à quoi elle peut ressembler maintenant, car je l’ai connue quand elle était jeune, et je l’aimais. C’est pourtant une inconnue qui s’adresse à moi. Oubien est-ce ce que je me figure en écoutant sa voix ?

Voix dans la neige. Nous redoutons qu’elles ne fassent fondre le glacier ou, ce qui est plus probable, qu’elles ne déclenchent une avalanche qui nous engloutira, nous et les voix. Mais ce n’est qu’une impression. Rien ne peut les engloutir, nulle congère. Ce sont les voix de la tempête. Du moins est-ce ce que nous croyons, tandis que siffle à nos oreilles une vague menace qui semble devoir être prise au sérieux.

Je suis dans une maison, entouré de vieux livres, persuadé ils constituent la dernière bibliothèque au monde. Et je enivrent. Transporté, je les écoute calmement, sans m’apercevoir que, perdu, je contemple le temps. Je regarde, ému par ce que je crois avoir entendu. Il ne fait aucun doute que les voix émanent des volumes. Je les caresse. Non, ce n’est pas possible. Chacun est conservé dans une enveloppe spéciale, transparente ; il est impossible d’en ouvrir un seul, tant il est isolé du monde et du bruit. Les voix doivent venir de dehors. Mais cela aussi est improbable : dehors, tout est vide, le désert s’étend à l’infini. Malgré tout, ces voix venues de nulle part m’étourdissent…

Une voix d’enfant m’appelle. Elle me semble pure, innocente. À nouveau, je suis victime d’une illusion. Menaçante, elle est en fait pleine de promesses et d’imprécations. Cette voix est un gargouillis, un râle poussé dans la brume. Elle nous tient captifs, telles les amours anciennes, oubliées, elle nous enivre. Elle nous glace et nous endort, sur une montagne dont la neige ne fondra jamais. Mais tout cela n’est encore qu’un faux semblant, car il s’agit de notre propre voix. Ou cela ne serait-il aussi qu’une impression ?

Il est temps pour moi, je pense, de cesser de m’occuper de voix. J’en ai trop entendu. Il y a toujours des choses qu’il faut refaire de temps en temps dans la vie. Certaines circonstances se répètent. Si vous avez écrit des lettres, par exemple, ou que vous en ayez reçu, fût-ce rarement, elles finissent par s’accumuler et vous ne savez plus qu’en faire. Pour ma part, je les déchire et je les jette. Je l’ai fait, il y a cinq ou six ans, et je dois recommencer. J’ignore d’où toutes ces lettres peuvent bien sortir. J’essaie de me souvenir si j’ai eu, pendant ces cinq ou six années, du courrier qui m’ait été retourné. Non, je n’ai pas écrit, on n’a rien pu me renvoyer. Ai-je alors reçu quelque missive ? Non, aucune, heureusement. J’en suis absolument certain. Ces lettres seraient-elles les fantasmes engendrés par la solitude extrême ? Je vis à l’écart et je commence à y prendre goût. Quoi qu’il en soit, elles sont là et il me faudra toute une journée pour les trier. Elles m’étonnent et m’attristent, si bien que je laisse tomber. Il vaut mieux que je ne les lise pas. Il en émanerait à nouveau des voix qui ne sauront me dire ce que, de toutes façons, je ne souhaite pas entendre. Je passe à l’action.

Est-ce que je m’imagine ce qu’elles peuvent contenir, ou bien les voix sont-elles déjà en contact avec mes doigts ? Il est impossible de s’affranchir des souvenirs et des illusions.

Oui, ce sont là les affres de la solitude : vous vous trouvez constamment dans l’obligation d’accomplir des tâches qui s’accumulent du fait même que vous croyez être seul. Mais vous avez beau souhaiter l’être, vous ne l’êtes pas. Une multitude de doubles vous fouaillent de leurs voix, vous empêchant de vivre.

Jovica Acin

Traduit du serbo-croate par Mireille Robin

La malédiction du Great Eastern

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Great Eastern

Le Great Eastern, le paquebot transatlantique britannique lancé en 1858, fut le premier paquebot géant et le plus grand navire jamais construit à son époque. Le bateau avait une capacité d’embarquement de 4 000 passagers sans qu’il soit nécessaire de le réapprovisionner en charbon entre la Grande-Bretagne et la côte est des États-Unis. Il a longtemps détenu le record du navire le plus long (jusqu’en 1899) et le plus gros du monde (jusqu’en 1901). Plus tard, il fut reconverti et posa le premier câble transatlantique sous-marin.

Comment explique-t-on que certains bateaux soient dits malchanceux, ce que reconnaît tout marin expérimenté ? Le roman de Conrad, The brutes , met en scène cette croyance; mais il y a d’innombrables exemples réels. Un livre entier a été consacré à l’histoire stupéfiante du Great Eastern, le projet le plus ambitieux de Brunel, grand ingénieur du XIXème siècle. C’était le plus grand bateau du monde. Les malheurs commencèrent quand un riveur et son apprenti disparurent lors de la construction. En juin 1859, alors qu’on s’apprêtait à mettre le bateau à la mer, Brunel s’aperçut que les vagues provoquées par la mise à l’eau pourraient submerger les spectateurs et donna l’ordre d’arrêter la manœuvre. Quand on lança finalement le bateau, Brunel s’écroula sur le quai, terrassé par une crise cardiaque, et mourut une semaine plus tard.

Isambard Kingdom Brunel, engineer

Dès lors, la carrière du Great Eastern fut un long désastre. Une cheminée explosa lorsqu’on ferma par accident une valve de sécurité; cinq pompiers périrent, un autre fut broyé dans la roue à palettes. Mis à quai pour des réparations, le bateau fut endommagé par une tempête. Le capitaine se noya avec un mousse dans un canot. En Amérique, un autre marin fut broyé dans la roue et un homme passa par-dessus bord et se noya.

Un voyage de deux jours fut une catastrophe continue qui atteignit son comble quand le bateau dériva de cent miles; de nombreux passagers débarquèrent à la première occasion et rentrèrent par le train.

Le paquebot avait alors acquis une si mauvaise réputation qu’il transportait rarement assez de passagers pour payer les salaires de l’équipage (plus de quatre cents personnes). Les catastrophes continuèrent: roues et cheminées brisées, dégâts dus à la tempête …

Quinze ans seulement après sa mise à l’eau, le Great Eastern fut abandonné à la rouille à Milford Haven. Lorsqu’on le démolit en 1889, on trouva, coincés dans la double coque, les squelettes du riveur et de l’apprenti qui avaient disparu.

« Mystères: le surnaturel face à la science. »  Colin Wilson, Albin Michel, 1981.

Oser partager son expérience

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anges

D’après les études, plus de deux millions de français auraient vécu une expérience de mort imminente. Si une poignée d’entre eux n’hésitent pas à relater leur histoire publiquement, combien sont ceux qui, de peur d’être jugés ou considérés comme « fous », se taisent et gardent ce voyage si particulier pour eux ?

Même si aujourd’hui les expériences de mort imminente (EMI) sont de plus en plus médiatisées, en parler autour de soi demande une sacrée dose de courage tant les préjugés sur le sujet ont la vie dure. Oser partager son expérience est une opération délicate conduisant intuitivement de nombreuses personnes au silence.

Un sujet dérangeant…

Alors que dans d’autres cultures, parler de spiritualité, de la mort ou encore de la réincarnation, n’a rien d’anormal, en Occident c’est en revanche très différent. D’après le Dr Pim van Lommel, cardiologue hollandais considéré comme l’un des meilleurs spécialistes des expériences de mort imminente au monde, il y a « une réticence de la culture et de la science occidentale à admettre ce genre d’expérience spirituelle ». Dans ses interviews, il raconte souvent l’histoire suivante illustrant parfaitement ce scepticisme : « A la fin d’une conférence sur les EMI, un homme se lève et dit : « Je suis cardiologue depuis plus de 25 ans et je n’ai jamais entendu autant d’absurdités. Je n’en crois pas un mot. C’est complètement fou ! » Un autre homme se lève et prend la parole à son tour : « Je suis un de vos patients, j’ai vécu une expérience de mort imminente et vous êtes la dernière personne à qui j’en parlerais. »

Découvrez les témoignages des patients de Pim van Lommel

Ainsi, partager cette expérience autour de soi, que ce soit dans le milieu médical ou dans son entourage, s’apparente à une véritable épreuve. Ce que démontre l’étude de Sutherland : lorsqu’une personne tente de parler de son EMI à ses proches, 50% de la famille et 25% des amis refusent le dialogue ; 30% du personnel infirmier, 85% des médecins et 50% des psychiatres réagissent négativement.

Cette étude évoque probablement des souvenirs à Nicole Canivenq. Juste après son accident, elle confie son EMI à sa mère venue la voir à l’hôpital. Elle s’aperçoit que celle-ci ne lui en reparle pas, et se sent incomprise. « Je ne me voyais pas aller voir un prêtre ni un psy parce que, pour moi, ce que j’avais vécu était vraiment réel, sauf que cela dépassait mon cadre de compréhension. » Pour trouver quelqu’un à qui en parler, Nicole Canivenq met le cap sur le Canada afin de rencontrer le Dr Mario Beauregard, neurologue de renommée internationale pour ses travaux sur l’esprit et la conscience.

Ayant beaucoup souffert de l’isolement provoqué par le manque d’écoute sans jugement et avec bienveillance de son EMI, sujet encore très tabou en France, Nicole Canivenq a senti le besoin de créer une association « NDE et Intégration » dont l’objectif est justement de permettre aux personnes ayant vécu cette expérience de raconter leur histoire et de poser des questions dans des groupes de parole. Ces derniers sont également ouverts à des personnes ayant perdu un être cher ou se posant « des questions métaphysiques ou spirituelles. Il y a aussi des personnes qui mettent cette expérience dans un coin de leur esprit car cela est trop confrontant. Elle nous amène à nous poser des dizaines de questions avec très peu de réponses. » confie Nicole Canivenq.

Découvrez la conférence : Les EMI par ceux qui les vivent

Le poids du silence

Ce manque d’écoute et de compréhension pousse de nombreuses personnes à ne pas en parler du tout. Une étude réalisée aux Pays-Bas en 2004 par Igor Corbeau menée sur 84 personnes ayant vécu une EMI montre que la moitié de ces personnes étaient toujours incapables de parler de leur expérience 24 ans après les faits…

C’est le cas de Jean Morzelle. Il a gardé le silence pendant plus de quarante ans. En 1949, à l’âge de vingt ans, il est à l’armée et reçoit accidentellement une balle dans la poitrine lors d’un exercice. Il perd beaucoup de sang et est transféré à l’hôpital de Toulouse plusieurs heures après l’incident, dans un état critique. Il tombe alors dans un trou noir, et se retrouve ensuite dans la salle d’opération au-dessus de son propre corps. Il se promène, voit et entend tout ce qu’il se passe. Il vit ensuite un véritable « moment de symbiose » avec la Lumière avant de réintégrer son enveloppe physique. Lors d’une conférence organisée par l’INREES, il rappelle qu’à l’époque, le sujet n’était pas médiatisé. Il a souhaité en parler à sa mère parce que « c’est étouffant de garder pour soi un événement aussi fort, aussi exceptionnel ». Mais en voyant sa réaction, il a compris que ce n’était pas la peine d’insister, et a décidé de ne plus en parler… Jusqu’à sa rencontre, quarante ans plus tard, avec le Dr Raymond Moody, l’un des premiers à avoir recueilli des témoignages d’EMI. Ce précurseur dans le domaine a écrit plusieurs livres sur le sujet dont La vie après la Vie en 1975, devenu une référence sur l’après-vie. C’est précisément après avoir lu cet ouvrage que Jean Morzelle découvre que son cas n’est pas isolé : « On est seul avec quelque chose de fabuleux que l’on souhaite partager, mais les mots nous manquent. Savoir que d’autres personnes ont vécu cela est merveilleux. »

Le Dr Pim van Lommel regrette qu’il en soit ainsi. Dans son livre Mort ou Pas, il explique que « Les personnes qui ont connu une EMI ressentent presque toutes le besoin urgent d’en parler. Il s’agit d’un besoin d’affirmation mais aussi et surtout du désir d’être soutenues.(…) Lors de la première tentative, la réaction de l’autre est absolument cruciale. Si elle est négative ou sceptique, les sujets peuvent alors se murer dans un silence de plusieurs années. Ils se sentent différents alors que leurs proches sont restés les mêmes. Ils ne peuvent entamer le processus d’acceptation et d’intégration tant qu’ils ne se sentent pas capables de communiquer leurs pensées et sentiments. » explique-t-il dans son livre Mort ou Pas.

« Toutes ces expériences demandent à être considérées avec sérieux et objectivité. Elles nous renseignent sur le moment de la mort, que nous vivrons tous. » insiste Jean-Jacques Charbonier. Médecin anesthésiste, il a recueilli de nombreux témoignages sur le sujet et écrit plusieurs ouvrages afin de « changer notre regard sur la vie après la mort ». « Pour les patients en fin de vie et leurs proches, et tous ceux qui sont confrontés à la réalité de la mort, les constats que j’ai faits au cours de ma carrière sont souvent source de réconfort. Dès lors, ne faut-il pas généraliser par exemple l’écoute et le partage des expériences de mort imminente dans les unités de soins palliatifs ? N’est-il pas possible de mieux préparer les jeunes médecins à la rencontre avec la mort, plutôt que de les laisser affronter seul et souvent sans bagage sa réalité brute ? »

Au vu des témoignages, de plus en plus nombreux, y compris de médecins, ce souhait pourrait bien devenir une réalité dans les prochaines années.

Aurélie Caillard

http://www.inrees.com/articles/Oser-partager-son-experience-de-mort-imminente/

Le loup, un animal discret et harcelé

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Aujourd’hui nous parlons du retour du loup dans nos contrées. Le loup a été complètement éliminé d’Europe de l’Ouest au cours du 20e siècle, mais il est effectivement de retour dans certains pays dont la France.

Sa mauvaise image a plus ou moins disparu car le loup est actuellement une espèce protégée, mais les hostilités avec les populations rurales subsistent toujours. En France, alors que cela se passe très bien en Espagne ou en Italie, tout est une question de culture, nous sommes imprégnés d’angoisses à la « Petit chaperon rouge ».

Pourtant c’est un animal plutôt discret qui vit dans des endroits peu habités par l’homme

Il vit surtout dans les zones montagneuses en Italie, France, Espagne mais aussi dans des forêts en Suède, Finlande, et Allemagne, par exemple. Mais la destruction de ses habitats forestiers et montagneux le force à se rapprocher des zones rurales : il est classé « vulnérable » sur la liste rouge des espèces menacées en France de l’IUCN (Union internationale pour la conservation de la nature), en dehors des massifs montagneux. Le programme Pastoraloup, organisé par l’association Ferus, met en place une assistance aux éleveurs en zones de loups. Ils recrutent, forment et encadrent des bénévoles pour renforcer la présence humaine auprès des troupeaux et réduire les attaques des loups sur les ovins.

Jeudi dernier encore, en Savoie, la préfecture annonçait qu’un loup mâle adulte avait été abattu dans le cadre d’un tir de défense.

Malheureusement, des loups meurent toujours par balles dans ces régions… Ce loup a été décompté du plan loup instauré par l’État qui autorise l’abattage de 24 loups en une année, soit 10% de la population. Pourtant depuis quelques années, au moins 100 loups ont été abattus illégalement. Résultat : aujourd’hui, la population des loups en France est réduite à 150 individus. Pourtant, un sondage IFOP dévoile que 80% des Français sont favorables à l’intégration des loups dans l’Hexagone ! Cohabitation éleveurs/ loups… la solution viendra des hommes !

Version écrite de la chronique, collaboration Nathalie Cayzac

Yolaine De La Bigne

http://www.neo-planete.com/2014/05/26/retour-du-loup-chronique-yolainedelabigne

Je vais mourir ce soir, à 9 heures …

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Le Dr W. C., de Seranyn, dans son ouvrage : « Contribution à l’Etude de certaines facultés cérébrales méconnues » rapporte le fait suivant, qu’il a personnellement observé au cours de sa longue carrière médicale.

Jean Vitalis était un homme robuste, gros, sanguin, marié, sans enfants, jouissant d’une parfaite santé. Il devait avoir 39 ans lorsqu’il fut subitement pris d’une fièvre violente et de douleurs articulaires. J’était son médecin, et, lorsque que je le vis, les symptômes qu’il présentait étaient ceux d’un rhumatisme articulaire aigu.

Le traitement actuel de cette maladie par les salicylates n’était pas encore connu. Nous traitions alors par la quinine, l’opium, le nitrate de potasse, le colchique, les boissons diurétiques, etc., etc. Le mal traînait pendant six à sept semaines, et se terminait le plus souvent par la guérison. Quelquefois, cependant, la mort arrivait à la suite de complications cardiaques ou cérébrales.

Je fus surpris, le matin du seizième jour, de trouver Jean Vitalis tout habillé, assis sur son lit, souriant, ayant les pieds et les mains entièrement dégagés et ne présentant plus la moindre fièvre. Je l’avais laissé la veille dans un triste état. Les articulations de l’épaule, du coude, des mains, du genou, des pieds étaient tuméfiées et douloureuses. Il avait une forte fièvre et je ne pouvais jamais prévoir que j’allais le trouver aussi frais et dispos.

D’une façon très calme, il me dit qu’il attribuait sa guérison subite à une vision qu’il avait eue pendant la nuit. Il prétendait que son père, mort depuis quelques années, lui était apparu.

Voici à peu près ce qu’il me dit :

  – Mon père est venu me visiter cette nuit. Il est entré dans ma chambre par cette fenêtre qui donne sur le jardin. Il m’a d’abord bien regardé de loin, puis il s’est approché de moi, m’a touché un peu partout pour enlever mes douleurs et ma fièvre, ensuite il m’a annoncé que j’allais mourir ce soir, à 9 heures précises. Au moment de son départ, il a ajouté qu’il espérait que j’allais me préparer à cette mort, comme un bon catholique. J’ai fait appeler mon confesseur qui arrivera bientôt ; je vais me confesser et communier ; ensuite je me ferais donner l’extrême onction. Je vous remercie beaucoup pour les soins que vous m’avez donnés, ma mort ne sera pas causée par un manque quelconque de votre part. C’est mon père qui le désire ; il a sans doute besoin de moi, il reviendra me prendre à 9 heures, ce soir.

Tout cela était dit d’une façon très calme, avec un visage souriant et une réelle expression de contentement et le bonheur rayonnait sur ses traits.

  Vous avez eu un rêve, une hallucination, lui dis-je, et je m’étonne que vous y ajoutiez foi.

  Non, non me dit-il, j’étais parfaitement éveillé, ce n’était pas un rêve. Mon père est vraiment venu, je l’ai bien vu, je l’ai bien entendu, il avait l’air bien vivant.

  Mais cette prédiction de votre mort à heure fixe, vous n’y croyez pas, sans doute, puisque vous voilà guéri ?

  Mon père ne peut pas m’avoir trompé. J’ai la certitude que je vais mourir ce soir, à l’heure qu’il m’a indiquée.

Son pouls était plein, calme, régulier, sa température normale. Rien n’indiquait que j’étais en présence d’un malade gravement atteint. Cependant je prévins la famille que des morts survenaient parfois dans les cas de rhumatisme cérébral, et le Dr R…, un vieux et excellent praticien, fut appelé en consultation.

Le Dr R… dit devant le malade toutes sortes de plaisanteries au sujet de son hallucination et de sa mort prochaine ; mais à part, devant la famille réunie, il dit que le cerveau était atteint et que, dans ce cas, le pronostic était grave.

  Le calme du malade, ajouta-t-il, est bizarre et insolite. Sa croyance à l’objectivité de sa vision et à sa mort prochaine est surprenante. Ordinairement, on a peur de la mort; lui n’a pas l’air de s’en soucier, au contraire, il paraît heureux et content de mourir. Cependant, je puis vous assurer qu’il n’a pas l’air d’un homme qui va mourir ce soir ; quant à fixer d’avance le moment de sa mort, c’est de la farce.

Je revins vers midi voir mon malade qui m’intéressait vivement. Je le trouvai debout, se promenant de long en large dans la chambre à coucher, et cela d’un pas ferme, sans le moindre signe de faiblesse ou de douleur.

  Ah ! me dit-il, je vous attendais. Maintenant que je me suis confessé et que j’ai communié, puis-je manger quelque chose ? J’ai une faim atroce, mais je ne voulais rien prendre sans votre permission.

Comme il n’avait pas la moindre fièvre et qu’il présentait toutes les apparences d’un homme en parfaite santé, je lui permis de manger un bifteck aux pommes.

Je revins vers 8 heures du soir. Je voulais être auprès du malade pour voir ce qu’il allait faire lorsque les 9 heures seraient venues.

Il était toujours gai ; il prenait part à la conversation avec entrain et raisonnablement. Tous les membres de sa famille se trouvaient rassemblés dans la chambre. On causait, on riait. Son confesseur, qui se trouvait là, me dit qu’il avait dû céder aux instances réitérées du malade, et qu’il venait de lui administrer le sacrement de l’extrême-onction.

  Je ne voulais pas le contrarier, ajouta-t-il; il a tellement insisté; du reste, c’est un sacrement que l’on peut administrer plusieurs fois.

Il y avait une pendule dans la chambre et Jean, que je ne perdait pas de vue, y jetait de temps en temps des regards anxieux.

Lorsque la pendule vint à marquer 9 heures moins une minute, et pendant que l’on continuait à rire et à causer, il se leva du sofa sur lequel il était assis et dit tranquillement

  –  L’heure est venue.

Il embrassa sa femme, ses frères, ses soeurs, puis il sauta sur son lit avec beaucoup d’agilité. Il s’assit, arrangea les cousins, puis, comme un acteur qui salut le public, il courba plusieurs foi la tête, en disant :

  – Adieu ! adieu !

Il  s’étendit sur son lit sans se hâter et ne bougea plus.

Je m’approchai lentement de lui, persuadait qu’il stimulait la mort. A ma grande surprise, il était mort, sans angoisse, sans râle, sans un soupir, il était mort d’une mort que je n’ai jamais vue.

On a d’abord espéré que ce n’était qu’une syncope prolongée, une catalepsie ; l’enterrement a été longtemps différé, mais il a fallu se rendre à l’évidence devant la rigidité du cadavre et les signes de décomposition qui s’ensuivirent.

Ernest Bozzano

Bibliothèque de philosophie spiritualiste moderne et des sciences psychiques.