Abbotsford

La dernière halte

Publié le Mis à jour le

Dryburgh-abbaye
Ruines de l’abbaye de Dryburgh.  LeCardinal

Lord Glenconner avait fait don à la nation britannique de l’abbaye de Dryburgh, où repose Walter Scott. On raconte, à ce propos, une anecdote touchante.

Walter Scott, qui avait choisi lui-même le lieu de sa sépulture, se rendait fort souvent de son château d’Abbotsford à l’abbaye de Dryburgh à cheval. Le romancier menait sa monture le long des berges verdoyantes de la rivière Dee et avait coutume de s’arrêter à certain point de la route pour admirer le paysage. 

Le jour des obsèques de l’illustre écrivain, le cheval fut placé derrière le corbillard de son maître, qu’il suivit, tenu à la bride par un groom. Au moment où le cortège atteignait la halte favorite de Walter Scott, le cheval s’arrêta de lui-même. Ordre tout aussitôt donné au cocher du corbillard d’arrêter le convoi et d’attendre que la bête consentît à reprendre sa marche.

La halte s’était renouvelée pour la dernière fois.

Photo d’illustration : LeCardinal

Publicités

Bonté de Walter Scott

Publié le

walter-scott
Parmi les traits de caractère que l’on cite, et où se peint la belle âme du grand écrivain, il en est que nous ne voulons pas oublier. Walter Scott posait, un orage vient à éclater, il se lève aussitôt, et, s’excusant envers le peintre dont il retarde ainsi la besogne : 

« Je vous quitte, lui dit-il, lady Scott a peur du tonnerre. »

Un vieux domestique, qui le servait depuis seize ans, était alors dans un état de santé qui faisait prévoir sa fin comme très prochaine. Walter Scott pria instamment Leslie de dessiner pour lui la figure de ce brave homme, qu’il entourait des soins les plus affectueux. Un des résidents d’Abbotsford était un jeune ecclésiastique qu’une surdité irrémédiable semblait condamner à n’avoir jamais d’emploi. On ne pouvait se faire entendre de lui qu’au moyen d’un cornet. Walter Scott ne manquait jamais de le placer à table immédiatement auprès de lui, et si quelque passage de la conversation lui semblait devoir l’intéresser, il le lui transmettait à l’aide de cette espèce de porte-voix. Le peintre Newton, qui voyageait alors en Écosse, étant venu rejoindre à Abbotsford son ami Leslie, celui-ci lui fit un jour remarquer cette manœuvre, en lui disant :

« Voyez, Scott qui glisse son aumône au pasteur. »

 « La Semaine des enfants. »  Paris, 1866.
« Sir Walter Scott »,p
einture de Sir William Allan.