Aberdeen

Dominus de Byron

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George-Gordon-Byron

Pendant son séjour à l’école d’Aberdeen, Byron, quoique fort jeune, vivait déjà un peu à l’écart. Ses camarades se plaignaient de sa réserve et d’une sorte de dignité qu’ils prenaient pour du dédain.

Cependant, tous s’accordaient à lui trouver de la générosité et un coeur chaud. Il supportait impatiemment les railleries sur son infirmité (*). En général, toute injustice le révoltait. Il faillit un jour être victime d’un malentendu. On voulut le fouetter pour une faute qu’il n’avait pas commise. Le surlendemain, arriva la nouvelle de la mort de son grand oncle qui lui laissait, avec son titre, une fortune immense. On l’inscrivit sur la liste des écoliers comme Seigneur de Byron. Au moment de l’appel, on le nomma Dominus de Byron.

Un de ses camarades lui demanda pourquoi on lui donnait ce titre. Il répondit :

« Je n’y suis pour rien. Hier, le hasard a manqué me faire fouetter pour ce qu’un autre avait fait; aujourd’hui, il me fait lord, parce qu’un autre a cessé de vivre. Dans tous les cas, je ne lui dois point de remerciements, car je ne lui ai rien demandé. »

Le jeune Byron avait alors dix ans.

(*) Il était venu au monde avec un pied contrefait.
« Lord Byron. Tome 1. » Louise Swanton Belloc. Paris, 1824.

La vieille prophétie du pont de Balgownie

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pont-de-Balgownie

George Gordon Byron (Lord Byron) aimait les coutumes des lieux où il était né et se plaisait à raconter les légendes et les superstitions dont on l’avait entretenu. Il y ajoutait la foi la plus vive. Il était bon camarade et très dévoué. Il poussait même cette qualité fort loin. Un de ses compagnons, qui avait un petit cheval des îles Shetland, vint un jour lui proposer de faire une promenade sur les bords du Don (Petite rivière qui a son embouchure près d’Aberdeen).

Ils montaient et marchaient tour à tour ; mais quand ils atteignirent un vieux pont jeté sur la rivière, Byron arrêta l’écolier et le supplia de mettre pied à terre et de le laisser passer seul avec le cheval, parce qu’il existait une vieille prophétie populaire qui disait que le  pont de Balgownie tomberait si le fils unique d’une veuve et le seul poulain d’une jument y passaient à la fois.

« Et qui sait, dit-il, si ce poulain n’est pas le seul enfant d’une jument, et nous sommes tous deux fils de veuves; mais toi, tu as une soeur; et moi, personne que ma mère ne me pleurera. »

Son camarade céda; mais aussitôt que Byron eut échappé aux dangers de ce terrible passage, l’autre enfant voulut absolument le tenter aussi. Il arriva sans accident sur l’autre bord, et tous deux en conclurent très sérieusement que la mère du petit cheval avait eu d’autres poulains.

« Lord Byron. Tome 1 . » Louise Swanton Belloc, Paris,  1824.