académicien

Popularité

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labiche

— C’est étonnant le nombre d’invitations à dîner que je reçois, disait hier Eugène Labiche, depuis que je suis académicien.

Et il ajoute de sa voix la plus douce :

— Je ne savais pas qu’on était nourri !

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Malpoli !

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Après la publication des Misérables, M. Cuvillier-Fleury publia une critique aussi sévère que solennelle du livre de Victor Hugo.

Un des grands reproches que faisait au grand poète l’académicien Cuvillier-Fleury, c’était surtout d’avoir écrit, en toutes lettres, le substantif qu’à immortalisé Cambronne.

Comme réponse, Victor Hugo lui adressa un exemplaire avec la dédicace suivante :

« A mon collègue Villier-Fleury.»

« L’Eclipse. »Paris, 1876.

Le bâtonnier

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Henri-Robert

Sur le bâtonnier Henri-Robert les anecdotes sont innombrables. Il y en a de peu connues.

Sait-on par exemple que cet illustre avocat, dont une des qualités essentielles est la parfaite maîtrise de soi, débuta aux assises ayant appris sa plaidoirie par cœur, tel Gambetta plaidant pour Buet ? Le président n’avait pas plutôt fini l’interrogatoire des témoins, que le jeune débutant se levait et, sans perdre haleine, commençait sa plaidoirie. Le président l’arrête :

Maître, lui dit-il sans bienveillance, quand vous aurez l’habitude des assises, vous saurez peut-être qu’avant la plaidoirie il y a le réquisitoire… 

Me Henri-Robert, qui conte lui-même l’anecdote, ajoute en riant :

Ce qui m’embêtait le plus c’est que ma phrase de début était très bien et naturellement je n’ai pas pu la replacer.

Depuis, M. le bâtonnier Henri-Robert a acquis quelque « habitude des assises »et c’est lui qui malmène parfois les magistrats. Un jour il faillit tuer un avocat général. C’était dans une affaire d’assassinat par coups de marteau. Le jeune avocat s’était approché du banc des jurés et, tout à son affaire, voulait démontrer que le coup avait été porté de telle et telle façon. Mais le geste fut si vif que le manche lui resta dans la main et que la masse métallique partit derrière lui, frôlant à un millimètre près la placide figure du brave  avocat général. 

Au cours de sa carrière. Me Henri-Robert a quelquefois occis des avocats-généraux, mais il a simplifié sa méthode : un simple mot lui suffit. Dans une affaire passionnelle qu’il plaidait en 1890, il termina sa plaidoirie par cette phrase éloquente :  

Mon client adorait sa maîtresse, Messieurs, et il n’a qu’un regret : c’est de lui avoir survécu. Il voulait se tuer d’abord et la tuer ensuite.

Cela fit un effet énorme et l’accusé fut acquitté. Mais en sortant, son ami Willard, le  distingué avoué à la Cour, le « général Willard » comme l’appellent ses intimes, lui fit remarquer ce que sa péroraison avait de hardi.

 — Bah ! lui répondit le maître, déjà partisan d’une méthode qui lui a si bien réussi, aux assises le tout est d’être acquitté.

« Le Cri de Paris. »Paris, 1919.

Annotations parasites

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M. Auger, de l’Académie française, avait la monomanie de toujours écrire ses réflexions sur les marges des livres qu’il lisait.

Un jour, en 1824, il se trouvait en soirée à côté d’un gentilhomme russe qui lui paraissait peu au courant de notre littérature. Ravi d’étaler son érudition, notre académicien lui promit de lui adresser ses ouvrages le lendemain. Ce furent les OEuvres de Molière avec son commentaire, qu’il fit porter au domicile du noble russe.

Quelques jours après, il reçut la lettre suivante :

Monsieur Molière,

Je vous remercie de l’envoi de vos œuvres. Je suis honteux d’avouer que je ne les connaissais pas : elles sont admirables. Il n’y a jamais eu dans l’univers de comédies qui aient égalé les vôtres. Quel comique ! Quelle franche gaieté ! Quelle connaissance du cœur humain ! Quelle profondeur dans les caractères ! Je ne cesse de lire et de relire vos Femmes savantes, votre Ecole des femmes, votre Amphitryon et vos ballets même, quoique je ne les aie jamais vu danser à l’Opéra.

Maintenant, permettez-moi de vous faire une petite observation avec tout le respect que je dois à votre beau talent. Pourquoi avez-vous permis à un M. Auger d’expliquer avec ses notes des passages clairs comme le jour, et de relever des beautés que tout le monde apercevait bien sans lui ? Ces notes m’offusquent la vue, quand je lis vos vers; elles me gênent et me forcent, pour ainsi dire à chaque page, d’abandonner une de vos beautés pour une platitude, ce qui nuit à l’effet de l’ensemble. S’il m’était permis de vous donner un conseil, je vous engagerais à supprimer dans votre seconde édition ces notes parasites qui arrêtent à chaque instant le lecteur et glacent son enthousiasme.

Agréez, etc.

Romaszof.

Cette réponse fit la joie de tous les salons de l’époque.

« Almanach de France et du Musée des familles. »  Paris, 1884.

Bonjour monsieur ou monsieur Bonjour

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Casimir Bonjour, auteur dramatique (1795-1856) se présenta comme candidat à l’Académie.

Il dut faire aux académiciens les visites d’usage, et, dans sa tournée, il se présenta chez, un des Quarante où une accorte soubrette lui ouvrit la porte. On sait, en effet, que lorsqu’un homme de lettres pose sa candidature à l’un des quarante fauteuils — resté vacant — l’usage veut qu’il rende visite à chacun des académiciens.

Votre nom, monsieur ? fit l’accorte soubrette. 
Bonjour !
— Bonjour, monsieur. Mais voulez-vous me dire votre nom ?
— Je vous dis : Bonjour.
— Et moi aussi : bonjour, monsieur. Mais qui dois-je annoncer à mon maître ?
— Eh ! Bonjour, vous dis-je, puisque c’est mon nom !
— Ah ! fallait donc le dire, fit la soubrette. J’aurions pas dit : bonjour, monsieur, mais : monsieur Bonjour.

« Touche à tout : magazine des magazines. »  Paris, 1909. 

Décès de l’écrivain et académicien Alain Decaux

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L’écrivain Alain Decaux, qui a incarné pendant près de 50 ans l’histoire à la radio et à la télévision, est décédé dimanche à l’Hôpital Georges-Pompidou à Paris, à l’âge de 90 ans.

Élu à l’Académie française en 1979, ministre de la Francophonie du gouvernement Rocard (1988-1991), ce grand conteur et vulgarisateur a créé et animé plusieurs émissions devenues cultes. En 1951, il crée «La tribune de l’histoire» à la radio (diffusée de 1951 à 1997). En 1956, c’est le tour de la télévision avec «La caméra explore le temps» (avec Stellio Lorenzi et son complice André Castelot), qui ne s’arrêtera que dix ans plus tard. De 1969 à 1987, dans «Alain Decaux raconte», «Alain Decaux face à l’histoire», puis «Le dossier Alain Decaux», il occupe le petit écran chaque mois pendant une heure, traitant d’un personnage ou d’un événement historique.

Né le 23 juillet 1925 à Lille, ce fils d’avocat a étudié le droit à Paris et suivi des cours d’histoire à la Sorbonne, sans se soucier d’obtenir un diplôme. Il publie son premier livre, «Louis XVII retrouvé», en 1947 et est couronné par l’Académie française, trois ans plus tard, pour son second ouvrage, «Letizia».

En 1960, il fonde la revue Histoire pour tous, et va collaborer à de nombreux journaux et revues. Dialoguiste du film «Les misérables» (1982) de Robert Hossein, avec qui il aura une intense collaboration artistique, il est aussi biographe de Victor Hugo et admirateur d’Alexandre Dumas, à qui il consacre en 2010 un «Dictionnaire amoureux», et de Sacha Guitry, dont il était l’ami intime. On lui doit aussi «Alain Decaux raconte la Bible aux enfants», «C’était le XXe siècle» (en quatre volumes), «Le Tapis rouge», sur son expérience ministérielle, ou au théâtre, «N’ayez pas peur» sur le pape Jean Paul II.

Alain Decaux a été en 1973 le premier président, élu au titre de la télévision, de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques. En 1989, il a été nommé coordonnateur de la politique télévisuelle extérieure française. Depuis 1999, il existe un prix Alain Decaux de la francophonie.

Marié deux fois, père de trois enfants, il a été élevé en 2014 à la dignité de grand’croix de la Légion d’honneur.

http://www.courrier-picard.fr/region/deces-de-l-ecrivain-et-academicien-alain-decaux-a-90-ans-ia201b0n748985