accident

Industrie nouvelle

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hopital

Un jeune homme de Rome, nommé Russo, qui s’était fait blesser dernièrement par l’automobile du duc d’Aoste, en vue d’être soigné, nourri et logé à l’hôpital, est professionnel du genre.

On a, en effet, constaté que depuis longtemps ce genre d’accidents constitue sa principale ressource. Autant que possible, Russo ne se fait écraser que par les gens riches. Ce qu’il y a de remarquable chez cet individu, c’est l’habilité surprenante avec laquelle il sait éviter les blessures graves, tout en simulant parfaitement l’imprudence ou l’inattention.

« Journal hebdomadaire d’actualités. »  Paris, 1907.
Image d’illustration.

La vieille prophétie du pont de Balgownie

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pont-de-Balgownie

George Gordon Byron (Lord Byron) aimait les coutumes des lieux où il était né et se plaisait à raconter les légendes et les superstitions dont on l’avait entretenu. Il y ajoutait la foi la plus vive. Il était bon camarade et très dévoué. Il poussait même cette qualité fort loin. Un de ses compagnons, qui avait un petit cheval des îles Shetland, vint un jour lui proposer de faire une promenade sur les bords du Don (Petite rivière qui a son embouchure près d’Aberdeen).

Ils montaient et marchaient tour à tour ; mais quand ils atteignirent un vieux pont jeté sur la rivière, Byron arrêta l’écolier et le supplia de mettre pied à terre et de le laisser passer seul avec le cheval, parce qu’il existait une vieille prophétie populaire qui disait que le  pont de Balgownie tomberait si le fils unique d’une veuve et le seul poulain d’une jument y passaient à la fois.

« Et qui sait, dit-il, si ce poulain n’est pas le seul enfant d’une jument, et nous sommes tous deux fils de veuves; mais toi, tu as une soeur; et moi, personne que ma mère ne me pleurera. »

Son camarade céda; mais aussitôt que Byron eut échappé aux dangers de ce terrible passage, l’autre enfant voulut absolument le tenter aussi. Il arriva sans accident sur l’autre bord, et tous deux en conclurent très sérieusement que la mère du petit cheval avait eu d’autres poulains.

« Lord Byron. Tome 1 . » Louise Swanton Belloc, Paris,  1824.

Automobilisme

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automobile

Lettre d’un cul-de-jatte à M. Maurice Bécue, chauffeur de 1ère classe.

S’il nous est permis d’émettre un avis sur la question de l’automobilisme, nous n’hésiterons pas à déclarer que nous sommes pour les automobiles, contre les bicyclettes.

Ce n’est pas que, nous autres piétons, nous ayons à y gagner grand-chose. Non, nous serons toujours écrasés. Mais avec la bicyclette c’était incomplet, nous l’étions mal. Avec le teuf-teuf, c’est charmant, définitif. Il n’y a pas à y revenir. On n’a pas le temps de rêver, de s’ennuyer et de souffrir. Sans compter que les bicyclettes y passeront à leur tour !!!

Nous saluons donc en l’automobile l’instrument de notre revanche, formidable et irrésistible Attila de la déambulation, préparateur de l’idéale purée. Vive donc « Lille-automobile » !

« La Vie flamande : journal artistique et littéraire du Nord et du Pas-de-Calais. »  Lille,  1903.

 

Justice rigoureuse

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chute-clocher

Un couvreur était monté au plus haut d’un clocher pour la raccommoder. Il eut le malheur de tomber en bas, et en même temps il fut assez heureux pour ne se faire aucun mal. Mais sa chute devint funeste à un homme qu’il écrasa en tombant.

Les parents du défunt attaquèrent en justice celui qui était tombé du clocher, l’accusant de meurtre, et prétendant le faire condamner à de forts dommages et intérêts.

L’affaire fut plaidée. Il fallait accorder quelque satisfaction aux plaignants. D’un autre côté, le juges ne pouvaient punir un homicide dont un accident malheureux était la seule cause.

Il fut ordonné à celui qui demandait vengeance de monter au haut du clocher et de se laisser tomber sur celui qu’il poursuivait, lequel serait tenu de se trouver précisément au-dessous, dans la même place où le défunt avait perdu la vie.

Un pareil jugement fut la fin du procès.