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Balzac ou de Balzac

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L’illustre romancier a toujours signé ses œuvres en faisant précéder son nom de la particule, mais seulement à dater de 1830. Ce n’est pas cependant qu’il pût prétendre à faire supposer qu’il descendît de la famille de l’auteur des Lettres de la Charente, le sieur de Balzac, mort en 1654. Ce n’eût d’ailleurs été là  qu’une apparence, car l’écrivain du XVIIe siècle se nommait en réalité Jean-Louis Guez, et il s’était anobli lui-même en faisant suivre son nom de celui de sa propriété « de Balzac ».

Voici l’acte de naissance de l’illustre auteur du Lys dans la Vallée, de la Peau de chagrin, et de tant d’autres chefs-d’œuvre :

« Aujourd’hui, deux prairial an sept de la République française, a été présenté devant moi, Pierre-Jacques Duvivier, officier public soussigné, un enfant mâle, par le citoyen Bernard-François Balzac, propriétaire, demeurant en cette commune, rue de l’Armée-d’Italie, section du Chardonnet, n° 25; lequel m’a déclaré que ledit enfant s’appelle Honoré Balzac, né d’hier, à onze heures du matin, au domicile du déclarant; qu’il est son fils et celui de citoyenne Anne-Charlotte-Laure Sallambier, son épouse, mariés en la commune de Paris, huitième arrondissement, département de la Seine, le onze pluviôse an cinq. etc. »

On pourrait répondre que, sous la Révolution et jusqu’à la création de l’Empire, les actes de naissance ne donnaient la particule à personne. Cela n’est pas toujours vrai : il existe en effet beaucoup de constatations d’état civil, établies pendant les dix dernières années du XVIIIe siècle, où sont mentionnés les particules, les qualités, et même les titres seigneuriaux des intéressés. D’ailleurs un autre document vient démontrer et confirmer l’exactitude de la déclaration d’état civil que nous venons de reproduire : c’est l’acte de naissance même d’Henri-François Balzac (également sans particule), frère cadet d’Honoré, et qui est né le 20 décembre 1807, époque à laquelle personne ne pouvait plus craindre d’énoncer ses titres, qualités et particules, dans les actes quelconques de la vie civile.

Il résulterait donc de ce qui précède que le romancier Honoré de Balzac n’aurait pas droit à la particule, et pourtant l’Intermédiaire du 25 septembre 1890 cite à ce propos la phrase suivante, empruntée au manuscrit de l’Historique du procès du « Lys dans la Vallée » :

« Quand je me suis appelé Balzac tout court, c’est que j’étais dans le commerce, et que la particule y aurait été déplacée. »

« Gazette littéraire, artistique et bibliographique. »  Paris, 1891. 
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L’Arche sainte du petit commerce

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Il a été relevé cette expression, d’un lyrisme si touchant, sur une affiche bleue, blanche et rouge, qui conviait, ces jours derniers, le petit commerce, précisément, à des élections consulaires.

Du reste, les signataires de l’affiche dénonçaient avec juste raison les agissements du haut négoce, qui paraît de plus en plus jaloux des trusts américains. L’affiche dont il s’agit rappelle  une circulaire, conçue dans un tout autre esprit et ayant trait à un tout autre objet, qu’on distribuait à Roubaix, il y a quelques années :

Nous venons aujourd’hui faire appel à vous tous, courageux catholiques de Roubaix, pour protester en faveur du rétablissement des processions.

C’est le plus bel acte de foi que vous puissiez faire en faveur de votre Dieu. Pourquoi notre Dieu n’aurait-il pas le droit de traverser librement nos rues, tout aussi bien que le dernier des mécréants ?

Ce sera en même temps un grand acte de charité que vous ferez en faveur du petit commerce, qui souffre tant dans notre ville.

Eloquence de la foi ! C’est textuel.

« Le Penseur. »  Paris, 1901.
Illustration : « Le Pardon de Kergoat. »  Jules Breton.