Adolphe Crémieux

Les honnêtes patriotes

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Il s’agissait de faire déguerpir des Tuileries les patriotes qui s’y étaient installés après le départ de Louis-Philippe.

M. Adolphe Crémieux, chargé de la commission par ses confrères du provisoire, n’eut pas tout à fait autant peur qu’on voulut bien le dire. Les armes des démocrates en guenilles l’effrayèrent bien un peu, et il eut l’air de leur donner satisfaction. Mais il avait son plan !

— Vive Crémieux! vive Crémieux! hurla cette bande atroce, entourant l’avocat et voulant le porter en triomphe.
— Un instant, citoyens… pardon! Je suis très pressé, et je vais de ce pas au parquet, afin d’y prendre les dossiers de tous les voleurs et de tous les escrocs qui auraient pu se glisser parmi vous. Certes, on ne les laissera pas au milieu de tant d’honnêtes patriotes!

Il s’en alla. Quand il revint au château, deux heures après, il n’y avait plus personne.

« L’Argus et le Vert-vert réunis. » Lyon, 1857.

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