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Police républicaine

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nuger_manifestationSous le second Empire, qui fut, dit-on, le plus beau temps de la République, la police  avait la poigne dure. Les agents, cependant, ne se confiaient pas en la solidité de leurs poings : ils les armaient de casse-tête, qui justifiaient ce nom en les cassant très proprement.

Sous la République, les agents de police ont supprimé les casse-tête. Ce n’est pas qu’ils aient des mœurs plus douces; c’est qu’ils ont sans doute les poings plus solides : sans casse-tête, ils obtiennent les mêmes résultats que leurs prédécesseurs qui s’en armaient. 

Par un soir d’été de 1893, je prenais, sans songer à mal, un bock à la terrasse du café  d’Harcourt. Je vis arriver sur la place de la Sorbonne un groupe bruyant d’étudiants. Ils criaient : « Conspué Bérenger ! » Ils venaient, je ne sais plus pour quels motifs, de faire un sabbat sous les fenêtres de ce sénateur, plus particulièrement connu sous le surnom de Père-la-Pudeur

Ils allaient rentrer chacun chez soi, fatigués de crier pour avoir trop crié, quand les brigades centrales, embusquées au coin de la rue Victor-Cousin, voyant échapper une occasion de se livrer à leur sport favori, se précipitèrent à coups de poing et à coups de pied. Les étudiants se réfugièrent dans le café. Les agents, s’emparant alors des porte-allumettes qui étaient sur les tables, les lancèrent à ceux qui fuyaient. Ces porte-allumettes étaient massifs comme des boulets de canon. Un jeune homme, nommé Nuger, non étudiant, et qui n’avait point participé à la manifestation, mais qui avait le tort d’être de haute taille, fut atteint à la tempe et tué sur le coup. 

Ce meurtre stupide fut suivi d’une manière d’émeute. On brûla un omnibus qui n’y était pour rien ; on assomma, sur le boulevard Saint-Michel, un agent de police aussi innocent que l’omnibus. Il fallut de l’infanterie et de la cavalerie pour ramener l’ordre, mais on ne ramena pas à la vie le malheureux Nuger. 

Dans les manifestations, les mauvais coups sont toujours pour ceux qui y sont  étrangers. C’est le cas du jeune Maurice Ridard qui, le soir des élections législatives du deuxième secteur de Paris, se trouva pas hasard parmi les manifestants. 

Avez-vous remarqué que ceux qui se font prendre dans les manifestations s’y trouvent toujours par hasard ? Si l’on y prenait toujours tous ceux qui s’y trouvent, il n’y aurait que des manifestations où personne n’aurait manifesté. 

Qu’il s’y trouvât exprès ou non, Maurice Ridard paya son imprudence de sa vie. Il fut tué d’un coup de poing par un des agents chargés d’assurer l’ordre.  

Ce jeune homme de vingt-deux ans préparait l’Ecole militaire de Saint-Cyr. Ce n’est pas la peine que la République  nous demande à cor et à cri de faire des enfants, alors que sa police nous les démolit à coups de poing. 

Manœl Mosquito. «  Annales africaines. » Alger, 9 avril 1926.

La circulation urbaine

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La circulation urbaine, dans les grandes villes, et spécialement à Paris, devient de jour en jour plus difficile. Elle serait sans doute facilitée si les agents de police renseignaient par geste, aux carrefours, les conducteurs de véhicules, anxieux de savoir si la voie est libre ou si quelque autre voiture ne va pas déboucher soudain, inévitable.

C’est ce qu’a pensé M. Adrien Oudin, conseiller municipal de Paris, qui demande que « les agents comprennent qu’ils ne sont pas là uniquement pour faire un rapport sur l’accident qui arrive en leur présence, mais bien pour procéder aux gestes nécessaires réglementant le passage en indiquant aux conducteurs de véhicules celui qui doit laisser le passage à l’autre ».

Certains, spontanément, le font. Tous devraient le faire; car leur immobilité et leur apparente sérénité, trompant fréquemment les conducteurs, causent de nombreux accidents. Si ceux-ci ne sont heureusement pas graves dans la plupart des cas, ils sont toujours une cause d’embouteillage. Et cette raison seule suffit pour qu’on s’efforce de les prévenir.

« Les Annales politiques et littéraires. » Paris, 1927.