Aix

Le roi et le provençal

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Voici une anecdote d’une saveur bien provençale, à propos de l’inauguration du monument du roi Edouard VII à Cannes.

En compagnie de son aide de camp, sir Seymour Fortescue, le roi visitait en automobile les environs d’Aix. Soudain, une pluie diluvienne se mit à tomber et obligea les voyageurs à se réfugier dans une auberge du Tholonet, tenue par un certain Thomé.

L’aubergiste était absent. Sa femme servit le souverain, sans se douter le moins du monde de l’illustre qualité de son hôte. Or, bientôt le brave Thomé rentra paisiblement au logis en tirant de grosses bouffées de sa pipe.

Vilain temps, s’écria-t-il dans son dialecte provençal, et dire qu’il y a des gens qui vont en automobile par cette pluie !

Puis, apercevant le roi assis dans un coin de la salle, il s’exclama :

— Té Gavary Que fas aqui ? Sies beu comme un astre !

Il avait pris Edouard VII pour un de ses amis endimanché. Sir Seymour Fortescue le rappela au sentiment de la réalité. et des convenances : 

 Taisez-vous lui dit-il à voix basse, vous parlez au roi d’Angleterre.
— Moun Diou de que m’arribo !
s’écria Thomé.

Et, depuis, l’aubergiste du Tholonet montre avec fierté la chaise de paille sur laquelle s’était assis Edouard VII, ainsi que le verre grossier qui avait touché ses lèvres royales.

« La Croix. » Paris, 1912.

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L’automate

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Au temps où l’on brûlait les sorcières, pour les punir de leurs coupables pratiques, on livrait aussi quelquefois aux flammes, des hommes dont l’intelligence produisait des œuvres qui, ne pouvant être comprises du vulgaire, étaient considérées par lui comme inventées par le génie du mal.

M. Fétis, dans sa Biographie des musiciens, rapporte qu’un mécanicien d’Aix, en Provence, nommé Allix , avait introduit dans un squelette un mécanisme qui permettait à ce squelette de répéter sur une guitare, un air que ledit Allix venait de jouer sur la sienne.

Ce concert étrange, ajoute le biographe, causa de la rumeur parmi la population superstitieuse de la ville d’Aix. Allix fut accusé de magie, et le parlement fit instruire son procès.

Jugé par la chambre de la Tournelle, il ne put faire comprendre que l’effet merveilleux de son automate n’était que la résolution d’un problème mécanique.

L’arrêt du parlement le condamna à être pendu et brûlé en place publique, avec le squelette complice de ses sortilège.

La sentence fut exécutée en 1664.

« Dictionnaire des superstitions erreurs préjugés et traditions populaires. » Adolphe de Chesnel, 1856.