alcool

Envers et contre tout

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prohibition

Va-t-on rapporter la loi de prohibition ? Certains le prétendent. A cette seule annonce, les purs et les irréductibles ont protesté.

Parmi eux, Henry Ford, l’industriel. Il a déclaré que si l’on abrogeait le régime sec, il fermerait ses usines. Cette mesure mettrait évidemment un nombre considérable d’ouvriers en état de chômage.

Rien n’embarrasserait plus le gouvernement. 

C’est, au fond, là, une véritable méthode d’intimidation et de chantage. Réussirait-elle ? Tout est là. Ford a-t-il donc peur que si ses ouvriers buvaient quelque vin ou quelque alcool de France, ses automobiles seraient construites de travers ?

« L’Impartial. » Djidjelli, 1931.

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Les joies du retour 

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bloch-131.

Les histoires authentiques ne sont pas les meilleures. Celle-ci , pourtant, pour être vraie, n’en est pas moins savoureuse. Son seul défaut est de dater un peu, puisqu’elle remonte à l’avant guerre, celle de 1939. 

Un jour des Bloch 131, flambants neufs, furent remis à un groupe de reconnaissance basé à Bron. Le désir légitime de les étrenner décida les équipages à une sortie en vol de groupe sur Reims. Le voyage fut impeccable. A l’arrivée, le leader battit des ailes et ses ailiers se disloquèrent en renversement. L’atterrissage fut magnifique. Mais, sur le terrain, on renoua avec de vieilles connaissances, les chasseurs de la 5ème escadre. Et l’épanchement des sentiments les poussa tous vers le bar d’Escadrille.

Ce fut la tournée des grands ducs, tant et si bien qu’à l’heure du départ nos aviateurs étaient déjà un peu « partis », le leader en tête, c’est le cas de le dire. Celui-ci décolla à l’américaine et faillit se faire emboutir par son ailier gauche qui, plus raisonnable, préféra ensuite se tenir à respectable distance, au grand étonnement du chef de patrouille qui n’y comprenait goutte. 

A l’atterrissage à Bron, après un passage en rase-mottes à faire frémir toutes les branches des arbres, le leader prit sa piste et amorça sa descente. Mais le sol semblait se dérober étrangement aux roues de l’appareil. Le pilote, inquiet, rendit encore un peu la main…. Bruits de ferraille… de casserole… tintamarre du diable. Le train n’avait pas été sorti. Le chef de bord, qui était dans le « cigare » préposé à la garde de la « cave » ramenée de Reims, fit irruption dans le cockpit. Le pilote, l’air navré, complètement dessaoulé, ne cessait de répéter, les larmes aux yeux : 

— Plus d’alcool, plus d ‘alcool… De l’eau minérale… de l’eau minérale. 

Nous avions plus tard rencontré ce « casseur de bois »… Il n’a pas tenu sa promesse !

« Décollage. » Paris, 1946.

Vin hospitalier

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ivresseIl est curieux de connaître la consommation de vin et de spiritueux que font les hôpitaux de Paris. Le mardi 11 septembre, on a procédé à l’adjudication de 1 245 000 litres de vin pour le service de la cave centrale des hôpitaux pendant six mois à partir du 1er octobre 1883.

Les vins à fournir sont de plusieurs sortes : il y a 110 000 litres de vin de Roussillon, 110 000 de vin de Lapalme, 110 000 de vin de Lot-et-Garonne, 220 000 de vin du Gers, 220 000 de vin de l’Hérault, 110 000 de vin de Mirepeisset,110 000 de vin du Minervois, 60 000 de vin de Bordeaux de 1881, 70 000 de vin de Bagnols, 10 000 de vin de Bordeaux blanc de 1879, 2 500 litres de vin d’Espagne blanc, 2 500 litres de vin de Picpoul blanc. 

Egalement, les spiritueux à fournir pour le quatrième trimestre 1883 se composent de 20 000 litres d’alcool du Nord, 10 000 litres de rhum, 3 000 litres d’eau-de-vie.

Si on juge de la consommation des gens bien portants par celle des malades, on peut affirmer que Paris est une des villes où l’état de marchand de vin offre le plus de chances de succès.

« Les Annales politiques et littéraires. » Paris, 1883.
Peinture de Jan Steen.

Bars recyclés

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bar-librairie-new-york

Depuis que la vente et la consommation de l’alcool ou des boissons alcoolisées sont interdites aux États-Unis, la vie du pays s’en trouve singulièrement changée.

Les cafés n’existent pas en Amérique, mais les bars y étaient extrêmement nombreux. Les commerçants qui vivaient de la vente des boissons ont dû chercher d’autres occupations et on transforme, actuellement, tous les bars. Beaucoup sont déjà devenus des librairies. L’une de celles-ci a été inaugurée récemment à New York par des hommes de lettres.

bar-jouets-new-york

Un bar recyclé servant des jouets : quelle bonne idée ! 😀

« Le Miroir. »Paris, 1919.

Chacun ses goûts

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Lindbergh

La Ligue Antialcoolique a profité des élections pour faire son utile propagande. Elle avait notamment fait placarder des affiches où l’on voyait un avion rappelant un des plus formidables exploits accomplis par un homme, avec cette citation :

« Je ne bois jamais d’alcool. » Signé :  Lindbergh. »

Rue Olivier-de-Serres, dans le quinzième, un mauvais plaisant y répondit par cette déclaration du tac au tac :

Et moi, je ne monte jamais en avion.

« Les Potins de Paris : politiques, financiers, théâtraux. »   Paris, 1929.
Illustration : Lindbergh pendant son vol New York – Paris. 20-21 mai 1927. Agence Rol.

Alcool de fumées

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buveurs

M. Fritsche se fait fort de fabriquer de l’alcool artificiel, authentique, susceptible, même sans rectification, d’être livré à la consommation avec les fumées des hauts fourneaux, et de tous les foyers industriels.

En effet, toute fumée renferme de l’éthylène. Si on fait barbotter cet éthylène dans l’acide sulfurique, il s’oxyde. Cet acide sulfo-éthylène ainsi formé, mis à bouillir dans l’eau, se dédouble en acide sulfurique et alcool.

Voilà donc la fumée qui pique les yeux qui va servir à piquer le nez, ainsi que le fait spirituellement remarquer Emile Gautier.

« Le Passe-temps médical. »  Frédéric Monvenoux, Lyon, 1899.
Illustration : Jean Veber. 1905

Prohibition

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prohibition

Sait-on que les officiers chargés, en Amérique de faire observer la prohibition et de veiller au régime sec, se livrent à de véritables crimes, demeurés du reste impunis, les tribunaux ne voulant pas déconsidérer la prohibition.

C’est, en quelque sorte, le régime de la terreur. Les officiers de police s’en  donnent d’assouvir leurs vengeances personnelles ou de faire des cartons sur ceux qu’ils soupçonnent, de ne pas observer l’Act Volsteadt.

Enfin, la rumeur publique se serait émue. Quatre agents, accusés d’avoir tué un fermier qui fabriquait de la bière, vont être jugés à Washington. Déjà, prohibitionnistes et antiprohibitionnistes se passionnent et entrent en guerre.

Mais que dire de ce régime sec qui consiste à  faire couler du sang ?

« Comoedia. »Gaston de Pawlowski   Paris, 1927.