Altesse

Princesse Sophie

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Princesse-Sophie

C’était lors de la visite du prince de Wied à Ballplatz. Le roi de Bulgarie, qui était l’hôte du Comte Berchtold, recevait le futur souverain d’Albanie accompagné de sa femme, la belle princesse Sophie.

La princesse Sophie est décidée à se sacrifier résolument au bonheur de ses futurs sujets. Avec un courage où s’affirme l’énergie farouche de la rude Moldavie où elle fut élevée, la jeune femme accorde à son mari une aide précieuse et dévouée. Aux côtés du roi Ferdinand se tient un aimable Français, depuis longtemps son confident et qui l’accompagna ors de se voyages à Paris, dans le plus strict incognito. On cause de l’état lamentable de la malheureuse Albanie et des difficultés qui attendant le nouveau roi.

Pour flatter les Albanais, déclare le jeune Français au prince de Wied, il faudrait que votre Altesse accepte leur religion et adopte les coutumes musulmanes.

Les trois hommes sourient à cette vision de harem, de favorites et d’almées… Mais la princesse lève la tête, ses yeux s’enflamment, on devine l’âpre combat qui se livre dans son âme héroïque.

Je veux servir mon peuple de mon mieux, reprend résolument le prince de Wied et je le ferai, à n’importe quel prix. 
Ach nein ! Ach nein ! s’écrie soudain la princesse Sophie avec un regard sévère à l’adresse de son mari.

Les Albanaises sont prévenues. Leur nouveau roi restera fidèle à la foi conjugale et les délices du gynécée le laisseront très calme.

« Le Cri de Paris. »  Paul Dollfus, Paris, 1914.
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Les ambassadeurs

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Les ambassadeurs japonais visitèrent Paris en 1863. Ils étaient pilotés par M. Aubaret, capitaine de frégate, que l’Empereur avait mis à leur disposition. Ces messieurs étaient sur le point de partir lorsqu’on se rappela qu’ils n’avaient pas encore vu l’Opéra.

On s’empressa de leur offrir une représentation charmante : le Comte Ory commençait la soirée, qui devait être terminée par le ravissant ballet Diavolina, que Mlle Mourawief dansait d’une si gracieuse manière. Les Japonais étaient ravis. Le prince qui se trouvait parmi eux et qui n’avait que dix-neuf ans, ne quitta pas des yeux la scène. Et comme à la fin du spectacle on lui demandait la chose qui l’avait le plus frappé, de la musique européenne ou des entrechats de la première danseuse du monde, il répondit d’un air rêveur (en japonais s’entend) :

Je n’ai pas fait attention !
— Comment ! mais vous regardiez cependant bien attentivement ?
— Oui… Dites-moi, je vous prie, comment s’y prend le musicien de l’orchestre, qui avale du cuivre pour le rejeter ensuite avec tant de facilité et sans que cela paraisse lui faire mal ? Il m’a fort intrigué. C’est lui que j’ai regardé tout le temps.

La chose qui avait le plus frappé, dans une représentation à l’Opéra, son altesse le prince Ti-ché-fa-yo-no-Kami (ils sont tous No-Kami dans ce pays-là) c’était le trombone.

« L’Album photographique universel : journal bijou : paraissant tous les dimanches. » Bordeaux, 1865.