ambassadeur

Musée diplomatique

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banquetA peine le musée diplomatique est-il ouvert au ministère des Affaires étrangères que le bibliothécaire, M. Bertrand, a vu arriver deux collections de menus.

L’une de ce collections contient tous les menus des dîners offerts par les ambassadeurs et les ministres plénipotentiaires français, depuis 1860. Ils ne forment pas moins de quarante volumes. 

N’oublions pas que M. de Talleyrand affirmait qu’on ne fait de bonne diplomatie qu’à table.

« Revue hebdomadaire universelle. » Paris, 1904.
Illustration : Albert Uderzo.

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Fidélité

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mlle-de-launey

Mlle de Launay, la spirituelle demoiselle de compagnie de la duchesse du Maine, fut arrêtée en même temps que cette dernière, lors de l’échec de la conspiration ourdie, en 1718, par l’ambassadeur d’Espagne Cellamare, pour renverser le Régent Philippe d’Orléans.

Elle soutint avec un grand courage les interrogatoires pénibles et réitérés auxquels on la soumit. Menaces ou prières, rien ne la fit manquer à la fidélité qu’elle voulait garder à sa maîtresse, ni trahir la confiance de ceux qui lui avaient révélé leurs secrets. Un des magistrats chargés de l’interroger lui dit un jour d’un ton irrité : 

 Vous savez toute l’affaire. vous.parlerez, ou vous resterez toute votre vie enfermée  à la Bastille.
Eh bien, Monsieur, répondit-elle avec calme, pour une fille sans fortune et sans famille, telle que je suis, c’est un avenir assuré !

Les bons comptes font les bons alliés

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guerre

Les mémoires du comte de Ségur relatent, entre mille traits saisissants, celui qui concerne le roi de Prusse, Frédéric II.

Au commencement de la guerre de Sept ans, un ambassadeur d’Angleterre, qui résidait près du roi Frédéric, et dont il aimait l’esprit et l’entretien, vint lui apprendre que le duc de Richelieu, à la tête des Français, s’était emparé de l’île de Minorque et du fort Saint-Philippe.

— Cette nouvelle, sire, lui dit-il, est triste, mais non décourageante. Nous tâtons de nouveaux arguments et tout doit faire espérer qu’avec l’aide de Dieu nous réparerons cet échec par de prompts succès.
— Dieu ? dites-vous, lui répliqua Frédéric avec un ton où le sarcasme se mêlait à l’humeur, je ne le croyais pas au nombre de vos alliés.
— C’est pourtant, reprit l’ambassadeur, piqué, et voulant faire allusion aux subsides anglais que recevait le roi, c’est pourtant le seul qui ne nous coûte rien.
— Aussi, répliqua le malin monarque, vous voyez qu’il vous en donne pour votre argent. 

« Le Lisez-moi historique. » Paris, 1935.

1.000 livres par jour

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cambrioleur

Scotland Yard est en alerte. Opérant depuis un mois dans le riche quartier du West End, à Londres, un mystérieux cambrioleur au péril de sa vie rafle quotidiennement un butin évalué à 1.000 livres.

Ses méthodes sont connues de la police, qui ignore cependant tout de son identité. Le cambrioleur dépose soigneusement aux pieds de l’immeuble, sur lequel il a jeté son dévolu, ses chaussures de ville, et chausse des espadrilles à semelles de caoutchouc. Il entreprend alors l’escalade de façades vertigineuses et apparemment lisses, se coule sur les pentes verticales des toits et glisse le long de parapets étroits.

Cette semaine, il pénétra dans la chambre à coucher de Mme Massigli, femme de l’ambassadeur de France, et, pendant qu’elle dormait, lui déroba des bijoux d’une valeur de 1.000 livres. Cette somme répondant, semble-t-il, à ses besoins quotidiens.

« Ce soir : grand quotidien d’information. » Paris, 1945.
Dessin : Georges Meunier. 1890.

Cumul

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rubens

Mme Vigée-Lebrun rapporte ces mots dans la relation de son séjour à Vienne.

Un jour que nous dînions chez le prince de Kaunitz, la conversation roulant sur l’art pictural, on parla de Rubens, et, quand on eut fait l’éloge de son immense talent, quelqu’un dit que son instruction, qui était aussi prodigieuse, l’avait fait nommer ambassadeur. A ces mots une vieille baronne allemande prend la parole :

Comment! un peintre ambassadeur ! C’est sans doute un ambassadeur qui s’amusait à peindre.
— Non, madame, répondit Casanova, c’est un peintre qui s’amusait à être ambassadeur.

PS : Le Casanova en question n’est pas l’auteur des Mémoires illustres, mais son frère, Francisco, le peintre de scènes de batailles, celui qui mettait sur son nez trois paires de lunettes pour peindre les triomphes du prince de Nassau.

Les petites poubelles du corps diplomatique

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eboueur

Vous n’ignorez pas que chaque ambassade, par suite de ce qu’on appelle la fiction diplomatique, est sensée se trouver sur son pays : c’est-à-dire que l’ambassade allemande à Paris se trouve en territoire allemand, de même que l’ambassade française à Londres se trouve en territoire français.

Or, un beau jour, les percepteurs avaient voulu faire payer aux ambassadeurs la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, et ils réclamaient notamment à M. le comte de Tornielli, ambassadeur d’Italie, la somme de 359fr.98 de ce fait.

La ville de Paris, sur le rapport de M. Chassaigne-Goyon, a bien voulu reconnaître que la taxe n’était pas due, puisque les ambassades ne se trouvent pas sur le territoire parisien. Les ambassades étrangères ne paieront donc pas l’impôt que les Parisiens ont gratifié du nom de « petite poubelle ».

« Gazette Française. »  Paris, 1905.
Illustration : photo / © D.R.

Le centenaire de la pipe

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fumeurs...

Un centenaire en l’honneur de la pipe s’organise en ce moment à Leipzig. Nous rappellerons sommairement à ce propos quelques souvenirs historiques intéressants.

C’est par les Portugais que l’usage de la pipe fut introduit au XVIe siècle en Europe, mais il était bien antérieurement répandu dans les Indes occidentales. Vers 1560, Jean Nicot, ambassadeur de France à Lisbonne, apporta dans notre pays la pipe et le tabac, d’où le nom de nicotine.

Pendant quelque temps, néanmoins, on se contenta de prendre le tabac par le nez. Ce n’est qu’un peu plus tard que la pipe commença à être adoptée. C’est sous Louis XIV que des distributions régulières de tabac furent faites pour la première fois aux troupes. Il y eut alors une sorte d’engouement pour la pipe, qui se répandit jusque dans les meilleures sociétés, et l’on vit même des grandes dames ne pas s’en priver. Saint-Simon raconte que les princesses du sang furent une fois surprises par le dauphin en train de fumer des pipes qu’elles avaient fait emprunter aux soldats du corps de garde du château de Marly.

On fuma un peu moins pendant le XVIIIe siècle, mais en revanche on prisa beaucoup. La pipe revint en grand honneur au moment de la Révolution, et l’on put même voir les plus illustres généraux de l’expédition d’Egypte fumer leur pipe à la tête de leurs soldats.

fumeuse-pipe.

Sous la Restauration, la pipe fut de nouveau dédaignée ; mais après 1830 sa faveur reprit de plus belle, et elle devint, aux belles époques du romantisme, le complément indispensable de toutes les fêtes littéraires et de tous les soupers qui suivaient les grandes premières représentations dramatiques du temps. Théophile Gautier a surtout fait valoir les délices de la pipe, dont il usa et abusa jusqu’aux derniers jours de sa vie.

Aujourd’hui la pipe ne se fume plus guère en public : c’est le cigare qui est seul de bon ton dans la rue ; mais dans le huis clos la pipe est le délassement des classes sociales les plus différentes.

Nous avons cité, dans notre dernier numéro, un certain nombre de lettres défavorables à l’usage du tabac ; mais nous avons démontré que cet usage, sous quelque forme que ce soit, pipe, cigare ou tabac à priser, tend de plus en plus à se généraliser.

Il y a vingt ans, les femmes du monde qui fumaient étaient une très rare exception ; aujourd’hui plusieurs d’entre elles se permettent de fumer, et ne s’en cachent même pas.

« Gazette littéraire, artistique et bibliographique. »  1890, Paris.