Américain

Vol chrétien

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Clark Gable était un des plus sympathiques artistes de l’écran américain, et il était également un aviateur fort courageux. Ses vols avaient été innombrables. Un jour, il expliquait à des amis :

— Souvent, pendant mes randonnées, il m’arrive de rencontrer un fichu temps, c’est alors que je fais un vol chrétien.

Et comme on s’interrogeait et que quelqu’un lui demandait ce qu’était un vol chrétien, il expliqua calmement :

— Supposez que les conditions atmosphériques deviennent subitement épouvantables au cours d’un vol. Comme il vous est impossible de savoir où vous atterrirez ni comment, alors, vous recommandez votre âme à Dieu… Voilà exactement ce qu’est un vol chrétien.

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Une chaîne de montre en os humain

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Un fermier des environs de New York avait perdu, il y a deux ans, sa femme qu’il aimait beaucoup. Désirant conserver d’elle un souvenir qui ne fût pas banal, il eut l’idée de se faire faire, avec les os des phalanges de sa défunte épouse, une chaîne de montre unique en son genre.

Il confia ce travail délicat à un habile sculpteur de la ville qui, après dix-huit mois de patience et de soins, vient de lui livrer un véritable chef-d’œuvre. La chaîne en question est formée de huit anneaux longs, mesurant à peu près deux centimètres chacun, polis comme de l’ivoire et décorés d’attributs et d’ornements d’une extrême finesse. Les anneaux sont reliés les uns aux autres par une petite tresse des cheveux de la défunte.

N’est-ce pas un peu macabre, mais bien américain tout de même ?

« La Science française : revue populaire. »  Paris, 1897.
Illustration : truquée (un peu)…

Un singe pianiste

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Un savant américain aurait, paraît-il, appris a un singe jouer du piano, et tous les singes ont plus ou moins, d’après lui, certaines dispositions pour la musique.

Après quarante-huit leçons seulement, le sien, qui répond au nom de Tabitha, faisait toutes les gammes majeures et mineures, avec une dextérité merveilleuse et, en sa qualité de quadrumane, exécutait, seul et sans le concours d’aucun compagnon, des morceaux à quatre mains.

Attendons-nous à assister à des concerts donnés par des quadrumanes.

« Revue Française. »  Paris, 1896.

A l’exemple des patriarches

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adam-eve-paradisUn fermier américain du nom de S.-P. Duismoor conçut, nous conte Pierre Sée, l’idée, incontestablement peu banale, de construire un paradis terrestre dans le Kansas, sur le modèle de l’Eden, décrit dans les livres saints.

Il mit trente ans, un peu plus que l’Eternel nécessairement, à débrouiller son petit chaos particulier. Et quand il eut édifié son paradis, il s’en proclama l’Adam. Il ne lui manquait plus qu’une Eve. Malheureusement il avait perdu un peu de temps en jardinage et travaux d’ornementation et il s’aperçut qu’il avait alors quatre-vingt-un ans.

C’était un peu mûr pour une gentille voisine. Néanmoins, l’idée d’être maîtresse en ce paradis (peut-être aussi d’y rencontrer le serpent) fit qu’une Eve, jeune et jolie se présenta. Le mariage eut lieu. Il vient de porter ses fruits. Ce n’est pas une pomme, mais un petit homme, joufflu, fessu et rose comme les anges du Paradis d’en haut.

Le Seigneur fut reconnaissant à Duismoor et, en sa bienveillance, voulut que son âge ne trompât point sa généreuse envie.

Vous pensez si tout le monde parle de ça dans le Kansas !… Les méchantes langues vont même jusqu’à attribuer au malin (ou au tout autre tentateur) cette naissance assez exceptionnelle.

Cependant Abraham créa un précédent.

Félicitons toujours Duismoor.

« Comoedia. »  Paris, 1927.

Une nouvelle méthode de surveillance

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dortoir

La machine à surveiller les employés n’est pas compliquée. Elle consiste tout simplement en un petit appareil cinématographique dissimulé dans un mur et qui à intervalles réguliers photographie l’ensemble du bureau.

Nul ne sait à quel moment la caméra fonctionne. Si bien que le commis le plus endormi, la dactylo la plus paresseuse doivent se livrer continuellement à une activité fébrile. Car, projeté dans le bureau directorial, le film dénonce implacablement ceux qui prennent le bureau pour un lieu de repos.

On dit toutefois (mais on dit tant de choses) que les employés ainsi surveillés se sont mis immédiatement à la recherche d’un procédé qui puisse neutraliser les indiscrétions de la caméra.

Comme lesdits employés sont des Américains et, qui plus est, des Américains de Chicago, ils n’ont pas tardé à découvrir un appareil qui, convenablement dissimulé dans les machines à écrire et à calculer, permet à tous d’être photographiés en pleine activité, même lorsqu’ils sont à ne rien faire.

Il m’est évidemment impossible de vous décrire cet appareil, car vous comprenez bien qu’on ne m’a pas vendu la mèche. Quoi qu’il en soit les employés de Chicago ont tout de même… un film à la patte.

« Le conteur vaudois : journal de la Suisse romande. »  1934.

Les voyageurs pour Vénus, en voiture !

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Un fou (si ce n’est un savant) s’apprête à pousser ce cri qu’on pourrait croire échappé d’un cabanon de Sainte-Anne. Ce savant (ou ce fou) s’appelle Condit et il est naturellement Américain.

Il a imaginé d’aller un jour prochain explorer la planète Vénus. Il partira en fusée (oh ! la belle bleue !) mais il espère bien ne pas finir, comme les chandelles romaines de Ruggieri, en s’écartelant dans l’éther. Le dispositif qu’il a adopté pour son aéronef (d’un genre si particulier) lui permettra, en effet, de se diriger à son gré à travers les espaces interplanétaires et, par conséquent, d’atteindre un beau matin les rivages étincelant de l’étoile du Berger.

Comme c’est simple !

Il y a bien quelques petits obstacles éventuels à la réalisation de ce beau rêve ! Mais ce ne serait pas la peine d’être Américain si l’on devait se préoccuper de ces contingences !

« Le Nouvelliste du Morbihan. Supplément hebdomadaire. »  Lorient, 1928.

Un testament phonographique

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Les journaux américains signalent une nouvelle application originale du phonographe.

Sentant sa fin prochaine, le richissime Stephen Anderson, qui possède à New-York quarante maisons et une fortune de 100 millions de dollars, soit un demi-milliard, paralysé depuis six mois et dans l’impossibilité d’écrire ses dernières volontés, fit apporter sur son lit de douleur le phonographe, dans lequel il parla son testament d’une voix mourante. Puis il fit fermer l’instrument, sur lequel on appliqua les scellés, et il rendit l’âme le 13 mars.

Le 20 mars, le phonographe fut solennellement ouvert chez Me Smithson, le notaire de Broadway, et tous les héritiers qui se trouvaient réunis prirent connaissance des dernières volontés de Stephen Anderson.

« Gazette littéraire, artistique et bibliographique. »  Paris, 1891.
Illustration : Thomas Edison, inventeur américain. Huile sur toile d’Abraham Anderson.