Anatole France

Le jugement de la postérité 

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posteriteCertains snobs littéraires attaquent bassement Anatole France tout en accablant de louanges leurs obscurs amis. 

De même, un critique du siècle dernier fulminait contre « Monsieur » Hugo qu’il trouvait « mesquin dans ses tapages, enflé, détonnant, trop embesogné de montrer l’esprit qui lui manque. » Et ce critique n’avait pas assez de superlatifs pour chanter les mérites d’un certain Ernest Hello, « esprit de l’ ordre le plus élevé ». « écrivain d’un ordre supérieur », etc. 

Dans quelques lustres, on lira encore Victor Hugo et Anatole France, mais il y aura belle lurette que les petits esthètes lunettés qui attaquent aujourd’hui l’auteur de Thaïs, seront allés rejoindre M. Ernest Hello dans les profondeurs de l’oubli.

« La Revue limousine. » Limoges, 1930.

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Littérature, culture et jardinage

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Au dernier « Salon d’Horticulture », on remarqua plusieurs écrivains connus, dont Anatole France, qui se faisaient expliquer par un horticulteur fameux l’art de cultiver les roses. Voulaient-ils suivre les traces d’Alphonse Karr ?

L’auteur de Sous les Tilleuls eut, en effet, sur ses vieux jours, la passion des fleurs. Retiré sur la Côte d Azur, il partageait son temps entre son jardin et la publication de sa revue Les Guêpes. Il cultivait particulièrement les pensées (sans jeu de mots) et était parvenu à obtenir une grande pureté de ton dans les couleurs cramoisi et carmin. Alphonse Karr alla même jusqu’à parler de jardinage dans sa revue. C’est ainsi qu’il écrivit :

« J’ai été très heureux, cette année, dans mes semis de pensées; les graines récoltées par moi, mêlées à celles dont m’a fait présent mon ami Pépin, du Muséum de Paris, ont produit des fleurs très remarquables par la dimension et par certains coloris nouveaux. »

Alphonse Karr terminait ainsi son article :

« Je vends mes graines de pensées au prix de cinq francs le paquet, envoyé par la poste franco… Faire parvenir l’adresse bien lisible avec un bon de poste à M. Alphonse Karr, jardinier à Nice. »

L’écrivain eut d’ailleurs de nombreux clients. Qui l’imitera ?

« Parisiana. »  Paris, 1920.

Une leçon

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Il y a longtemps, Anatole France recevait souvent la visite d’un jeune poète dont le moins qu’on pouvait en dire c’est qu’il était totalement dépourvu de talent.

Encouragé par l’accueil si affable du maître, l’impénitent rimeur exagérait ses visites et l’accablait de la fastidieuse lecture de ses poèmes. Anatole France, à la fin, se résolut à saisir une occasion propice pour mettre un terme à ce débordement de lyrisme. Un jour, comme le jeune poète venait lui soumettre une œuvre nouvelle, France lui demanda :

—  Eh bien, êtes-vous satisfait ? Le succès vient-il ? 
Oh ! déclara l’autre, avec une feinte modestie, je suis content. Le nombre de mes lecteurs a doublé. 
Vraiment, observa finement Anatole France ? Vous êtes donc marié depuis peu ?

Mais l’autre ne comprit pas, hélas ! Et il revint.

« La Revue limousine : revue régionale. »  Limoges, 1927.